LA ZONE -

Wagons

Le 26/12/2025
par Arthus Lapicque
[illustration] Un récit où il ne se passe rien, ou presque.
1
    Ce matin-là, j’étais pensif, proche de l’hébétude, et je devais imaginer quelque chose d’amusant car au moment où je me connectai au monde extérieur son sourire répondait au mien. Mais depuis quand ? Je venais de me lever, ranger mes affaires, d’enfiler mon sac à dos en mode automatique, tout cela a bien duré quelques minutes durant lesquelles je souriais donc, debout au milieu du wagon qui entrait en gare, sans rien percevoir au-delà des saynètes que mon imagination projetait, sauf que je lui souriais, à elle, assise à droite, deux rangées derrière mon siège, je lui souriais sans le savoir, jusqu’à ce que j’en prenne conscience, et, bizarrement, j’ai maintenu mon sourire, soutenu le sien quelques secondes avant qu’il ne s’accentue, puis j’ai baissé les yeux, j’ai remonté la fermeture éclair de mon manteau, alors qu’elle, restait assise, et j’ai continué de penser à ce sourire, sur le quai, dans le couloir souterrain, jusqu’au lycée.

             2
    Le lendemain, je l’ai revue, même heure matinale, même wagon de queue, et elle m’a lancé ce même sourire auquel je n’ai pas résisté. Je me suis demandé si je la connaissais, rares sont les personnes aussi téméraires pour capter un regard inconnu avec autant d’intensité. Elle s’est assise à la même place, j’étais aussi sur le même siège que la veille, puis nous nous sommes ignorés le reste du trajet, quoique je jetasse de temps à autres une œillade dans le reflet de sa vitre, où nos regards se croisaient furtivement. Je découvris que nous descendions à la même gare. Elle marchait vite, j’ai suivi sa silhouette pour inspecter la forme de son corps, sa démarche, ses vêtements. Son long manteau vert émeraude, légèrement cintré, m’empêchait de bien cerner ses contours, elle bifurqua en haut de l’escalier qui menait à la surface, et nos trajectoires divergèrent.

             3
    Le jour suivant, nous nous sommes souri comme de vieux amis, même wagon, même place. Les autres passagers restaient fidèles à leur poste : en face de moi, côté gauche, deux rangées plus loin, un jeune rasta boudeur qui reniflait sans cesse, tous les jours, peu importe la saison, et descendait trois gares avant la nôtre ; sur ma droite, deux rangées devant elle, un élève de mon lycée attendant ses camarades qui le rejoindraient au prochain arrêt - ils étaient bruyants, et l’un d’eux avait un rire idiot, je montais alors le volume de mes écouteurs. Avant de ranger les copies que je corrigeais, je me suis retourné pour la voir : elle me fixait, assise, la tête inclinée sur son dossier, rêveuse et souriante. Je baissai les yeux, fermai mon sac, mon manteau, et traversai l’allée vers la sortie. Elle, semblait toujours attendre le dernier moment pour se lever. Sur le quai, elle marchait derrière-moi, j’ai profité du demi-tour que m’imposaient les escaliers descendants pour intercepter son sourire en m’enfonçant sous la surface, puis, dans le couloir souterrain, j’ai dû attendre qu’elle me dépasse, je n’avais pas à ralentir, elle marchait vraiment vite, et avant d’atteindre la surface à nouveau, elle me doubla dans l’escalier sans se retourner.

             4
    Absente aujourd’hui. Enfin, absente dans le wagon habituel, car il a fallu que nous descendions pour que je l’aperçoive. Avec quelqu’un. Toujours souriante, elle racontait quelque chose à ce jeune homme - cheveux longs, brun, barbe de trois jours, petit mais bien bâti. Ils venaient du wagon de tête et riaient tous les deux. Je les ai suivis, me suis rapproché, surtout pour entendre sa voix, à elle. J’ai cru apercevoir un sourire en coin à mon adresse mais je n’en suis pas sûr du tout. Sa voix était quelconque.

             5
    Je l’ai soupçonnée de changer de wagon à cause des bruits que produisaient nos voisins habituels, entre reniflements et rires idiots, je ne pouvais que saluer son geste et me suis incrusté dans le wagon de tête moi aussi. Elle était bien là, déjà assise, des lunettes sur le bout du nez, concentrée sur un écran de PC. Aucune trace du jeune homme. Je pris le temps de m’assoir à la même place que dans l’autre wagon. Je me suis tourné vers elle et nous nous sommes souri. Quelque chose a cédé dans mon ventre, une sensation vive. Je suis allé aux toilettes, et pendant que je m’essuyais, j’eus soudain peur qu’elle m’attende à la sortie. Mais elle n’y fut pas. Je suis descendu avant elle, et l’ai laissée passer devant moi au milieu des escaliers. Sa courte veste en cuir, que je n’avais alors pas remarquée, découvrait ses fesses moulées dans un jean bleu clair. Fesses qui balançaient gracieusement sur des jambes, trop fines à mon goût, elle semblait si légère, et ce n’est d’ailleurs pas ses formes qui m’excitèrent, mais ce mouvement de marche, cette ondulation qui confondait la vue et le toucher, comme une caresse mentale.

