LA ZONE -
Résumé : La rubrique se complait dans le médiéval-fantastique et ce texte reste dans la lignée. En tant que rabat-joie officiel, au lieu de pousser le délire absurde du texte de Nourz encore plus loin, je l'ai rationnalisé et inclus dans une histoire mystique, sombre, et sérieuse d'un bout à l'autre, ce qui était pas gagné vu la gueule de l'edit précédent. Ca nous fait un texte initiatique, hanté par les loups et les fées, un peu mou et pas très marquant.

Serial edit 12 : la fin de l'hiver

Le 10/03/2006
par nihil
[illustration] Textes précédents :

- Extrait de l'Apocalypse

- Apocatrip par Nounourz
- Sainte-morphine par nihil
- Le fils spirituel par Glaüx
- Sous terre par Aka
- Lambda par Lapinchien

- Timebomb par Nounourz
- La grande peste par nihil
- Le grand soir par Glaüx
- Moi et les cons par Aka
- L'émissaire par Lapinchien

- Lycanthrope par Nounourz
Assis au pied d’un chêne noueux, à quelque distance de la maladrerie, j'étais occupé à contempler l’incessante progression de la pourriture quand mon estomac me rappela une nouvelle fois à l’ordre, manquant me faire plonger dans l’inconscience. Notre bon Seigneur était en guerre contre le Duché voisin. Les hommes de la paroisse avaient été réquisitionnés pour les besoins de son armée, et les convois de vivres qui approvisionnaient la maladrerie avaient cessé. C’était l’hiver, la famine guettait la province. On nous avait trop facilement oubliés, comme si on n’attendait que ce prétexte pour nous renvoyer au néant. Isolés et invalides comme nous l’étions, nous ne pouvions guère espérer suppléer à ce manque par nos propres moyens. Nous serions les premières victimes de la famine. Les plus faibles d’entre nous étaient déjà alités, accablés sous le double poids de la disette et de la maladie. Les soldats étaient grassement nourris mais nous, pauvres diables indésirables, devions nous contenter de peu voire de rien.

Alors que je revenais à la maladrerie, je vis les habitants réunis devant le dortoir principal, une lourde bâtisse sans attraits. Ils portaient tous l’ample cape noire de rigueur et la capuche à larges bords, recouvrant le visage, même ici. Une assemblée de fantômes misérables et boiteux. La Lèpre était leur grande honte. Même entre eux ils refusaient de montrer les stigmates de leur fléau commun. J’étais comme eux, mon visage et mes mains pourrissaient, et moi aussi je cachais mon infortune de mon mieux. Le châtiment de Dieu, pour une faute que j’ignorais.
Au centre de la place, une femme exprimait avec véhémence son mécontentement. Je ne l’écoutais guère, je savais bien de quoi il était question. Je me contentais d’observer le bruissement irrégulier de la petite assemblée, le souffle court de vingt poitrines creuses qui s’exprimait en chœur, les têtes hochées simultanément. La femme me désigna de la manche, et je sus que mon sort était scellé. J’étais un pauvre hère, trop contemplatif et renfermé, on me croyait à demi idiot. Même ici j’étais un exclu. On n’avait guère besoin de moi, je ne manquerai à personne. J’étais donc l’émissaire parfait.
Les lépreux approuvèrent un tel choix, et je n’eus guère qu’à approuver la décision collective. J’étais donc chargé d’aller trouver le Père supérieur du prieuré de Saint-François pour quémander l’acheminement de provisions de bouche. C’était la survie même de la petite communauté qui était en jeu. Personnellement je doutais bien du succès d’une telle entreprise. En temps de guerre, chacun pense avant tout à sa personne, mêmes les moines gardaient les vivres pour eux, la charité était un luxe permis par l’abondance et par un avenir sans nuage.

On me donna de mauvaise grâce quelques restes de pain noir, des fruits, une gourde d’eau claire et une couverture. La paroisse n’était qu’à une demi-journée de marche, mais la maladie avait tordu mes jambes et mon cheminement serait pénible. Muni de mon baluchon et du lourd bâton de marche que m’avait donné mon père avant de mourir, je pris la route sans attendre, je n’avais personne à saluer. J’abandonnai la maladrerie de bon cœur, la proximité et la cohabitation forcée à longueur d’année noircissait les âmes les plus clémentes et chacun passait son temps à médire de son prochain et à lui nuire en toutes façons. Quelques jours hors de ce petit monde trop clos me seraient salutaires, pour le moins.

