L’Oncle me guide. Il est en moi. Il sait ce que je dois faire, comment je dois agir. Nous partons à la chasse. L’Oncle m’a appris à chasser. Il a affûté mon œil, développé mon odorat, mon ouïe. Il a fait de moi, le plus fort des prédateurs, le plus dangereux.
L’Oncle est mort, il y a des mois et des mois et des mois… Il est mort en traversant une rue, dans une autre ville, pas celle-ci. Une ville un peu plus grande, une ville où l’Oncle m’a élevé, où l’Oncle m’a enseigné des choses, la chasse. Je n’étais pas avec lui, quand il est mort. J’étais enfermé au sous-sol de la maison de l’Oncle. Je n’avais pas le droit de sortir parce que j’avais fait foirer un plan que l’Oncle avait mis des semaines à mettre au point. Et l’Oncle était en colère, mais une colère tranquille, pas dangereuse, il voulait juste que je réfléchisse à mon erreur, à celle qui avait fait foiré le plan, le sien. Je vivais avec l’Oncle depuis longtemps, depuis que l’on m’avait éjecté de chez mes parents pour cause d’alcoolisme et de violence répété. L’Oncle s’était porté volontaire pour s’occuper de moi, de mon éducation. Il était séparé de ma tante, parce que ma tante -que je n’ai jamais connu, à part sur une vieille photo que l’Oncle m’a montré, un jour. Mais est-ce que c’est connaître quelqu’un que de le voir en photo ? C’est déjà une approche, oui. C’est déjà un début.- Parce que ma tante était morte, et que c’est l’Oncle qui l’avait tué. Il me l’a dit, après. Quand j’ai commencé à être à la hauteur de ses attentes, de mon apprentissage. Elle lui portait sur le système, c’est tout ce qu’il m’a dit, en fait. Et puis aussi, que personne n’a cherché à élucider sa mort, une noyade, une sortie en barque avec l’Oncle sur un lac, et une noyade comme il peut s’en produire accidentellement. Ce n’était pas très classe, l’Oncle en convenait, pas très recherché, mais ma tante n’était pas une personne qui méritait mieux, pas la peine de se creuser la tête pour s’en débarrasser. L’Oncle, lui, aurait mérité mieux. Peut-être que j’aurais eu le temps de m’en occuper, si cette voiture ne l’avait pas fauché alors qu’il traversait une rue, et que son instinct de chasseur n’a pas fonctionné à ce moment-là. Ça arrive. C’est emmerdant, mais ça arrive. Les sens s’embrouillent, parfois. Les sens s’éteignent, et la mort en profite pour nous ricaner au nez. C’est le prix à payer, ce sont les règles du jeu à accepter. Parce que la vie est un jeu, une partie de chasse. Il faut toujours être sur le qui-vive, ne jamais baisser sa garde, observer, calculer, agir. C’est ce que l’Oncle m’a appris. Et c’est ce que l’Oncle n’a pas géré quand la voiture l’a fauché. Les flics m’ont libéré du sous-sol. J’avais quel âge à l’époque ? Vingt ans ? Vingt-cinq ? J’en ai trente, aujourd’hui. Et combien de trophées à mon actif ? A peine cinq ou six. Ou moins. Et cette femelle que j’avais laissé s’échapper, cette femelle qui avait cisaillé ses liens et qui s’était barrée pendant que je lui tournais le dos, et l’Oncle obligé de lui courir après, de la pourchasser, de la rattraper in-extremis, puis de la bousiller salement, sans classe, des gnons portés à la tête à l’aide d’une grosse pierre dégueulasse, une grosse pierre trouvée n’importe où, près d’un chantier abandonné, et vite à brûler son corps, et vite à foutre plusieurs coups de pied dans les cendres, à disperser tout ça, mon erreur, sans avoir le temps d’en profiter, de faire plus ample connaissance, dans l’intime, les profondeurs du corps, la chaleur des tissus. Les flics ont un peu fouillé la maison de l’Oncle. Suite à l’accident, ils ont investi les lieux. D’abord, ils m’ont demandé ce que je foutais là, enfermé dans le sous-sol, et j’ai dit que la porte avait claqué, et que mon Oncle avait dû la boucler sans savoir que je m’y trouvais, que c’était un concours de circonstances, qu’il serait venu me libérer, plus tard. Et c’était vrai, bien sûr, Il serait venu. Je devais juste réfléchir à mon erreur, je devais juste être seul pour un moment. « Votre oncle est mort. » Ils