             6
    Plusieurs jours d’absence. Je m’inquiète. Moi qui m’étais levé à la même heure alors que je commençais plus tard, aucun signe d’elle à bord. J’ai parcouru les différents wagons, feignant de chercher quelqu’un, enfin pas vraiment, puisque je la cherchais, mais au cas où je serais tombé sur elle, j’aurais fait semblant de poursuivre ma quête et peut-être en simuler l’échec. Sauf qu’elle n’était nulle part. Je ruminais. Pile au moment où je commençais à consigner nos interactions - car j’avais pris la décision de lui adresser la parole, de faire évoluer cette rencontre afin d’écrire quelque chose digne d’être lu - voilà qu’elle disparaît.

             7
    Plusieurs matinées à me poster près des escaliers descendants, observant le défilé complet qui sort du train pour être sûr de ne pas la rater. Elle a réellement disparu. Enfin, je m’étais plus ou moins résigné jusqu’à ce qu’elle sorte du wagon de queue, je ne l’espérais plus, et je devais avoir l’air bête, à faire le poireau sur le quai, son visage blanc glissant au-dessus de cette rivière de têtes, et moi affectant de chercher une autre que la sienne. Son sourire sursauta quand elle m’aperçut, le mien devait être un peu crispé car je décelai de l’embarras dans son regard. Je la laissai descendre, attendis la fin du défilé pour donner le change, puis me pressai dans l’escalier pour la rejoindre. Mais elle était déjà trop loin. Elle portait une jupe.

             8
    Je suis arrivé en avance à la gare, me promettant de lui adresser la parole, mais sans savoir comment l’aborder. Je réfléchissais à des phrases d’accroche en l’attendant, seul dans le wagon de tête du mercredi matin. La voix grésillante annonça le départ imminent, et je la vis s’engouffrer in extremis par la porte la plus proche du conducteur. Elle portait une veste en jean ouverte et j’imaginai qu’elle avait vérifié chaque wagon avant de rentrer dans le bon, autrement dit, celui où j’étais. Nous étions trois passagers avec un ado ébouriffé qui scrollait sur son portable, et la contrôleuse qui circulait dans l’allée centrale. Elle s’assit sur un siège en face du mien, mais à l’opposé ; je ne voyais que le haut de sa tête, ses cheveux noirs, son front blanc, et quelquefois en me dressant, ses yeux bleus, d’un bleu opaque. Je perdis mes moyens et abandonnai mon projet d’accostage. A quoi cela rimait ? Marié, deux enfants, qu’espérais-je ? Avait-elle vu mon alliance ? Pour ma part, je n’avais pas encore regardé ses doigts. Je me tassai un peu plus dans mon fauteuil et examinai mon reflet à gauche pour me recoiffer, je grattais les quelques squames dont j’étais affligé, mais certains résistaient au coin de ma moustache, j’humectai alors mon index avant de poursuivre, et en levant les yeux, je pris conscience avec effroi que nous pouvions voir nos visages à l’envers dans la vitre du porte-bagage qui surplombait notre allée. Elle rêvassait sur le paysage qui prenait forme avec le soleil levant, j’espérais juste qu’elle n’avait pas surpris mes gestes cosmétiques ridicules qui auraient pu la dégoûter. Nos regards s’attirèrent vite dans ce reflet inversé, et l’avantage, c’est qu’il résidait un doute quant à ce que nous visions. Nous aurions pu chacun fixer le vide en cette direction, et nous pouvions profiter à loisir de nous contempler secrètement. Sa peau était blanche, un peu marquée sur le front par quelques points roses, des boutons peut-être, ce que je pouvais observer seulement hors du reflet car celui-ci gommait les défauts, enfin j’avais l’impression qu’elle ne portait aucun maquillage. M’étant définitivement résigné à ne rien faire - d’habitude je lis toujours, ou corrige des copies -, je quittais parfois le reflet pour admirer le paysage, revenir à elle, dans le reflet, et hors du reflet. Puis, vers la fin du trajet, alors que nous étions beaucoup plus nombreux dans le wagon, une vague puissante s’est soulevée à l’intérieur de mon ventre, je réalisai que nos yeux ne se quittaient plus, et je commençais à avoir des pensées érotiques d’une intensité extraordinaire. Le moindre de ses gestes m’était destiné, les doigts dans ses cheveux, ses petites caresses sur la tempe, puis sa main disparut des différents champs de vision pour s’enfoncer dans l’inconnu. Mon imagination s’emballa, et une érection douloureuse s’écrasa contre ma cuisse, c’était encore pire quand j’imaginais qu’elle savait. Je ne pouvais décidément plus lui adresser la parole, toute tentative de communication verbale se serait transformée en maladresses et tremblements. Nous entrâmes en gare et je voulais la voir debout, mais je craquai en me levant le premier pour enfiler mes affaires et remonter l’allée. Elle, toujours assise, semblait encore attendre le dernier moment, je passai donc à côté, lui appuyai un sourire confus, raté, qu’elle me renvoya, puis je sortis d’un pas lent, descendis l’escalier, m’engouffrai dans le couloir souterrain, grimpai à la surface. Je m’arrêtai en haut pour regarder mon écran de téléphone et enfin me retourner. J’ai pu croiser son regard avant de capter celui d’un collègue qui m’interpella. Nous nous saluâmes et engageâmes une conversation formelle en avançant vers le lycée. J’eus le temps de voir sa silhouette au loin, dans une robe noire, et à cet instant, j’en ai voulu à mon collègue de m’avoir diverti du plaisir de la contempler dans cette tenue.