La nuit tombait peu à peu. Je m'enfonçai dans la forêt, les yeux rivés au sol sous la longue capuche rabattue, les poings serrés dans mes manches. Mon expédition serait nocturne, je ne tenais pas à être inquiété par des malandrins de passage. En ces temps difficiles on entendait parler de lépreux lapidés à mort chaque jour, les besoins primaires s’exprimaient toujours sur les plus faibles. Il existait un sentier peu entretenu, qui menait de la paroisse à la maladrerie et que suivaient habituellement les convois. C’est celui que je suivais, mais je ne me souvenais pas de l’avoir un jour mené à terme. C’est comme si j’avait toujours vécu parmi les ladres. Mon monde était limité par les bâtisses noirâtres construites à la va-vite autour du puits.

Bien loin des torchères de la maladrerie, la pénombre semblait bien opaque, laissant à grand-peine deviner les formes des arbres les plus proches. Les branches nues se découpaient durement dans le ciel nocturne. Le silence était total, et j’avais l’impression d’être entré dans un autre monde. Je me laissai pénétrer de cette impression sinistre. C’était comme si j’avais pris la route pour les enfers et qu’un cortège d’âmes éteintes suivait mes pas. J’arpentais une route escarpée, semée de cailloux tranchants qui rendaient ma démarche plus laborieuse encore.

Peu à peu, mon oreille se faisait au silence, et je sentais maintenant la forêt hivernale emplie de bruissements furtifs, de chuchotis et de plaintes étouffés.
Les ombres se précisaient autour de moi, c’était comme un même décor répété à l’infini. J’écoutais le murmure des mille spectres qui marchaient avec moi. Ne se découpaient de l’obscurité que des contours que je ne pouvais identifier, et je ne percevais aucun signe de vie. Mais je sentais leur présence diffuse, insaisissable, autour de moi ainsi qu’un souffle froid, multiple, exhalé par mille gorges invisibles. Nous étions un troupeau mouvant, immense qui avançait d’un même pas au travers d’une forêt pétrifiée.
Je m’arrêtai un instant et tournai sur moi-même, tentant de dissiper cette illusion qui prenait trop de consistance à mon goût, mais ma vision n’était emplie que de la masse noire d’un paysage figé dans l’oubli. Le temps s’était arrêté, et le soleil ne se lèverait plus.
Je traversai péniblement un gué dont l’eau glacée me scia les chevilles, et c’était comme une frontière. J’avais pénétré dans un monde dont on ne revenait pas. Etais-je passé de vie à trépas sans m’apercevoir de la transition ? Arpentais-je parmi les morts le dur chemin du repentir ?

J'aperçus soudain une silhouette furtive entre deux troncs blanchis de givre. Je m'arrêtai et retins ma respiration. Ca n’avait duré qu’une seconde, mais j’étais bien sûr de ce que j’avais vu. Je me retournai, et à chaque regard, il me semblait qu'une forme indéfinie se déplaçait furtivement, chaque instant plus prêt de moi. Cela n’avait plus rien d’une illusion créée par mon esprit trop imaginatif. Ils étaient là, cachés dans les broussailles, partout autour de moi. Non, mes sens ne me trompaient pas. Je serrai mon lourd bâton dans mes mains, et me remis à avancer. Quel que fut le danger qui me guettait, je devais aller de l’avant.

Alors le ciel nocturne se dégagea et la lune apparut, et une longue plainte animale s’éleva, reprise en quelques secondes par plusieurs voix. Les loups ! J’étais cerné par les loups, ils avaient entrepris une véritable chasse à l’homme, et moi, proie fragile, j’allais faire les frais de ma témérité ! Je me mis à courir sans retenue, perdant la bonne direction de vue. Autour de moi, derrière l’écran des troncs serrés, les loups suivaient ma course, j’entendais les branches sèches se brisaient sous le poids des bêtes, le grondement et les claquements de mâchoires hostiles.
Après quelques minutes, hors d’haleine, je m’arrêtai. Il fallait se rendre à l’évidence, les loups se contentaient d’accompagner ma route, sans jamais l’interrompre. Ils n’avaient pas l’intention de m’attaquer, ils m’observaient de loin. Qu’est-ce que cela signifiait ? Avais-t-on jamais entendu parler de voyageurs cernés par les loups et qui avaient été épargnés ? Cela n’avait pas le sens commun. A nouveau je me sentis submergé par la présence des morts, chaque seconde plus pressante, plus évidente. Ces animaux de l’enfer étaient-ils les gardiens du troupeau ?