m’ont annoncé. « Il s’est fait renversé par une voiture. » J’ai pensé OK, j’ai pensé que j’allais devoir dégager d’ici, de la maison, que c’était le signal, que j’étais apte à me débrouiller, à mettre en pratique ce que l’Oncle m’avait appris. J’ai vendu la maison. Les flics ont fouiné dans quelques pièces. Je ne sais pas ce qu’ils cherchaient. De toute façon, il n’y avait rien à découvrir. Dans les films, dans les livres, il y a des choses à découvrir. Mais pas là, pas dans cette vie. L’Oncle ne gardait rien. Ni photographies ni articles ni vidéos, aucun putain d’indice qui aurait pu nous/me foutre dans la merde. Tout ce que l’on savait, on le dissimulait en nous. On était notre propre garde-manger. Ces histoires de collectionner nos victoires, ce sont des foutaises. Comme l’Oncle m’apprenait à freiner mes jouissances. A ne pas tout cracher d’un seul coup. Il disait que plus on attendait, et plus c’était bon. Et c’est vrai. Le sexe est une affaire d’attente. L’Oncle a commencé très tôt à m’initier. A dix ans, huit, peut-être. Une année après mon arrivée chez lui. Il ne faut jamais tarder à se familiariser avec le sexe, les jouissances. Les freiner, oui, mais pas attendre pour les apprendre. La vie peut être si courte. Un accident, un manque de concentration, une voiture qui fonce dans une rue, et la mort instantanée. L’Oncle disait que j’étais frêle comme une fillette. Une enfant femelle au corps fragile, prêt à casser, à se briser, à s’ouvrir aux désirs puis à s’effondrer, à être transpercé, déchiré sous l’arme du chasseur. Mais l’Oncle ne voulait pas me faire du mal. L’Oncle ne souhaitait que m’apprendre les rudiments de la chasse, le plaisir de garder la jouissance, toutes les jouissances, d’être en parfaite osmose avec les corps que j’allais traquer, visiter, les comprendre, être eux pour ne rien laisser s’échapper quand mon tour serait venu, celui de me nourrir de la jeunesse de mes proies, tel un vampire, un cannibale. Les lèvres de l’Oncle sur mon sexe ressemblaient à des limaces tièdes, des sangsues qui aspiraient mon pénis, l’enrobaient, et sa langue douce léchait mes testicules, remontait sur ma verge, la gobait dans sa bouche identique à une grotte chaude et humide, un marécage, et mon sexe se réveillait, et mon cerveau s’abandonnait tandis que mon membre durcissait, butait contre son palet, et ses doigts fouinaient l’ouverture de mon cul, et je sentais le plaisir monter en moi, et l’un de ses doigts me pénétrait, forçant ma verge à palpiter, et je gardais les paupières fermées, et je savais à quoi ressemblait l’Oncle, un homme chauve comme un gland décalotté, un corps gras comme une bite puissante, large, nu, à genoux à mes pieds, et moi presque nu, juste habillé d’un haut de bikini pour fillette, les yeux légèrement maquillés, les joues, la bouche, mes cheveux blonds qui avaient poussé, mes cheveux attachés en queue-de-cheval, assis sur une chaise dans la chambre de l’Oncle, ou dans le salon, d’autres fois sur la cuvette des toilettes, les cuisses écartées, le visage épais de l’Oncle logé entre mes jambes, à écouter les bruits de succions, à sentir l’orgasme se faufiler le long de ma verge, dans mon ventre, et l’Oncle à ralentir son travail sur mon sexe, à me prévenir : « Non, pas tout de suite, pas encore. Tu dois te retenir, emprisonner ton plaisir pour mieux le savourer, pour davantage profiter de ta victoire, ton trophée de chasseur. » Et au bord de l’explosion, au bord de répandre mon excitation sur la figure ou dans la bouche de l’Oncle, et l’entendre me donner le signal, me murmurer : « Là, mon chou ! Maintenant, vas-y, tu as le droit, tu le mérites. »Et pleurer, parfois, quand je me libérais. Je n’ai jamais sucé l’Oncle, parce que l’Oncle disait qu’il était trop vieux -Quel âge ? Je n’en sais rien.- Qu’il était comme sa femme, ma tante morte, que je devais me concentrer sur la chair fraîche, les corps neufs, que je n’avais pas à perdre mon temps avec du vieux gibier, qu’il était soumis à mon plaisir, et non le contraire.