             9
    Absente ce matin. J’en profite pour me relire dans le wagon et me rends compte que, mal interprétée, cette série de textes pourrait me faire passer pour quelqu’un de dérangé ; un psychopathe, paranoïaque et obsédé, qui fantasme le comportement de sa future jeune et innocente victime. Et c’est tentant si l’on apprécie les fictions dont le narrateur n’est pas digne de confiance, je pense à Lolita de Nabokov, au Tunnel de Sábato... Mais je n’ai pas l’intention de produire une œuvre littéraire, encore moins me comparer à ces deux écrivains. Je rends simplement compte du réel en essayant de m’exprimer correctement, sans fioriture, ou peu, car si je devais me censurer esthétiquement parlant, ce ne serait pas moi. Je ne prétends pas non plus être fiable, au contraire, ma subjectivité dépend de mon expérience, et les éléments que je retiens, et ceux que je manque, me sont constitutifs. Puis il faut tenir compte de l’influence de toutes mes lectures sur ma manière d’écrire ; peut-être sélectionné-je inconsciemment ces éléments afin de composer une cohérence fictive à l’instar des auteurs qui m’ont le plus marqué - la littérature a ce pouvoir : éduquer notre regard, orienter nos sens, qu’on le veuille ou non, et déterminer nos points de focalisation. Enfin en toute logique, cette histoire n’aura ni dénouement, ni chute, comme dans la vraie vie. A moins que je change de comportement et tente de lui donner davantage une tournure dramatique. Mais que dois-je faire concrètement ? Si je reprends depuis le début, notre premier sourire croisé est né d’une coïncidence, les suivants me semblent toujours un mystère, mais, peut-être se méfie-t-elle de moi désormais, vu que je n’ose jamais lui adresser la parole, cela doit lui paraître étrange, voire inquiétant, d’où le changement de wagon, les regards embarrassés et signes de gêne. Je ne sais pas. J’aurais dû lui parler plus tôt, j’ai probablement loupé le coche et maintenant je suis un indécis sans intérêt, un empoté qu’elle essaie d’éviter, pire, un pervers dont la persistance à peine discrète prend des allures de harcèlement. Et puis il y a toujours cette angoisse en filigrane, me dire que chaque rencontre est peut-être la dernière. Mais pourquoi imaginer ne jamais la revoir m’est aussi douloureux ?

             Terminus
    Peut-être bien un an jour pour jour que nous nous étions quittés, puisque je ne l’ai jamais plus croisée dans le train. Nous étions, moi, ma femme et mes deux enfants, en train de nous promener en ville, les garçons voulaient voir un énorme engin de chantier ôter les pavés d’une rue. En attendant, mon épouse s’est rendue dans une boutique un peu plus loin afin de trouver un sac-à-dos pour le petit dernier qui allait entrer à l’école en septembre prochain. Les enfants ne se lassaient pas, et j’avais beau les inciter à quitter le trottoir pour rejoindre leur mère dans la boutique, ils refusaient de bouger, les yeux rivés sur le chantier. Je me suis surpris à dériver au bout de la rue, rêvassant, laissant les garçons à leur spectacle, et mon regard s’est directement accroché au sien. J’ai mis une demi-seconde à comprendre de qui il s’agissait, ce visage familier m’a immédiatement ramené dans notre train, notre wagon. Elle venait à ma rencontre, accompagnée d’un homme avec des lunettes, élégamment habillés tous les deux, et ils ont bifurqué juste devant moi, dans une rue perpendiculaire à la nôtre, avant de sortir de mon champ de vision. Je me suis demandé si j’étais bien coiffé. J’ai fait quelques pas pour les voir s’éloigner. Elle tournait la tête derrière-elle, je la fixais, elle à chuchoté à l’oreille de son ami, ou son frère, que sais-je. Elle me souriait. J’ai souri. Puis la foule l’a engloutie.

= commentaires =

Lapinchien

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Pute : 341
à mort
    le 25/12/2025 à 13:33:12
C'est toujours un plaisir de lire du Arthus Lapicque et ce plaisir peut simplement se résumer dans le fait qu'on sait par avance que ce sera superbement écrit et qu'on aura le plaisir de découvrir au fur et à mesure à quel genre appartient le texte tant l'auteur à l'habitude de nous surprendre à chaque fois en s'attaquant à des champs littéraires différents et variés. Surtout que le style à chaque fois différent et parfaitement maîtrisé ne nous donne pas le moindre indice et on sait qu'on sera toujours agréablement surpris.