Un loup énorme et gris, aux yeux pleins d’obscurité, se détacha des fourrés enneigés et avança jusqu’à moi. Je le laissai faire, paralysé par la peur. Il s’assit à mes pieds et gronda doucement. Ses babines retroussées découvraient des crocs effrayants. Un autre animal sortit du bois, puis deux autres encore, et ils se postèrent autour de moi. Je m’apprêtai à abattre mon bâton sur le crâne de l’un d’eux, et à défendre chèrement ma vie, mais le premier loup me devança et saisit doucement un pan de ma large cape entre les mâchoires. Il se mit à me tirer délicatement vers les fourrés les plus denses, et je le laissai faire. Les autres me servaient d’escorte. J’entrai à la suite de mon guide dans le taillis, perdant des lambeaux de vêtement entre les doigts crochus des branches givrées.

Après quelque temps à cheminer entre les branches serrées, nous débouchâmes sur une clairière étroite et encerclée d’immenses arbres morts. Le loup lâcha ma cape et s’assit. Les autres, à sa semblance refusèrent d’avancer plus avant. J’étais donc arrivé à destination. Mais quelle était-elle ? Je n’y entendais rien.
La lune était pleine, et inondait le lieu de lumière blafarde, découpant des ombres sinistres pour chaque relief. Le centre de la clairière était occupé par un haut calvaire de pierre brute, je n’en pouvais distinguer les sculptures. La grande croix se détachait nettement sur le fond enneigé. J’avançai lentement, puisque c’est ce qu’on attendait de moi, sous le regard des dizaines de loups qui encerclaient maintenant la clairière.
Assise sur les premières marches du calvaire, une jeune femme vêtue de blanc m’attendait,. Ses longs cheveux blonds rayonnaient d’une sorte d’aura lumineuse, son visage était doux. Ses pieds nus étaient plongés dans la neige fraîche sans qu’elle en semblât incommodée.
Je croyais bien là avoir rencontré quelque esprit maléfique, ou quelque sorcière qui déguisait sa mauvaiseté sous des atours avenants, mais sa voit était si douce, si pleine d’amour et de compassion, que je fus instantanément persuadé d’avoir là affaire à un avatar de la Sainte-Vierge :
- C’est la fin de la route pour toi, ô âme égarée. Bienvenue dans ta demeure dernière.
- Ainsi, c’est donc bien vrai que je suis mort !
- Mort tu ne l’es point, mon ami, et tu ne mourras pas.
- Est-ce… que je rêve ? Est-ce que tout ceci n’est qu’illusion ?
- Qu’est-ce que le rêve, et qu’est-ce que la réalité ? Il n’y a rien d’autre que ces chaînes que tes semblables veulent garder au pied, et dont tu t’es libéré.
Je n’entendais rien à ce discours, mais je me laissais bercer par le rythme lancinant et charmant de la voix. Je me laissai aller à une douce langueur et mon bâton tomba à mes pieds, sans que je cherche à le retenir.
La créature angélique leva les yeux au ciel, et murmura :
- L’entends-tu ? Entends-tu comme moi la voix du Créateur de ce monde et de toutes choses qui l’emplissent ?
Je ne sus que répondre, je ne percevais autre chose que le vent dans les arbres, mais je m’imprégnai peu à peu de l’impression que ce souffle froid murmurait des mots, dans un langage qui m’était inconnu.
- Oui, je sais que tu l’entends, je le vois. Il nous enjoint de renouveler le serment de la Terre ! Il nous faut nous conformer à cet édit, il faut nous unir ! Il nous appartient d’être ceux par qui la Nature renaît !
Son ton s’était chargé d’une sorte de douce frénésie, et elle se leva, les yeux fous. Je ne pouvais bouger et je la laissai s’avancer jusqu’à moi, pétrifié.
- Sais-tu bien ce que cela signifie ? Le sais-tu ? Es-tu conscient du grand Mystère de la Vie ?
Elle ne me laissa pas le temps de répondre, déjà ses mains fines passaient sous la cape noire. Je voulus l’empêcher d’aller plus avant, mais je ne pouvais bouger. Je sentis ses doigts buter sans s’arrêter sur les stigmates hideux de la maladie. Elle fit retomber le capuchon et dégagea mes épaules de la cape, et la vision de mon mal ne la fit point reculer ni même trembler.
- C’est un acte millénaire que nous nous préparons à accomplir, non pas un simple accouplement bestial, mais l’union de deux principes fondateurs. Oh ! Je suis bien aise que tu ais pu parvenir jusqu’ici sans trébucher !
Mon vêtement glissa à nos pieds, et nous nous agenouillâmes, face à face. Tout autour de la clairière, les loups hurlèrent une nouvelle fois à la lune, et s’avancèrent pas à pas jusqu’à nous. Je les imaginai déjà se jeter sur nous et se repaître de nos corps offerts, festin de sang répandu et de chair ouverte, mais ils n’en firent rien. Ils étaient maintenant si proches de nous que je sentais leur souffle chaud dans mon dos et sur mon visage meurtri par la Lèpre.
Les mains et les lèvres de la jeune femme étaient partout sur mon corps malade, exploraient chaque parcelle de ma peau pourrie, adoucissaient mon tourment du miel délicat de sa salive. J’ai cru avoir pénétré en un domaine de paix et de joie au sein même de cette forêt morte. Et je me sentis emporté dans un tourbillon d’émotion. Nous nous étreignirent sans violence, sans douleur ni cri, et jusqu’au dernier gémissement ce fut un enchantement de tous mes sens.
Alors que le feu s’éteignit doucement en moi, les loups s’allongèrent lentement dans la neige et expirèrent sans autre forme de lutte, tous en même temps.

