LA ZONE -
Résumé : Un instant de contemplation sombre, étrange, un peu psychopatho. Bref, rien qui t'éclate à la gueule, mais un petit filet de poison qui t'attaque insidieusement. Ca a le bon goût d'être court et de rester intrigant.

Le reflet

Le 06/11/2007
par Mill
[illustration]     Kafka regardait son reflet dans le miroir. Un geste bénin, si geste il y avait. Il regardait son reflet et son reflet le regardait. Avec ce même air d’ahuri, introverti mais serein. Le miroir, cloué à son mur blanc cassé, lui renvoyait l’image de sa chambre mi-obscure, autour de sa propre image. Il scrutait chaque coin, chaque flaque de pénombre, par l’intermédiaire de cette lucarne unilatérale qui le scrutait en retour. Il préférait à son monde cette vision inversée, n’y décelant pourtant qu’une faible part de magie.
    Ses yeux cherchaient leur reflet, à défaut d’eux-mêmes, espérant y puiser une source claire et colorée, se dilatant à tel point qu’il croyait avoir mal. Il cherchait une vérité, un simple message, une pensée, au fond de ces pupilles noires grandes ouvertes qui le dévoraient en silence. Fatigué, il promena son regard sur le visage dans la glace, lequel l’imitait, docile, sans jamais le devancer, sans jamais le faire attendre. Lui qui croyait au rêve et à l’invisible ne s’émerveilla pas de leur coordination. Il se sentait observé, épié, déshabillé et ressentit aussitôt un léger sentiment de honte, regrettant d’imposer ce supplice à son image.
    Il s’excusa à voix haute, sans réfléchir, sans penser un seul mot au préalable, sans même les visualiser dans son esprit. Lorsqu’il eut terminé, il ne se rappelait que vaguement le contenu de ses paroles.
    Son image dans le miroir lui souriait. Il souriait lui aussi, évidemment. Mais il ignorait pourquoi. Il rêvassa une nouvelle fois sur les contours de la pièce, par miroir interposé, s’interrogeant sur son obscurité, plus dense et nuageuse qu’auparavant. Il ne détacha pas les yeux du miroir, curieusement effrayé à l’idée d’apercevoir, autour de lui, l’exacte réplique du reflet dans la glace.
    Ses yeux se posèrent sur le sourire en face de lui, sans même le prévenir. Au même instant, il ressentit sur ses lèvres la pression d’un regard, celui de son image, son double ambigu. Tous deux souriaient, mais lui ne voulait plus sourire, ne parvenant plus à se débarrasser de cette expression malsaine qu’il ne pouvait supporter. L’idée qu’il affichait ce sourire sur les fines lèvres de sa bouche lui paraissait horrible, indécente même, mais son reflet refusait d’abandonner cette pose impassible et provocante.
    Un effort surhumain l’autorisa à porter ses doigts frêles à hauteur de sa bouche, palpant ses bords repliés sur eux-mêmes, caressant ses dents humides, sous le regard amusé de son image dans le miroir.
    Celle-ci éclata d’un rire brusque, mais ce fut le sien qu’il crut entendre, sans y croire...
    Le reflet, l’image quitta la scène, il disparut sans comprendre.

= commentaires =

Ange Verhell


    le 06/11/2007 à 20:19:37
eeeeh bééééééééé !
J'appréhende déjà de nous raser devant le miroir.
Cadarn


    le 07/11/2007 à 07:32:00
Admettons...
Enfin, pourquoi l'utilisation de "serein"? il fait tâche
tout comme "magie"...
Les trois dernières phrases sont très bien, je trouve...
Le Duc


    le 08/11/2007 à 17:49:51
J'aime, on sais pas finalement si c'est un dèlire schyso ou si il y a belle et bien un double. Chacun pense ce qu'il veut.
C'est bien foutu.

Mais comme Cadran je trouve que l'utilisation du mot magie est de trop quoique ça n'entre pas en contradiction avec la fin du texte

commentaire édité par Le Duc le 2007-11-8 17:52:12
Hag


    le 09/11/2007 à 17:28:11
Bien aimé, bonne ambiance, bien raconté. Mais on a l'impression d'avoir manqué un truc, ça nous laisse sur un sentiment un tantinet déçu.
Sinon c'est du bon.
Aesahaettr


    le 10/11/2007 à 02:16:47
Le dark ne va pas au Mill, je trouve.

JE PREFERE LARGEMENT UN BON HAPPY MILL

TADADAN TSOIN

LES SOIREES MEDECINE CEGENIAL YAHOU
Slashtaunt


    le 11/11/2007 à 13:34:17
J'aime, réellement.

Sauf la dernière phrase.

Blah.
Noesis     le 15/12/2007 à 11:08:53
Totally agree with Le Duc.
Franz Kafka is just the iconic representation of every people on that shitty world. As well as madness, our reflection is (un)actual. Some people just can't see it !
By the way, love the picture Alice in Dead Land
Narak


    le 15/12/2007 à 22:02:07
Lesson four :
Where is the cat ?
The cat is in the kitchen.
Repeat after me.
Glaüx-le-Chouette


    le 15/12/2007 à 22:06:26
The cat is in the mixer.
The cat is in the mixer.
The cat is in the mixer.
The cat is in the mixer.
The cat is in the mixer.
The cat is in the mixer.
The cat is in the mixer.
The cat is in the mixer.
The cat is in the mixer.
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The cat is in the mixer.
The cat is in the mixer.
The cat is in the mixer.
The cat is in the mixer.

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