Oui, cette année, la SNCF est le grand sponsor de Noël de lazone.org
sylvestre Evrard

Pute : 48
    le 25/12/2025 à 15:05:08
j'ai vécu presque le même souvenir à 17 ans...
sinon, bof.
Lapinchien

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Pute : 341
à mort
    le 25/12/2025 à 18:34:04
je t'invite à lire ses textes précédents pour voir à quel point il maîtrise le changement de genre littéraire.
Arthus Lapicque

Pute : 98
    le 25/12/2025 à 19:24:37
C'est gentil mon Lapinche. Mais je crains que Sylvestre ne lise pas vraiment les textes qui ne sont pas les siens - qu'il ne relit déjà pas assez soit dit en passant. Il se contente souvent de quelques mots qui témoignent qu'il n'a lu que le début, en diagonale, ou de citer un film qu'il a vu, vaguement en lien avec un thème du texte. Mais merci à lui s'il a vraiment pris le temps de lire celui-là, à défaut d'avoir pris le temps d'en développer un commentaire plus conséquent.

En tous cas, bof ou pas, je ne m'attendais pas à voir ce texte publié aujourd'hui mais demain (un peu chiant pour un conte de Noël, nan ?). J'ai d'ailleurs hésité à le publier tout court, pas assez zonard à mon goût, comme les suivants de cette fournée tu me diras, sauf le tout dernier peut-être. Bref. Merci et joyeux Noël.
Lapinchien

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Pute : 341
à mort
    le 25/12/2025 à 19:42:12
Joyeux Noël à toi. Je trouve qu'ils sont au contraire très zonards et montrent à quel point ta palette est large et comment tu masterises dans des genres très différents. Là par exemple, je n'avais pas lu un texte aussi subtile sur les ambiguïtés dans les relations homme/femme depuis bien longtemps.
Nino St Félix

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Pute : 181
    le 25/12/2025 à 20:09:51
Chanson : FFS - Johnny Delusional (héhé je fais mon Sylvestre, en moins cultivé).

Sinon : j'ai bien aimé, pour avoir vécu tant de fois la même chose (mais avec beaucoup plus d'ambiguïtés, et le terrible sentiment d'être une sorte de pervers romantique, qui se satisfait d'un sourire ou même d'un regard). J'aurais aimé plus de jeu sur les reflets / regards, et pourquoi pas sur le côté un peu narcissique de ce jeu ? Quelques virgules qui m'ont un peu chagriné au début (je suis coutumier du fait moi-même) notamment : "j’ai remonté la fermeture éclair de mon manteau, alors qu’elle, restait assise", je ne suis pas sûr que la virgule entre manteau et alors soit indispensable ? Mais je ne suis pas prof de français et encore moins de style. À la lecture ça m'a fait tiquer. Mais la suite est comme le signale LPC trés bien écrite.

Le vrai bémol pour moi, c'est la distanciation. Car le "chapitre" 9 vient donner le vrai contrepoint du texte. On pense lire les sentiments distanciés d'un narrateur et on s'aperçoit qu'en fait c'est le narrateur qui nous raconte des sentiments distanciés (petite nuance du coup) et nous explique pourquoi et comment. Je ne m'attarde pas sur ce procédé qui pourrait être perçu par un lecteur moins empathique comme un "buzz" pour exciter le critique sensible.


Mais du coup, ce paragraphe appuie justement là où ça fait mal : on ne s'identifie pas vraiment au personnage (alors même que tout y était !). J'ai l'impression que si le chapitre 9 était remplacé par une confrontation, un contact fortuit (même si j'ai bien compris que c'était tout le sel de l'histoire, qu'il n'y en ait aucun), bref, si l’on avait eu un rapprochement plutôt qu'une distanciation, le tout y aurait gagné, paradoxalement... en universalité.
Nino St Félix

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Pute : 181
    le 25/12/2025 à 20:12:07
haaaaan pardon je viens de piger la phrase "remonté la fermeture / elle restait assise" (donc pas remontée).
Un peu trop subtile pour moi (et aussi du coup peut être un accent trop ironique en décalage avec l'espèce de passivité romantique du narrateur dans le reste du texte ?
Lindsay S

Pute : 249
    le 25/12/2025 à 22:17:25
Il ne se passe rien. Et pas seulement narrativement : il ne se passe rien parce que le texte s’acharne à empêcher que quelque chose advienne. Chaque micro-frémissement est aussitôt encadré, expliqué, recyclé, puis remis à sa place comme un bagage cabine trop volumineux. Rien ne doit dépasser.

C’est bien écrit, oui. Tellement bien écrit, d’ailleurs, que le texte semble parfois écrit contre ce qu’il raconte. Une langue précise, appliquée, presque trop propre pour un récit censé explorer le trouble, l’ambigu, l’obsession. On sent l’élève modèle de la prose contemporaine : phrases longues mais maîtrisées, détails sensoriels choisis avec soin, conscience aiguë de ses effets. On n’est jamais surpris. On est guidé.