Cette étrange nuit avait passé. J’émergeai d’un sommeil paisible et ma compagne avait disparu, tout comme les corps des loups. J’étais nu, enroulé sur ma cape, mais je n’avais pas froid. Mes yeux s’ouvrirent sur un ciel bleu sans nuages. La clairière était inondée de lumière solaire qui réchauffait mes membres encore engourdis. La neige avait fondu, découvrant un tapis d’herbe et de joncs vivaces. Au bout des branches des arbres, des bourgeons étaient en train de naître, enveloppant les arbres d’une verdure humide et frémissante. La vie reprenait son cours, l’hiver était fini.
Je me levai et c’était une sensation délicieuse, sans égale, qui m’envahit. L’air frais revigorait ma carcasse. Je levai mes mains devant mes yeux, et la pourriture en était exempte, la peau était saine et jeune. Pris d’euphorie, je palpais mon corps, mon ventre, mes épaules, mon visage et toutes marques immondes de la Lèpre en avaient disparu. J’étais guéri ! Guéri ! Dieu m’avait pardonné cette faute inconnue qui m’accablait de tous temps, et avait levé le poids de sa malédiction. Guéri ! Guéri !

Je laissai là ma cape et mon bâton, et je m’enfonçai, nu, dans la forêt qui renaissait.

= commentaires =

Glaüx-le-Chouette


    le 10/03/2006 à 22:47:48
Je tiens à signaler au public ébahi que NIHIL A ECRIT UNE HAPPY END.


Je pense que ça mérite d'être dit.




NIHIL A ECRIT UNE HAPPY END.





Bordel.


Pas convaincu par ce texte, au sens où autant souvent, tes textes me prennent aux tripes, soit par leur violence soit parce qu'ils résonnent en moi par leur thème, autant celui-ci me laisse froid. Mais tout ce qui est forestier, obscur, champignonier, médiéprout et jeudrolique me gonfle, donc c'est pas étonnant.

Par contre le style, oua.
Surtout pour l'ambiance ; que je l'aime ou pas, je suis forcé de reconnaître qu'elle est admirablement rendue, et ce sans description massive ou presque. Elle est diffuse tout au long du texte.
C'est la grande qualité que je lui trouve.
Glaüx-le-Chouette


    le 10/03/2006 à 22:48:35
NIHIL A ECRIT UNE HAPPY END.


