LA ZONE -
Résumé : A première vue, cette contribution au dossier 'phobie' ressemble à un total hors-sujet, puisqu'il n'y est jamais question de peur ou de phobie. Hors de ce cadre, c'est un texte d'anticipation correct, situé dans un contexte matriarcal. Le rôle du mâle se limitant à la procréation et à la main d'oeuvre. Pas très original, mais correct.

Phobie 8 : matriculés

Le 08/10/2005
par Narak
[illustration] J’éjacule à longs traits dans le tube en plexiglas et le capteur de liquide au fond déclenche l’appel d’air qui libère mon sexe de la pompe. Le stimulateur prostatique se décroche et se rétracte en bourdonnant dans le sol carrelé. Je me relève de la table en attendant le signal sonore qui annonce l’évacuation de la salle de prélèvement. Je bande encore, mollement et j’ai du sperme qui goutte au bord de mon prépuce. Je me place déjà devant la porte. L’habitude…
Un click et la porte s’ouvre, il me reste maintenant 6 secondes pour sortir. Je fais quelques pas et la porte se referme pendant que je positionne mes pieds sur le marquage au sol. Les bras écartés, le menton sur la poitrine, tous les muscles du corps prêts à encaisser le choc.
Premier click et les jets muraux se déclenchent : 30 secondes de mélange détergent épidermique/eau tiède
20 secondes de rinçage à l’eau froide
10 secondes de séchage thermique par une sorte de réacteur rouillé suspendu au dessus de ma tête.
Je récupère mes vêtements et je retourne dans ma chambre. Dans les couloirs, elles ont peints des lignes au sol. La mienne c’est la jaune. Je la connais tellement à force d’avoir marché dessus, les yeux fixés au fond de la coursive, et les oreilles à l’écoute des clicks. C’est ma ligne. C’est tout ce que j’ai. La ligne c’est la vie. La ligne c’est la mort. Jaune comme le suicide, ou jaune comme le salut…Jusqu’à la prochaine fois. Si je décide de m’en écarter, il me restera 11 secondes pour revenir. Le temps de trois clicks très exactement avant qu’elles me suppriment. Les nano-batteries dans ma colonne vertébrale déclencheront une série de spasmes musculaires qui me briseront l’échine.

« Mâles matriculés, 0303, 0882, 5060, et 9011. Au contrôle médical. »
« Fin de la série de prélèvement 7. Début de la série de prélèvement 8. »

Des pas résonnent au dessus de moi, dans les centaines de coursives, de sas et de salles aseptisées de l’institut. Elles. Omniprésentes. Partout leurs bottes claquent sur les grilles. Pendant ce temps, j’arrive au bout du couloir et je tourne à angle droit sur ma ligne.
Ma porte s’ouvre automatiquement.
La lumière s’ouvre automatiquement.
La caméra s’allume automatiquement.
Je prends les trois pilules posées à coté d’un verre en plastique rempli d’eau. Pas de matières solides comme du verre, de la porcelaine, ou du métal, qui pourraient être détournés pour en faire des armes. J’avale les pilules. Un antidépresseur, un calmant, et un régulateur de testostérone. Je dois rester productif.
Si je ne produit plus de sperme je suis un poids mort.
Si je n’obéis plus je suis un danger.
Si je meurs je suis inutile.

Car " Les mâles sont inférieurs en tout aux femmes." " Si vous êtes là, c’est pour nous aider, nous protéger, nous honorer. " Les mâles servent de main d’œuvre pour tous les travaux physiques. Ils
aident. Les mâles protègent quand on le leur ordonne. Aucun acte violent ne leur est permis, mais ils doivent protéger. Moi j’honore. Comme la majorité des mâles

Le mâle dans la cellule d’à coté est complètement ravagé. Je l’entends gémir assez régulièrement. Un jour je l’ai entendu hurler que nous étions exploités. Que la Gynécratie était une abomination. Que nous étions leurs égaux et qu’elles ne pouvaient pas se passer de nous. Après j’ai fait semblant de dormir parce qu’elles arrivaient. Il disait que nous allions tous crever. Elles l’ont évacué.

Maintenant il ne parle plus. Elles lui ont sectionné les cordes vocales. Il est constamment surveillé par quelqu’un, et il a une sonde en permanence pour évacuer ses excréments parce que de toutes façon après, qu’on se soit fait évacuer, la plupart des fonctions vitales ne fonctionnent plus.

Moi je m’en fous. Je n’ai aucune envie de prendre des risques. Les pilules m’empêchent de me concentrer suffisamment de toutes façons. « Elles ne peuvent pas se passer de nous » Elles le font pourtant, parce qu’elles n’ont besoin que de certaines de nos capacités.
Le sperme. Pompé régulièrement à 8 heures d’intervalles. Mis en commun et distribué sur le marché. Donneur inconnu. Combien ai-je d’enfants ? Ça me fait mal à la tête de penser à toutes ces choses. Je vais essayer de m’endormir et ça ira mieux.