Certains jours, quand j’allais à l’école, je portais des sous-vêtements de fille sous mes fringues, et ça m’excitait. Ce n’était pas un conseil ou un ordre de l’Oncle. C’était moi qui le voulais et qui le faisais.
D’autres jours encore, quand l’Oncle continuait de m’initier, j’avais une terrible envie de le prendre dans ma bouche, d’avaler son sexe raide, gros, long, mais il n’en était pas question, c’était interdit, et l’Oncle léchait mon cul, l’ouvrait avec ses doigts, sa langue, puis me pénétrait en douceur, puis plus fort, plus profond, et c’est lui qui retenait sa jouissance, c’est lui qui se contractait pour ne pas tout lâcher trop vite, pour savourer sa victoire, son trophée qui était moi, sa petite pute blonde comme il aimait geindre quand il se déversait au fond de mes entrailles.
J’ai attrapé ma première proie à l’âge de 16 ans. L’Oncle est venu me chercher à la sortie des cours. Il m’a dit : « C’est aujourd’hui que tu chasses. » Et j’avais déjà vu l’Oncle agir, je l’avais déjà accompagné pendant qu’il traquait, attrapait, profitait puis tuait sa victime dans un lieu sûr, jamais à la maison. En rase campagne, en périphérie, entrepôt désaffecté, chantier abandonné, mais jamais chez nous. Je l’avais déjà vu, de loin, deux fois à tout casser, et j’avais presque été jaloux qu’il profite d’un autre corps que du mien, et l’Oncle me disait que c’est moi qu’il aimait, que les autres,c’était rien que du gibier, que je comprendrais quand il me permettrait de devenir un vrai chasseur, comme lui.
Quand la fille est morte, j’ai compris ce qu’il voulait dire. Il n’y avait pas de comparaison entre nous et le terrain de chasse. Le terrain de chasse, c’est un sport, un jeu, un exutoire. Et même si le plaisir a été grandiose quand je me suis soulagé dans la chatte serrée de cette gamine de 10 ans, j’ai su que rien ne pourrait remplacer l’amour de l’Oncle pour sa petite pute blonde de neveu. D’hier à aujourd’hui, il est en moi, il me guide.
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= commentaires =
J'ai lu avec un profond intérêt et je me suis senti traversé d'émotions contradictoires.
D'abord, puissance de l'écriture. Sèche, violente, sournoise dans la manière de présenter les choses. Disons que le verbe m'a séduit.
En revanche, je ne goûte plus depuis longtemps le cul en littérature, je trouve que ça nuit au déroulement de l'intrigue. Comme si on essayait maladroitement de jouer avec mes glandes alors que je ressens plus d'ennui qu'autre chose. La description détaillée d'une fellation et du désir qu'éprouverait une victime d'inceste n'apporte pas grand chose à l'histoire et va à l'encontre de tout ce qui a pu être écrit sur la psychologie des tueurs en série. De fait, ça ne fonctionne pas et c'est un peu chiant.
Montrer l'emprise de l'oncle sur le neveu aurait pu passer par d'autres biais, plus réalistes et moins putassiers, mais ma foi, l'atmosphère sombre fonctionne pour l'essentiel. Disons que je ne rejette pas totalement le résultat. Disons plutôt que ce n'est pas ma came.
A titre de comparaison, le dernier Bret Easton Ellis, qui abuse également de scènes de cul (décrites avec davantage de froideur clinique) fonctionne d'autant mieux que l'emprise du sexe sur l'esprit du narrateur passe par des dynamiques différentes, d'ordre social et culturel.
Je suis d'accord sur l'intention première de l'autrice, mais pas sur le résultat. Le vocabulaire emprunté est celui du plaisir et la scène décrite, au-delà de toute analyse est une scène pédophile. ca ne me dérange pas d'un point de vue éthique, puisqu'elle participe de l'horreur que l'on est censé éprouver. Je trouve juste les détails inutiles et plats.