NIHIL EST UN JOYEUX COLIBRI.
Abbé Pierre


    le 10/03/2006 à 22:51:02
J'ai trouvé ça chiant. On s'attend à quelque chose de prenant, de sombre et on se retrouve avec l'aventure de robin des bois au pays de la petite vérole.

Par contre, c'est super bien écrit, comme d'habitude, ce qui rend le texte bon, dans le sens où la rédaction s'adapte à l'ambiance.
Glaüx-le-Chouette


    le 10/03/2006 à 22:56:32
NIHIL EST MIGNON
nihil


    le 10/03/2006 à 23:00:04
Je suis d'accord avec vous, c'est loin d'être un texte marquant et ça se détache presque pas de la littérature médiévale fantastique pour enfants en fait. Le happy-end oui je sais. Mais j'ai pas honte, parce que je reste à ce jour le seul sur ce site à avoir tenté ça, et ça me donne un coté joyeux colibri qui me singularise nettement. Et puis c'était presque imposé par la parabole de le fin de l'hiver et du retour du printemps. C'est mystique on peut rien y faire.

Ce dont je suis le plus fier en fait, c'est d'avoir réussi à reprendre le délire absurde de Nourz dans un contexte sérieux et d'avoir rendu cohérente sa structure incohérente. C'était pas facile. Le reste, c'est anecdotique et à vrai dire bien que je l'ai écrit relativement récemment je me souviens de presque rien de ce texte.
Abbé Pierre


    le 10/03/2006 à 23:10:36
NIHIL EST GENTIL
Lapinchien


tw
    le 11/03/2006 à 00:45:16


Bravo! Les descriptions sont splendides, les details foisonnent, c'est un truc qui me depasse et qui en general me laisse insensible mais là c'est prennant... En relisant mon edit j'ai l'impression d'y revoir tous ces details, comme si on avait pas la meme vision du monde et que t'avais éclairé certaines zones d'ombre.

Je m'attendais à du rigolo, c'est trompeur au debut, mais tres vite on rentre dans l'onirisme pur.

Conseil pour le prochain editeur : çà serait bien de changer de trame, pasqu'à part raconter la manière dont un trisomique asservi s'est echappé du Puy du Fou pour se rendre compte queDevillier l'y a fait naitre et enfermer depuis sa plus tendre enfence (dedicasse à cette bousace qu'est The Village de Shamalan) ben je vois pas trop quoi qui pourrait y avoir d'autre...
nihil


    le 11/03/2006 à 00:59:03
Pareil je m'auto-paraphrase :

Ce serait pas un de mes textes favoris, loin de là. Mais avec les contraintes liées au texte de Nourz, je suis bien content d'avoir pu faire un texte homogène à partir d'un texte coupé en deux parties totalement opposées. La deuxième partie était inévitablement complexe à reprendre, mais j'en ai gardé des éléments (les deux mecs qui se sodomisent à coups de poireau deviennent mes deux persos qui s'accouplent, la voix du narrateur devient celle de Dieu, les spectateurs deviennent les loups etc...)

Je tiens à signaler vaguement que ce genre d'histoire c'est un parcours initiatique classique qu'on trouve à foison dans les différentes mythologies : ça rapelle l'histoire de Perséphone tirée des enfers pour faire renaitre le printemps sur Terre par exemple. Ca se rapproche aussi de la cérémonie des feux de Beltane celte qui a été à l'origine des sabbats du moyen-âge. Bref, y a quelques clés symboliques, qui permettent une lecture par couches.
Aesahaettr-     le 11/03/2006 à 01:19:56
La fin du texte me laisse penser à The Shining quand même.

D'ailleurs la vraie fin c'est "...et on le retrouva transit et exsangue un mois plus tard, addossé à une souche (car môssieur est hémophile et se permet de se couper à une racine en gambadant et ne s'en rend pas compte, donc perd son sang)..."
Ange Verhell


    le 11/03/2006 à 08:25:00
Pour éviter la happy end, on aurait pu voir GLaüx se métamorphoser en Littrécanthrope ?
Ange Verhell


    le 11/03/2006 à 10:34:45
ce texte me semble plat, sans intérêt parce qu'il n'y a pas d'idée (surtout en regard de celui de Nounourz).
On dirait un vague remake du miracle des loups mis en scénar avec la ferme des lépreux pour faire plus kitch.