Une grosse araignée me marche sur le bras. Avec sa petite démarche mécanique. Un petit paquet de fil sur son dos quelle emmène avec elle. Sa proie. Son repas. J’ai envie de rire quand je me rends compte qu’elle porte le cadavre de celui qui l’a fécondé.

Mâles matriculés....0215...0999...4502...médical...palier 5 dans 30 secondes...séquence...

= commentaires =

abbepierre     le 08/10/2005 à 14:40:24
Anonyme commence à faire chier à polluer LaZone de partout là.
Sinon j'ai pas lu le texte, mais l'image est sympa.
Dourak Smerdiakov


lien fb tw
    le 08/10/2005 à 14:58:24
Le texte est sympa. Aucun rapport avec les tapettes sur l'image.
    le 08/10/2005 à 15:19:49
C'est forcement signé par le mêle gars qui ecrit toujours des phrases courtes non?
Dourak Smerdiakov


lien fb tw
    le 08/10/2005 à 15:26:33
Konsstrukt ? Non, il s'est suicidé après avoir posté en une fois 666 Surfaces sur la Zone (pour l'édification des siècles futurs, je présume).
Glaüx-le-Chouette


    le 08/10/2005 à 15:49:19
Pas mal, le texte, un peu à court d'idées, ça aurait justifié deux paragraphe avant de passer à autre chose que l'usine à sperme, mais pas mal et fluide.



Mais c'est pas du Tronksstrustk : ça aurait donné, version javeldose surfaces carrelées :

J’éjacule à longs traits dans le tube en plexiglas. le capteur de liquide au fond putain. déclenche l’appel d’air, Il libère mon sexe, de la pompe. Le stimulateur prostatique se merde j'ai pas fait mon repassage décroche. Se rétracte en bourdonnant. dans le sol carrelé je me relève table en attendant le signal sonore. Je le signal sonore qui annonce l’évacuation de la salle prélèvement. Je bande encore. J'ai faim. Mollement et j’ai du sperme qui goutte bord mon prépuce. Je me place déjà devant, la porte. L’habitude


Nounourz


    le 08/10/2005 à 15:54:45
putain glahuxe, t'imites super bien konsstrukt !
Lapinchien


tw
    le 08/10/2005 à 17:34:21
D'ailleurs je soupçonne vivement l'un d'entre nous d'être Konstruckt en réalité... comme le pseudo l'indique , il ne peut être qu'une creature construite de toutes pieces. Sinon je crois que l'auteur de ce texte est phobiphobique puisqu'il n'y a pas la moindre peur de distillée la dedans.
Dourak Smerdiakov


lien fb tw
    le 08/10/2005 à 17:59:47
Konsstrukt est un connard.

La phobie de la prise de pouvoir par les femmes. Moi, y a pas grand chose qui me fasse plus peur que ça. L'humanité condamnée à parler vêtements, éducation, architecture d'intérieur, yoga, feng-shui, et régimes poires-bananes, et comme ça jusqu'à la fin des temps. Un éternel et gigantesque caquetage de réunion tupperware. Un comité de quartier cadenassé par la branche locale du MLF, mais gonflé à l'échelle de la planète. Plutôt crever dans une conflagration générale, ça oui. Vienne l'Apocalypse.
Lapinchien


tw
    le 08/10/2005 à 18:20:31
De toutes façon depuis l'aube des temps la femme est passée du statut de côte à celui d'escalope alors y a pas grand chose à craindre...
Anonyme...     le 09/10/2005 à 15:07:49
Moi ça me foutrait les boules de me faire enchainer à un poteau et de me faire branler au garde à vous. A moins que ce ne soit un fantasme.
Dourak Smerdiakov


lien fb tw
    le 09/10/2005 à 15:42:03
J'arrête pas de le dire. Le premier objectif, ça devrait être d'abroger toutes les lois de parité. C'est dans mon programme. Votez pour moi.
Lapinchien


tw
    le 09/10/2005 à 17:34:56
oui et pis comme je dis souvent à la maison :"C'est qui qui à les couilles ici ?" En même temps j'aurais jamais du épouser en seconde noces cette salope de Lorena Bobbit.
Lunatik-


    le 24/08/2010 à 15:28:01
Pas pu m'empêcher de penser à Chantal Montellier et ses bandes dessinées SF et mortellement féministes.

Ça m'a suffisamment plu pour regretter que ce ne soit pas l'intro d'une nouvelle bien plus longue.

= ajouter un commentaire =



[Accueil]