LA ZONE -
Un texte écris le 29 novembre 2012 , qui parle de la rareté de l'amour et de la banalisation de la haine.
Et je regardais tout ces gens, s'évertuer à être distants, avares en tout, égoïstes jusqu'à la névrose, un peu comme si un jour aimer les autres les avaient déçus et qu'ils n'avaient plus jamais réessayé, jamais un mot gentil, jamais une félicitation, et tous, dans une petite haine morbide s'évertuaient à devenir les petites stars des autres, reproduisant la froide ambiance télévisé et ses semi dieux préfabriqués, quoi, ils voulaient une foule applaudissante, ils ne savaient pas qu'un carton "riez" existait, quoi, ils voulaient le piédestal brillant et les spots, sorte de curés plastiques beuglants pour le spectacle fallacieux, insipide et gâché. Et je les voyais, parader comme des dindons, se renforçant eux même, ils devenaient durs comme la carapace d'une tortue, sans chair animée à l'intérieur, comme une armée d'armures et cela, cette maladie ambiante et généralisé, touchait même et surtout les artistes, les jeunes hommes, les sœurs et les pères eux même, incapables de dire des je t'aime, comme si la chose était difficile, comme si la vie n'était pas pleine de ce potentiel, comme si la parole conquise n'avait pas cet urgent destin, ce sublime et faramineux chant ému, mais non, ils pensaient mal, vivaient mal et c'était étonnant de les voir debout, vivants, étonnant de voir les si beaux yeux de ces femmes teigneuses, les si belles lèvres et la chaleur divine de leur peau, pire, même l'amour tendre avait disparut, on jouissait dans l'ardeur et la lobotomie, on aimait, on fécondait, avec la même violence que des camionneurs déchargent de lourds sacs remplit de gencives de porc en conserve, on ne se regardait même pas dans les yeux, on ne prenait pas le temps, on s'incarnait mal, comme des plantes sans fleur, sans fruit, sans parfum, sans couleur et cela ne dérangeait ni les hommes, ces rustres analphabètes puants, ni les femmes, ces castratrices insatisfaites, et les vieillards crevaient ainsi, sans l'ultime cri salvateur, et même leurs tombes étaient laides, leurs enterrements si ridicules que gênants, et les bébés, naissaient sans fête, on ne marchait pas des kilomètres pour voir la victoire de l'ami amoureux et enfin père, on ne le félicitait pas, juste, on remplissait la besogne administrative d'un "Bravo" à peine réfléchit, formalité retardant le cauchemar, et aucun rêve accompli, des qu'une personne faisait bien ou disait du joli, tous, sans exception, le haïssaient pour cela, un peu comme si l'humain devait être une mauvaise bête, uniquement une teigne malade et rude, et moi, j'étais le pire, j'aurais assassiné pour le plaisir, j'aurais bouffé de la chair humaine par gourmandise, j'étais cruel, j'étais fourbe, j'étais manipulateur et j'adorais asservir les faibles, et ceux que la nature avait rendu comme moi immondes et violents, je les regardais en priant le diable, la maladie et les accidents, de les broyer, et j'attaquais la nuit et en cachette leurs enfants, leurs mères, et je médisais d'eux pour qu'un maximum de gens les haïssent, mais il y avait pire qu'eux, pire que moi, pire que le pire des pires, il y avait cet individu étrange et caché, qui lisait, là, en se taisant, tapis dans l'ombre et inattaquable, et qui déjà, sentait le jus acide bouillonner dans son cerveau de démon, qui contrairement aux autres avait pris patience et déjà me haïssait en se sentant supérieur, et qui ne savait pas qu'il serait l'auteur de ma mort, mais pire, tout deux sanglotions sans savoir pourquoi, fâché par cette divine et étrange animalité toute émotive."
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3500 signes, et seulement deux points finaux. Faut commencer à être bon en apnée.
J'ai l'impression d'avoir déjà vu ça deux ou trois mille fois sur le net. Sauf les gencives de porc en conserve, un aliment que je connais assez mal, pour ma part, et c'est sûrement mieux ainsi.
Ah oui bien vu pour les haters !
Fin 2012, c'était aussi la fin du monde, me semble-t-il. C'était peut-être une façon détournée d'essayer d'acheter sa place au paradis.
En tous cas, avec un pseudo pareil, c'est surement un ressortissant de la perfide Albion.
c'est marrant en ce qui me concerne, je m'étais pas fait chier à m'emmerder à repérer particulièrement la ponctuation, ça se laisse lire
j'ai pas lu le texte ni les commentaires à part ceux de {user-25} parce qu'il fait toujours des analyses dignes de télérama dans les années 2070 mais je voulais juste dire que j'ai cliqué parce que le titre est bien et l'image de babe un cochon dans l'espace je me demandais si c'était les lèvres de cette grosse bouchap' qui sert d'orifice glorieux à la nouvelle taulière du terter
@ Pascal Dandois : pour la ponctuation, ya pas à se faire chier à s'emmerder : compter jusque deux, c'est pas non plus la mer à boire.
Et sinon, {user-25}, je n'ai pas l'heur de connaître ce jeune homme, non.
Néanmoins, une rapide recherche de son texte sous Laurent me rappelle qu'en fait, si, j'ai déjà tenté de le lire à la Saint Con et qu'à l'époque déjà je le trouvais horriblement radin en points, en retours à la ligne et en paragraphes. J'avais bravement essayé de venir à bout du truc sans m'étouffer ni périr d'ennui, mais dans un sursaut d'instinct de survie salutaire, j'ai abandonné.
À la lumière de ces révélations, je confesse donc être malheureusement hermétique aux drôlissimes fulgurances d'Hurlante Nova et ne pas adhérer à son écriture, tout particulièrement affectueux qu'il puisse être par ailleurs.
Ca me fait un peu l'effet d'un Proust ayant traversé une singularité gravitationnelle à la suite d'une réminiscence trop puissante de son premier reflux gastrique et s'étant retrouvé parachuté, décorporé et numérisé de l'autre côté du miroir de notre 21e siècle, c'est-à-dire l'Internet. Et il est pas content.
Cela dit j'ai bien aimé la fin où le narrateur confie son appartenance à tout ce qu'il décrit plus tôt.
Le tâcle au lecteur (si j'ai bien saisi) est bien vu, aussi.
compter jusqu'à deux équivaut à entamer le décompte de l'infini voire plus, c'est "pire" que la mer à boire!
Incroyable, en écrivant le texte et en le publiant, je ne m'étais pas aperçu qu'il n'y avait que deux points.
Merci pour vos commentaires intelligents.
Aussi, je vois que LAZONE est en vie, cela fait plaisir.
Bien à vous les amis.
À ton service.
Je t'aurais bien souligné aussi les fautes d'orthographe mais j'avais aqua-poney.
Paix et félicité.
Du coup c'est hurlante nova ou laurent ?
en tout cas niveau pseudo c'est pas non plus l'éclate de ouf.
Bravo.
Il est bien ce texte.
Disons qu'il ne faut pas s'arrêter aux premières lignes, pour profiter du train de marchandises qui suit. Mauvais départ, bon enchaînement.