Quand on sait ce que Nihil est capable d'écrire, c'est décevant. On aurait pu s'attendre à ce que Nounourz soit terrassé par Nihil-garou. C'est ça le problème du succès, après faut assumer. Il paraît que comme ça y a des prix Goncourt qui n'ont plus jamais écrit, de peur de décevoir.

Heureusement Nihil ne s'arrête pas comme ça, lui ...
Nounourz


    le 11/03/2006 à 11:36:25
(citation)
"Il doit y avoir moyen de changer des tournures que je trouves un peu malhabiles. Le reste est nickel, et les images vraiment éloquentes, encore un texte qui fait marcher mon imaginaire à plein tubes et dieu sait que j'aime ça.

Pour le fond, on dirait une sorte de conte de fées ou de légende merveilleuse. Du coup, moi qui ne suis qu'un putain de tordu, j'avoue avoir ressenti une légère déception en voyant que ça se finissait bien (quoique ce con, à poil dans la forêt, pourrait très bien croiser des brigands et se faire latter la gueule). Enfin, ceci n'est qu'un avis parfaitement subjectif..."

je rajouterai : j'aime pas les dialogues, ce que dit la bonne femme me semble être du charabia de hippie sous acide.
Nounourz


    le 11/03/2006 à 11:41:30
**SPOILER**

Rassurez-vous : dans l'edit de glaux, il y [cette information a été censurée pour votre sécurité]

**/SPOILER**
Glaüx-le-Chouette


    le 11/03/2006 à 12:09:35
Ange (à propos du Goncourt et du "succès") : t'es vraiment un connard. Dégage. Tu réfléchis comme un prof de Star Ac'. Content de t'avoir connu.
nihil


    le 11/03/2006 à 12:36:51
Ce qui me gêne dans ce texte, c'est pas que vous l'aimiez pas ou que vous soyiez déçus, ça je m'en fous. J'ai fait des textes qui sont mal passés et que moi je continue à assumer vaille que vaille. Les marcheurs, nous etc... Ce qui me gêne, c'est que je l'ai relu hier et que y a aucune scène marquante, l'ambiance est ok, le style aussi, mais c'est à peu près comme si il se passait rien dedans. En tous cas rien d'intéressant. C'est tout plat.

J'aime avoir des commentaires intelligents des lecteurs, mais leur approbation ou leur déception je m'en cogne et je n'ai pas à coeur de leur prouver quoi que ce soit.
Ange Verhell


    le 12/03/2006 à 08:45:13
Réponse à Glaüx et à Nihil.
La "déception" et les remarques à deux balles au sujet du Goncourt et du succès, c'est comme si je disais "connard" : cad que je ne le pense pas, mais alors pas du tout, et vous le savez bien.
Au début vous m'avez avisé qu'ici ce n'est pas Bisounoursville et qu'on n'est pas ici pour se passer la brosse à reluire, qu'il ne fallait pas que je me formalise, moi, avec les remarques au second degré qui sont bombardés en feux croisés sur le site.
Si ce n'est pas le cas à l'intention des admin, il faut le dire.
Lapinchien


tw
    le 12/03/2006 à 10:06:17
chacun commente comme il veut aussi, la Zone c'est pas non plus une dictature sado maso
Glaüx-le-Chouette


    le 12/03/2006 à 10:27:08
Et chacun réagit aux commentaires comme il l'entend.
Ange, t'es pas fini, vraiment.

Pouvoir dire tout ce qu'on veut, ça implique s'attendre aussi à devoir défendre ses avis.

Même si c'est des avis que tu ne "penses pas".
Cet avis que tu ne "penses pas", moi, il me fait gerber. Tout le système de l'édition médiatisée, où l'on édite des auteurs et non plus des oeuvres. Le système des contrats où tu t'"engages" à "produire" trois, ou cinq oeuvres, de "qualité égale". C'est de la merde.
Alors quand je lis ça, je réagis.