La première phrase donne le ton : saturée, abstraite, convaincue qu’il faut tout dire tout de suite, comme si le lecteur risquait de ne pas comprendre sans notice explicative. Et le reste suivra cette logique : rien ne sera laissé à l’intelligence du lecteur sans reprise immédiate, au cas où.

Les obsessions — la place dans le wagon, les horaires, les gestes — sont martelées avec une régularité de contrôleur SNCF. On a compris. Très vite. Mais le texte insiste, répète, reformule, souligne. Il ne fait pas confiance à la résonance ; il préfère l’insistance. À ce stade, ce n’est plus une obsession du narrateur, c’est une obsession du texte lui-même.

Le sommet, évidemment, c’est le passage méta. Là, le texte se regarde écrire, se soupçonne, se cite intérieurement, convoque Nabokov et Sábato comme on sort des papiers en cas de contrôle d’identité littéraire. Attention, prévient-il : je sais que je pourrais être lu comme dérangeant. Merci. On commençait à s’en douter. Mais surtout, ne paniquez pas, ajoute-t-il aussitôt : il explique, nuance, contextualise, moralise presque. Le narrateur devient son propre avocat commis d’office. Résultat : le malaise, à peine esquissé, est immédiatement désamorcé. Le vertige est prié de rester théorique.

Quant à la scène finale, elle est d’une sagesse presque attendrissante. Un chantier, des pavés arrachés, une rue ouverte : tout un arsenal symbolique prêt à servir… pour finalement ne rien faire. Le visage de la femme passe au-dessus et nos au dessous, sourit, disparaît, circule gentiment dans le réel. Le texte aurait pu creuser, fissurer, déranger. Il préfère conclure proprement, refermer la plaie, lisser la nostalgie. Rideau.

Au fond, le texte ressemble beaucoup à son narrateur : intelligent, conscient, cultivé, mais profondément incapable de lâcher prise. Il observe l’obsession sans jamais la laisser devenir dangereuse, il frôle l’inquiétant sans jamais s’y compromettre. Il ne se passe rien, oui — mais surtout, rien n’est jamais vraiment mis en jeu.

C’est maîtrisé. C’est sérieux. C’est respectable.
Et c’est précisément pour ça que ça manque de mordant.
Arthus Lapicque

Pute : 98
    le 25/12/2025 à 22:21:21
Merci pour ta lecture, Nino, et tes remarques pertinentes dont je prends bonne note.

Pour le coup, cette antithèse entre la fermeture remontée "alors qu'elle, restait assise" est un pur hasard. Le "alors qu'elle" c'était plutôt pour opposer le mouvement du protagoniste à l'immobilité de la jeune femme. Et les virgules et répétitions, pour accentuer ce moment balbutiant, étrange et perturbant pour le narrateur.

Les remarques sur la littérature sont un peu péteuses, en effet, je ne sais qu'en penser moi-même, je crois qu'au-delà de prétendre fabriquer une illusion de réel, je voulais faire une sorte de méta-truc, pousser la réflexion plus loin, déchirer le texte.

Bon, c'était un exercice sympa en tous cas.
Arthus Lapicque

Pute : 98
    le 25/12/2025 à 22:53:33
Super Lindsay ! Merci pour se retour. Tes attentes sur ce texte traduise exactement ce que je ne voulais pas faire : donner le sentiment d'une exploration.

Le narrateur écrit mais n'agit pas, et son écriture témoigne de son impuissance à écrire quelque chose de valide justement parce qu'il n'agit pas et veut simplement retranscrire le réel. Peut-être n'est-ce pas très intéressant à lire car il n'y a rien, à part de l'écriture qui tente d'esquiver tout intérêt dramatique, intérêt dramatique souvent gage de non vérité si on réfléchit bien sauf si cette vérité est extraordinaire.

Je voulais interroger sur ces questions en écrivant ce texte et montrer que peut importe ce qu'on écrit, on ne peut s'empêcher de dramatiser, on mobilise des symboles, on fantasme, on fabrique, mais je voulais le faire sans avoir l'air de le faire consciemment et sans être trop chiant non plus.

Bon, ça y est, je ne me comprends plus moi-même et ce texte ne m'appartient plus désormais. D'ailleurs, bien vu pour la symbolique du chantier dans le dernier chapitre, je n'en avais pas conscience avant de te lire. Comme quoi.
Lindsay S

Pute : 249
    le 25/12/2025 à 23:35:15
Avec plaisir ^^
sylvestre Evrard

Pute : 48
    le 26/12/2025 à 10:18:36
désolé @Arthus Lapicque; je vis depuis un mois et pour un mois encore sans chaudière, je suis souffrant et fatigué et peu inspiré pour la critique; oui j'ai lu en entier
sylvestre Evrard

Pute : 48
    le 26/12/2025 à 10:21:49
après Lindsay, difficile de dire autre chose quand on est d'accord; beau travail même si je n'ai pas frétillé
Lapinchien