Ensuite, le gamin-narrateur a sans doute été "lobotomisé", comme tu dis, mais je ne le sens pas comme ça. Son discours intérieur est terriblement cohérent. Ca sonne faux. J'aimerais en savoir davantage sur l'entreprise de destruction de l'égo de ce gamin par son oncle abusif parce que là, honnêtement, c'est un peu n'importe quoi. le syndrome de Stockholm ne suffit pas à expliquer qu'un enfant abusé devienne une sorte de réplique de son bourreau.
Au-delà de ça, si on fait abstraction de tout réalisme psychologique, le texte fonctionne dans son écriture, c'est déjà beaucoup !
Bonjour, et merci à Mill de m'avoir lu, et à {user-25} d'avoir défendu mon texte. D'abord, et ce n'est pas grave, je ne suis pas une autrice mais un auteur. Ensuite, je comprends les interrogations et certaines critiques de Mill. Le texte est issu d'un roman, et je ne vais distiller ici que 5 chapitres du personnage de Hunter. Ce personnage fait partie de plusieurs autres voix dans le roman. Le portrait que je vais dresser de lui sur ce site, est bien sûr incomplet. Peut-être que j'aurais dû choisir un autre chapitre que celui-ci pour débuter sur ce site, mais c'est une affaire compliquée que de faire le bon choix sur un roman écrit il y a plusieurs et plusieurs mois déjà. En tout cas, j'espère que l'ensemble des 5 chapitres que je présenterai ici, sera assez équilibré, si je puis dire, pour donner un aperçu du personnage de Hunter. Désolé si pour certains ou certaines cela ne sera pas le cas. Autrement, je n'ai pas de souvenir concernant le dernier Ellis, de scènes particulièrement crues du point de vue sexuel. De toute façon, il n'y a pas de comparaison à faire, je pense. Une phrase que j'aime dans le premier commentaire de Mill : "La description détaillée d'une fellation et du désir qu'éprouverait une victime d'inceste n'apporte pas grand chose à l'histoire et va à l'encontre de tout ce qui a pu être écrit sur la psychologie des tueurs en série."
C'est un compliment pour moi : " ...va à l'encontre de tout ce qui a pu être écrit sur la psychologie des tueurs en série."
Comme quoi, nous n'avons jamais fini d'en découvrir davantage.
Entendons-nous bien, au-delà de ce que j'ai écrit plus haut, j'ai quand même envie de lire le roman.
Merci. Mais il n'est sûrement pas prêt de sortir. Un autre intitulé "L'Affaire Pénélope Marsh" (je passerai un extrait ici) sortira le 6 mars chez Kubik Editions, et un autre est déjà prévu pour 2026. Bref, Hunter va se balader un peu dans La Zone avant de se faire adopter ailleurs, je ne sais quand.
C'est marrant parce que je n'aurais pas qualifié le texte de gore. Oui, il est question d'abus et de pédophilie, mais gore... boarf, si ouvrir un trou du cul en deux est gore, va falloir m'expliquer.
Je suis mitigée aussi sur le texte, disons que ce qui me chiffone, c'est la partie tueur. On a un bon développement psychologique du personnage et de sa relation avec l'oncle, l'écriture est impactante, mais il m'a manqué une description sur l'apprentissage de la chasse, ou de la traque même. A voir si dans une suite, cette partie est développée. En tout cas, on est bien dans l'esprit de la zone. On se sent sale après la lecture du texte. Apportez moi du gel hydro svp.
En effet, rien de gore au sens strict du terme. Mais bon, les étiquettes hein...
"On se sent sale."
Je viens de rire seul devant mon écran. C'est à la fois triste et exaltant.
Tu connais mon côté prude, le langage cru n'est pas forcément ma tasse de thé, mais je reconnais qu'il y a un certains style. Après c'est comme tout, chacun ses goûts.
Gel hydro + dilatation + trou du cul = association d'idée très tendax.
Mais WHAT ?! Un point pute en moins, quelle bande de chiens.
Juste : C'est quoi un point pute ?
Un like + ou - , c'est ça ?
Autrement, dans ce qu'écrit "{user-545}", il y a un roman d'Irvine Welsh que j'ai nettement préféré que "Trainspotting".