Et arrête d'avoir ce putain de complexe d'infériorité de fiotte vis à vis des "admins", ça veut rien dire admin, connard, si t'as des gens à envoyer chier tu les envoies chier ! Arrête de te tourner le doigt dans le trou du cul !
Abbé Pierre


    le 12/03/2006 à 11:57:51
Ouais, Glaüx ta gueule.
En plus, c'est BERNARD WERBER!
Glaüx-le-Chouette


    le 12/03/2006 à 14:02:06
Putain l'abbé, tout ça pour un léger déficit capillaire.
Ange Verhell


    le 13/03/2006 à 06:13:57
à Glaüx: eh bien je défends mon avis:

Tu as gerbé pour ça ? Je m’attendais à quelque chose de plus subtil ou de plus conflictuel. Tu es un épidermique hyper allergique. Tu me fais penser au hérisson susceptible (j’en ai élevé) qui se met en boule au moindre geste, voire à un Cerbère de la Zone qui mord au moindre écart d’une ligne de style ou d’expression …

J’ai été édité. Je n’en ai, ni n’en fais aucune gloire. Je suis même primé par le haut comité culturel du moyen Mékong. Je ne me sens pas tenu d’insister, question d’autonomie, mais aussi de caractère. J’essaierai quand même encore, mais la remise en question ne passe pas spécialement par ce critère, c’est évident. Sinon je ne me coltinerais pas par ici.

Les pros, eux, sont tenus d’éditer, c’est souvent leur seul gagne pain, y a pas d’alternative. Je ne les envie pas.
Ici aussi, on se sent tenu d’éditer, pour nous, voire plus si option, la raison n’est pas la même. Ça me semble plus sain. Ici, on ne rassemble pas les SDF de l’édition à ce qu’il me semble, encore moins des frustrés de la syntaxe ou de la rhétorique. Ça n’empêche pas d’en plaisanter un peu, jusqu’à cette dérision que tu rejettes. On ne peut pas être constant en qualité de production, pas plus que faire l’unanimité sur un seul texte. « Gerber » à une allusion aussi légère en précisant cette raison, c’est se risquer à faire croire à des frustrations inavouées, même sur le dos d’un autre.
Aka


    le 13/03/2006 à 08:08:39
"Maintenant ça suffit, tu nous laisses."
Ange Verhell


    le 13/03/2006 à 12:49:42
Aka tu aboies comme un roquet en queue de file. Je t'emmerde. retourne à ton couloir pour te faire estamper. Et je ne t'y suis pas, ça te va ?
Aka


    le 13/03/2006 à 13:30:31
Tu as une définition du verbe "aboyer" qui vaut largement le "gerber" de Gloups.
Tu m'ennuies.
Narak


    le 13/03/2006 à 14:05:03
D'après moi, un tel niveau de violence devrait être censuré.
Aka


    le 13/03/2006 à 15:29:22
Je pense aussi. Que ça ne se reproduise pas.
nihil


    le 13/03/2006 à 17:03:51
Putain, mais Ange, énerve toi vraiment, rentre moi dans la gueule de ce con, remplace tes arguments vaseux par quelques insultes, essaie d'être un peu vivant de temps en temps. On est pas à l'Académie Française, et on aime pas les débats posés et cacateux. On gerbe pour un oui ou pour un non, et le plus souvent par plaisir. Glaüx est un débile d'idéaliste de la littérature, pas un frustré, c'est pas en le faisant chialer sur le compte des pauvres nauteurs publiés que tu lui pourriras son coup. Pas non plus en sous-entendant que tout un chacun rêve d'entrer dans le saint-giron de l'édition ou que les auteurs primés-publiés sont l'élite par rapport aux amateurs que nous sommes, parce que ça on y croit pas, et je te prie de croire que ça a rien à voir avec de la frustration.
Ange Verhell


    le 13/03/2006 à 17:38:39
Respect, Nihil, respect. Merci. Là tu le vaux bien.

j'suis pas encore dans le "ton". Mais vous donnez bien la tonne à lisier (à lire avec l'accent breton).
nihil


    le 13/03/2006 à 18:13:12
AAAARGH VENERE, T'ES VENERE PUTAIN AAAAARGH MERCI RESPECT BISOUS DANS TON CUL PARCE QUE T'ES UN VENERE !

Ah oui aussi il faudrait faire des phrases qui ont un sens.

Commentaire édité par nihil.
Abbé Pierre


    le 13/03/2006 à 19:05:43
Prout.
Glaüx-le-Chouette


    le 13/03/2006 à 19:38:24
nihil c'est Jennifer Aniston
Ange Verhell


    le 14/03/2006 à 12:19:56
traduction : Donner la tonalité en breton.

et Attention aux maladies vénéréiennes ... (ouarf ouarf !)

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