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Pute : 341
à mort
    le 26/12/2025 à 11:06:22
Bon courage pour la chaudière. Tu peux quand même te chauffer avec du matériel d'appoint ?
sylvestre Evrard

Pute : 48
    le 26/12/2025 à 11:13:04
j'ai un petit radiateur électrique à huile, mais taper avec les doigts gelés et des gants...pas facile
Lapinchien

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Pute : 341
à mort
    le 26/12/2025 à 11:35:36
Je crois que maprimerénov est à l’arrêt à cause de l'absence de vote de budget de l'état.
Nino St Félix

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Pute : 181
    le 26/12/2025 à 11:39:22
Maprimerénov, le héros de "corps social", une tragi-comédie russe en trois actes ?
Lapinchien

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Pute : 341
à mort
    le 26/12/2025 à 11:52:46
Je ne connais pas le contexte politique de cela et clairement je ne l'ai pas utilisée pour faire de la rénovation mais en tous cas, fut un temps où ma chaudière ne fonctionnait pas aussi et cette prime m'a permis de la remplacer.
Lapinchien

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Pute : 341
à mort
    le 26/12/2025 à 12:07:22
Je crois que je viens de comprendre ta blague avec une prononciation Dostoïevskienne des frères Maprimerénov.
Nino St Félix

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Pute : 181
    le 26/12/2025 à 12:32:19
Oui je pensais a un huis clos entre Maprimrénov et Fermbienlaporv, qui devrait survivre dans leur petite cabane en Sibérie sans chauffage, et pour cela seraient obligés de mettre en oeuvre un rapprochement corporel calorifère, ce qui pourrait provoquer une foule de gags irrévérencieux et profond. Avec Sylvain Tesson en guest à la fin.
Lapinchien

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Pute : 341
à mort
    le 26/12/2025 à 12:38:59
Si ça peut faire revenir Dourak Smerdiakov, ça ne peut pas faire de mal à la littérature.
Lapinchien

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Pute : 341
à mort
    le 26/12/2025 à 12:51:40
Sinon j'ai mis en illustration du texte d'Arthus Lapicque, Emily Blunt dans "la fille du train" qui montre bien à quel point les bestsellers peuvent porter des coups létaux à l'industrie cinématographique. En ce moment, le phénomène "la femme de ménage" est dans la même veine. En gros, un très mauvais choix d'illustration pour mettre en avant l'excellent texte d'Arthus Lapicque mais à ma décharge, j'avais pas pris le temps de regarder à quoi j'avais affaire.
Arthus Lapicque

Pute : 98
    le 26/12/2025 à 15:40:40
Bon courage Sylvestre, il m'est arrivé d'avoir une panne de chauffage, je squattais dans les BU, médiathèque et bibliothèque pour être au chaud la journée.

Ça existe encore Maprimerenov ? Bien vu, en tout cas, pour la parodie dostoïevskienne (ça me donne envie de relire Les Frères Maprimerenov) et merci Lapinchien pour le mauvais choix d'illustration, y a bien pire.
René de Cessandre

Pute : -233
Le train décodé...    le 26/12/2025 à 15:46:02
Oui... bof... ce n'est là qu'une chanson de Christophe en hypotexte, développée, explicitée et mise en scène et saupoudrée d'un peu de Piaf et de Bruel...
Arthus Lapicque

Pute : 98
    le 26/12/2025 à 16:12:08
Merci pour ta lecture René. Désolé, à part "Aline" de Christophe (je suppose ?), je ne connais pas assez les morceaux des autres artistes pour saisir l'analogie. Mais c'est cool, chacun interprète avec ses références. Il y en a qui on plus d'épaisseur que d'autres, probablement.
Lindsay S

Pute : 249
    le 26/12/2025 à 16:15:38
et V'lan
sylvestre Evrard

Pute : 48
    le 26/12/2025 à 18:01:33
et comme de tradition: Le Voyage (Il Viaggio, 1974). Ce film réalisé par Giuseppe Patroni Griffi met en scène Mastroianni et Jeanne Moreau dans un train où les deux personnages racontent leurs histoires et partagent des réflexions profondes sur l'amour, la vie et le temps qui passe.
René de Cessandre

Pute : -233
Réponse à Lapicque qui semble ne pas les aimer    le 26/12/2025 à 18:24:19
Je te conseille alors d'écouter "Les Mots bleus" de Christophe. Cette chanson devrait particulièrement te parler et te toucher. Tu y trouveras le reflet de ton texte, dans une version peut-être plus poétique. C'est saisissant. J'aurais même pu croire que tu avais fait écrire ton texte par une IA en la lui fournissant cette chanson comme substrat et en lui fournissant en appui et référence "La Foule" de Piaf, et Bruel d'une façon plus générale et en lui donnant comme indication de tenir compte de la psychologie humaine.
Arthus Lapicque

Pute : 98
    le 26/12/2025 à 18:29:22
Je ne connais pas Il Viaggio mais avec les mêmes acteurs principaux, tu as la Notte d'Antonioni, ou mine de rien, même s'il n'y a pas de train dans le film, il peut y avoir des points communs avec mon texte, notamment sur l'incommunicabilité des êtres, et Jeanne Moreau, au début du film, qui cherche à capter le regard des passants avec son sourire.
Arthus Lapicque

Pute : 98
    le 26/12/2025 à 18:57:25
Mais René, je ne voulais surtout pas que mon texte soit poétique, au contraire. J'avais envie de produire un récit expérimental et cérébral, sorte de faux journal intime avec une réflexion sur l'impossibilité de retranscrire le réel sans le fabriquer.