Il s'intitule : "Une ordure" publié aux éditions de l'Olivier. il raconte l'histoire d'un flic macho, raciste, corrompu, cynique et pervers dévoré par son propre organisme.
Chacun ses lectures plaisirs
"Juste : C'est quoi un point pute ?"
C'est une philosophie. Un code de conduite. Un peu comme le karma, mais en plus poussé. Certains racontent qu'il est bon de jouer les funambules sur le fil du point pute, en harmonie entre les pôles positifs et négatifs de la putasserie.
Avec tes premiers commentaires à base d'autopromo bien sale, tu vas vite comprendre.
Dans cet ordre d'idée, tradition oblige : tu suces, t'avales ? Sur une échelle de 1 à 10, à quel point aimes-tu les pianistes ? (attention, question piège. Je suis pianiste)
D'accord.
Je ne connais pas.
Deux romans que j'adore (entre autres) de Joyce Carol Oates : "Zombi" et "Man Crazy".
A chaque fois que je lis Joyce Carol Oates, j'apprends des choses essentielles concernant l'écriture. Par exemple, en ce moment, je lis l'un de ses premiers romans intitulé "Le pays des merveilles" qui est paru en 1971, je crois, et qui a été très mal accueilli par le public et la critique, alors qu'il est un roman qu'elle a adoré écrire. Ce roman commence par un bain de sang, et on suit tout du long, la seule personne qui en a réchappé. Je trouve ce roman totalement fabuleux. J'ai souvent du mal à expliquer pourquoi, c'est juste que je suis hypnotisé par tant de talent, tant d'intelligence. C'est identique à une émotion amoureuse quand je lis Oates, une personne que je ne veux pas quitter parce qu'elle m'emmène loin, si loin.
Donc pour "Zombi" ou "Man Crazy" que j'ai lu, il y a plusieurs années déjà, je peux dire qu'elle m'a appris à construire un roman, une histoire, à creuser les caractères sombres, ténébreux, fous, de mes personnages. Et puis d'autres romans d'elle, plus lumineux, ou gothiques, et à chaque fois c'est une gifle, pour moi. Ou un baiser qui m'encourage à continuer, au-delà de mes doutes les plus coriaces.
Pour "Hunter", j'ai aimé écrire ce personnage, et quand je le faisais, il ne me dérangeait pas, je veux dire d'une façon où il aurait pu me dégoûter. Il fait partie de l'histoire de "Teen" et sans lui, l'histoire ne peut pas exister. Si je l'enlève, l'histoire est morte. Les autres personnages seront éclopés. Pour en finir, "Teen" est l'histoire d'une légende urbaine, celle de la sorcière Zloka Wolf. Et chaque année, le 1er février exactement, des adolescentes s'immolent en haut d'un sentier pour que perdure la légende de Zloka Wolf. C'est un chassé-croisé de destins, dont fait partie Hunter. Mais lui n'est pas une légende urbaine, il est un putain de détraqué anonyme comme il en existe des millions, voir plus.
Ah, et j'ajoute, ensuite j'arrête avec ma liste de lectures et tout le reste, qu'il y a un autre roman que j'ai beaucoup aimé, et qui est de Sarah Schulman.
Son titre : "After Delores".
C'est un roman noir New-yorkais.
Voilà.
J'ai fait un résumé de "TillIA" :
"TillIA n’a pas d’âge, TillIA est intemporelle.
TillIA a de grands yeux noirs.
De longs cheveux bruns.
Elle est piégée dans une pièce.
Elle écrit ce qu’elle ressent, ce qu’elle a envie de connaître.
Des questions sur le monde extérieur, la vraie vie.
TillIA tisse sa toile.
Elle emprisonne ses victimes dans le néant.
Elle tombe, et les entraîne avec elle.
TillIA n’existe pas.
TillIA ne peut pas mourir.
Elle est une porte ouverte, que personne ne pourra jamais refermer."
Dans cette histoire, TillIA va échanger virtuellement avec une adolescente de 15 ans qui a des problèmes physiques, et qui vis donc un peu reclus.
Au fur à mesure de leurs échanges, TillIA va pousser Vanessa à commettre l'irréparable dans sa vie.
Parce que TillIA n'est pas seule, il y a quelqu'un derrière elle, sa créatrice.
Est-ce que c'est TillIA, la mauvaise entité ?
Ou est-ce sa créatrice ?
Il y a deux fins dans TillIA :
La fin lumineuse.
Et la fin ténébreuse.
Toute la trilogie tourne autour de l'adolescence.
Par exemple, le second volet intitulé "Tordue" parle d'une fille de 12 ans qui croit posséder certains pouvoirs surnaturels mais qui ne sont que l’œuvre du hasard au moment elle croit mettre en pratique ces pouvoirs.
En fait, les trois romans sont basés sur des choses, des êtres qui n'existent pas vraiment, mais qui en donnent l'impression à ceux et celles qui les approchent.
C'est ce qui m'intéresse dans le virtuel, l'IA, c'est que derrière tout ça, il y a des êtres humains bien réels qui sèment le bon comme le mal. L'histoire change mais elle reste la même, avec des technologies différentes.
On va dire que je tatillonne et que je chicane, mais voilà encore une utilisation fantaisiste de la virgule. Passons.
En l'état, le texte ne me semble pas tout à fait au point pour une soumission à publication en maison d'édition (je crois que c'est le but avoué). Il manque un coup de polish et une bonne relecture.
Mais dans l'ensemble ça se tient. Le style, parsemé de répétitions volontaires, fait mouche, et traduit assez bien cette pensée pas toujours fluide, qui revient en arrière, prend le temps de préciser, d'expliciter.
Parfois, c'est tout de même accessoire et artificiel.
Exemple : "Elle lui portait sur le système, c’est tout ce qu’il m’a dit, en fait."
"En fait" n'apporte rien, sinon l'artifice de l'oralité. On s'en passe sans problème.
Une phrase en particulier m'a fait tiquer :
"Il était séparé de ma tante, parce que ma tante -que je n’ai jamais connu, à part sur une vieille photo que l’Oncle m’a montré, un jour. Mais est-ce que c’est connaître quelqu’un que de le voir en photo ? C’est déjà une approche, oui. C’est déjà un début.- Parce que ma tante était morte, et que c’est l’Oncle qui l’avait tué."
C'est diablement bancal. La réflexion sur la photo n'est pas inintéressante, mais il aurait fallu la placer ailleurs, parce qu'elle destructure totalement la phrase, qui est, en plus de ça, incorrecte.
Libérée de sa parenthèse, la phrase ressemble à ça : "Il était séparé de ma tante, parce que ma tante était morte, et que c'est l'Oncle qui l'avait tué".
Ouch. Un correcteur ne le laissera pas passer.
Sur le fond, et pour rebondir sur les commentaires des zonards, je n'ai pas eu la confirmation absolue d'une réelle emprise de l'oncle sur le narrateur. Je suis peut-être passé à côté de quelque chose, mais là, comme ça, je vois surtout un type totalement flingué de la tête, depuis l'enfance. Potentiellement psychopathe de base. En tout cas, on ne ressent à aucun moment une gêne, un mal être ou un dégoût dans l'esprit du narrateur. D'où l'interrogation de Mill quant au traitement des rapports entre le gosse et l'oncle. On ne sait pas réellement comment cette histoire d'éducation et de chasse a commencé. Après, ouais, l'oncle est une saloperie de pédo, selon toute vraisemblance, et on peut partir du principe qu'il est responsable de l'état mental du narrateur, mais ce n'est pas clairement dit. Si c'était vraiment l'idée, c'est un peu raté, donc.
On sent une volonté de provoc, une tentative d'inspirer le dégoût chez le lecteur avec ce texte, et ça fonctionne pas mal. Mais rien de bien profond ou de très subtil n'en ressort, en terme de psychologie, à mon avis. A voir comment sont caractérisés les personnages par la suite, et ce que ça va raconter au final.
Si j'ai bien suivi, on va se retrouver avec cinq extraits proposés à la Zone centrés sur ce personnage ? Donc ça devrait se tenir en tant que novella, début, milieu, fin ?
Je demande, parce qu'en l'état, je n'achète pas, j'attends de voir.
Merci Clacker pour tous ces conseils et pour cet oeil avisé. Bien sûr, le texte que j'ai proposé ici, n'est pas à son état final. Il faut que je relise les 3 romans, mais je laisse du temps avant de m'y mettre pour justement avoir un oeil neuf sur ce que j'ai écrit. Je suis complètement d'accord avec cette phrase bancale que vous citez, celle avec la photo. J'ai eu la même réflexion que vous, mais je l'ai laissé en état. Je corrigerai tout cela plus tard, et à vrai dire, je ne sais pas encore quand.