J'aurais pu le générer par IA, sûrement, tout est possible avec chatty, mais je n'y aurais retiré aucun plaisir.

J'avoue que je ne suis pas client de la chanson française en général, mais je connais les mots bleus, sans jamais avoir vraiment écouté les paroles avec attention. Je le ferai.
René de Cessandre

Pute : -233
A Lapicque    le 26/12/2025 à 19:43:20
Oui, écoute bien les paroles, et tu comprendras mieux mon commentaire qui se voulait bien sûr un peu provocateur... j'ai trouvé la similitude d'atmosphère, la ressemblance du drame larvée, frappantes.
Lapinchien

lien tw yt
Pute : 341
à mort
    le 26/12/2025 à 23:28:23
C'est fou à quel point on est mu par le besoin de niquer. Je pense que la force des marrées à coté c'est peanuts et qu'il y a là une niche inexploitée pour de futures énergies renouvelables.
A.B

Pute : 84
    le 27/12/2025 à 09:56:48
J'ai bien aimé ce texte où il ne se presque passe rien avec une passagère manquante. Ça m'a fait penser à une phrase de Lacan "il n'y a pas de rapport sexuel". La relation amoureuse n’est pas un rapport mais une position dissymétrique en regard de l’autre.
A.B

Pute : 84
    le 27/12/2025 à 10:02:42
D'ailleurs on peut presque parler de relation d'amour auteur-lecteur. Chacun, en écrivant ou lisant, intériorise un regard qui n'existe pas entant que tel.
René de Cessandre

Pute : -233
Pour A.B. (en particulier)    le 27/12/2025 à 12:00:53
Avant Lacan (qui est un des plus grands charlatan de l'Histoire et dont Pauwels a dit : "Lacan ? : "Pourquoi ? Parce queue" "), on peut citer Nicolas de Chamfort qui a écrit : "L'amour est l'échange de deux fantaisies et le contact de deux épidermes". Mais je préfère encore cette définition que la légende attribue à un élève qui aurait donné, à un Bac de Philosophie dont la problématique était "Qu'est-ce que l'Amour ?", la définition suivante : "C'est un fleuve d'Asie".
A.B

Pute : 84
    le 27/12/2025 à 15:27:08
Chacun pense et dit ce qu'il veut de Lacan. On ne répète jamais que ce qu'on a entendu en se planquant derrière des citations et références, y compris les lacaniens spécialistes du "Jacques a dit".
Pour autant, on ne peut lui reprocher 1/ d'avoir dérangé en ayant parfaitement théorisé et mis en exergue ce qui cogne et noue la parlote et l'imaginaire (notamment un non rapport) ; 2/ de l'avoir mal digéré en élucubrant avec des bouts de queue articulés les uns après les autres pour donner un semblant de consistance à son discours. Deleuze en est la parfaite illustration.

Jolie citation finale tenant à une légende urbaine. Parfait! Le fleuve Amour est toujours le nom d'un autre. Un nom russophone à placer dans un disque-cours pour désigner un cours plus grand qui le dépasse.
René de Cessandre

Pute : -233
    le 27/12/2025 à 15:51:58
On peut adhérer aux théories de Lacan qui n'a fait que vulgariser et reprendre à son compte, en la détournant pour ses intérêts, la "Langue des Oiseaux". Mais on devrait appliquer justement ses propres théories à son patronyme. Si l'on connaît le "Javanais" (une forme d'une autre "Langue des Oiseaux", appellation qui désigne également et poétiquement l'Argot), on comprends alors de quel complexe il souffrait et qu'il avait besoin de surcompenser.
A.B

Pute : 84
    le 27/12/2025 à 16:21:12
Il n'a rien vulgarisé. Il a théorisé, avec ses propres formules inédites, le manque symbolique. Il a aussi relu Freud. Quant au complexe, bon?! Malgré ses limites et loupés cliniques, avérés, il n'a jamais témoigné d'aucune culpabilité tout en reconnaissant le caractère casse-gueule du discours - dont le sien - et tout en sachant pertinemment que d'autres auraient à redire de ses pratiques. Ce qui met en échec votre dire s'agissant du complexe. Qui complexe culpabilise.
A.B

Pute : 84
    le 27/12/2025 à 16:31:41
C'est d'ailleurs ce qui caractérise la névrose névrotique : la culpabilité. Non pas celle d'avoir agi mais celle d'avoir cédé sur son désir pour une jouissance qui fouette. Ce serait même constituant, on appellerait d'ailleurs ceci la civilisation. C'est cliniquement pas seulement une théorie.
A.B

Pute : 84
    le 27/12/2025 à 16:46:38
Après, le sujet n'est pas qui a tort ou raison avec un clivage Lacan ou pas Lacan. C'est la littérature qu'on aime écrire et commenter en assumant ses références.
Amitié,
AB
René de Cessandre

Pute : -233
    le 27/12/2025 à 17:33:13
Oui, on peut dire ça. Mais je ne faisais pas allusion à une culpabilité (pour Lacan). Seulement un complexe dû à une stigmatisation. Que l'on ne peut comprendre que si l'on connaît le "Javanais" et le fonds de commerce de Lacan. Amitiés également.
    le 28/12/2025 à 14:46:06
La crise de la quarantaine, c'est pas facile, ma pauvre dame.

Je comprends pas bien ce que ce texte fait là. Il est maîtrisé, l'écriture est fluide, sans accroc, la structure est simple et claire, mais... pour quoi faire ?

Je vois le pavé de réflexions sur l'écriture tout ça tout ça, le pâté sur le désir la norme tout ça tout ça, mais le texte n'en propose rien de neuf, et le récit ne fait jamais sortir de l'usage commun. Autrement dit, si on s'en tient au texte, on se fait chier.

Y a évidemment tout un travail sur le motif spéculaire, pas inintéressant, avec ces jeux de miroirs, de vitres, de regards, ces doubles paires de couples, bref, mais ça justifie pas un texte pour moi. Pas un seul procédé.

Bref je suis super déçu.
C'était chiant, personnage, style et récit.
Alors qu'y avait des ouvertures possibles, au moins du point de vue du récit, vers toute une foule de déviances, d'anormalités, de choix déraisonnables ou fous, de vie ; mais tout s'en écarte. Le texte et son personnage restent timorés. C'est dommage ; parce que dès lors, on s'en tamponne.
René de Cessandre

Pute : -233
    le 28/12/2025 à 16:04:16
Là encore tu mets le doigt sur une problématique complexe, c'est-à-dire là où ça fait mal. Tu as raison si tu considères que ce texte est vide... et de l'aveu de son propre auteur, c'est tout son intérêt. Là encore nous assistons à une transposition de la vacuité et de la vanité des relations humaines dictées par des conventions suivies ou non. Il se passe beaucoup de choses dans ce texte, en réalité. C'est l'histoire résumée de toute une vie, de toute vie. Considérait qu'ils ne s'y passe rien et de ce fait et par conséquent on ne peut plus exact. Et plus tragique.
    le 28/12/2025 à 16:11:38
Aucun intérêt à raconter une vie où rien ne se passe, simplement en la racontant.

N'est pas Tchekov qui veut, et là, n'est pas Tchekov.

Dans ces cas-là vaut mieux la boucler et faire du jardinage.
Arthus Lapicque

Pute : 98
    le 28/12/2025 à 16:30:59
Tu as raison Glaüx, ce texte est chiant. Et en même temps, le publier sur La Zone joue avec les attentes du lecteur qui connaissant la ligne éditoriale du site à l'impression que ça va dévier à chaque instant. Mais non. La déception fonctionne alors comme un coup de théâtre.

Et tu as tort, je suis bien plus intéressant et profond que cet emmerdeur de Tchekhov.
René de Cessandre

Pute : -233
    le 28/12/2025 à 17:12:21
D'accord avec toi sur toute la ligne (et toutes les lignes), Lapicque ! Et n'est pas réceptif à l'existentialisme qui veut !
Mais tu as d*u voir que Le Chouette joue le rôle du candide, et plutôt bien ? S'il arrive à faire réagir des victimes, c'est... chouette, et on ne pourra que l'en remercier, même si justement ce n'est pas l'envie qu'il donne...
    le 28/12/2025 à 17:17:32
C'est marrant cette propension nouvelle des membres du site à commenter les auteurs et les commentateurs, voire à imaginer ce qu'ont pu ressentir ou percevoir les commentateurs, au lieu de commenter les textes.

Marrant mais un peu gland.

C'est sûr que commenter les textes, et s'y tenir, c'est plus difficile.

Je vous laisse à votre cour de récré, je retourne lire des textes et j'ai piscine en capsule ensuite.
René de Cessandre

Pute : -233
    le 28/12/2025 à 17:26:33
Déjà, il faudrait que tu saches lire... ou alors tu ne lis que ce que tu écris. Le texte a été abondamment commenté, et je ne pense pas que Lapicque dira le contraire...
Arthus Lapicque

Pute : 98
    le 28/12/2025 à 17:48:39
Je n'ai pas bien saisi ton dernier commentaire Glaüx. Mais merci pour ta critique sur mon texte. Je l'ai trouvée très instructive.
    le 28/12/2025 à 18:29:51
Moi non plus. Fais pas gaffe, c'est comme ça les vieux, ça s'énerve tout seul parce que l'infirmière est en retard et puis ça oublie.

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