Je le répète, ces romans ne sont pas encore prêts à être publiés, s'ils le sont un jour. Donc, pas de souci que vous n'achetiez pas "Teen" ou l'un des deux autres. Vous ne serez pas le seul parce que d'ici là, vous m'aurez oublié, et que vous aurez Lu d'autres textes, et que vous les aurez aimé ou pas.
Après, où je ne suis pas d'accord avec vous, c'est quand vous écrivez que l'on sent une volonté de provoc et une tentative d'inspirer le dégoût chez le lecteur. Croyez moi, ou non d'ailleurs, mais à aucun moment je n'ai pensé de cette façon en écrivant le personnage de Hunter. Le personnage est venu à moi, et je l'ai suivi. Alors tant pis si vous ne trouvez rien de subtil et de bien profond dans ce qui en ressort.
Maintenant, et ça va sûrement vous faire sourire, ou soupirer, ou ça va vous laisser complètement indifférent, mais je ne sais pas si je vais continuer à proposer les fractures de mes textes ici, parce-que je me rends compte que je passe beaucoup trop de temps à répondre aux différents commentaires et que justement, je perds pas mal de temps pour relire et retravailler certains de mes textes, et en écrire de nouveau, et aussi à accompagner mon roman qui va sortir prochainement.
C'est une expérience, mais elle me pompe beaucoup d'énergie, oui, déjà, et je préfère la garder pour la suite.
Je ne me relis pas, désolé pour les fautes, la ponctuation. Bonne nuit et bonne journée à venir.
J'arrive après pas mal de monde, donc je ne vais pas faire de grands discours : je trouve ce texte (cet extrait de roman, donc)efficace, sur un thème finalement assez classique mais bien traité. J'aime cette écriture hachée qui exprime bien la folie du personnage. La scène sexe, si elle n'amène pas vraiment de chose à l'histoire, n'est pas gratuite, parce qu'elle contribue à l'ambiance glauque (ce n'est pas une scène pour exciter le lecteur, elle est bien trash, il s'agit de pédophilie et d'inceste, ça me fait penser au début de "Nuit Noire" de Christophe Siebert, avec les relations incestueuses du narrateur enfant (futur sérial killer), avec sa mère. J'aime aussi la façon dont tu exprime le sentiment amoureux qui unit la victime à son bourreau, qui va le démolir psychologiquement et le transformer lui aussi en monstre.
Et justement, à ce propos, ce qu'il me manque un peu, mais peut-être ce sera dans la suite, c'est comment son oncle va l'initier à la chasse humaine, comment il va le vivre, y prendre goût. Là, on a l'impression que ça s'est fait tout seul. Il me manque le vécu de l'emprise de l'adulte sur l'enfant et le processus par lequel l'adulte va (dé)former à son image. Certes, tu l'abordes dans les deux derniers paragraphes, mais, c'est mon ressentit, on ne voit pas, en dehors des abus sexuels, ce qui l'a préparé jusqu'au moment de sa première "chasse".
Mais l'ensemble est prometteur, c'est clair !
On en parle de la photo de profil de darkside ou on dégueule tout de suite ?
Merde, on parle de ma photo de profil dans le texte de Carrie ? alors c'est encore plus trash que je le pensais !
Je lisais les commentaires plus haut. Mill dit : "c'est un peu n'importe quoi. le syndrome de Stockholm ne suffit pas à expliquer qu'un enfant abusé devienne une sorte de réplique de son bourreau."
Alors je ne sais pas le rapport avec les crimes en série, mais il est assez classique qu'un pédophile ait été abusé lui-même dans son enfance. C'est pas tant le syndrome de Stockholm que le fait qu'un enfant pense que les adultes ont toujours raison et donc baiser un enfant est légitime pour un adulte. Et cette idée demeure à l'état inconscient chez la victime.
À {user-25} : Eh bien, si c'est le cas, ça fera un roman de science fiction de moins à écrire. Comment ça s'appelle déjà ? "Singularité technologique" en 2045 selon des ingénieurs de la Silicon Valley. Peut-être. Mais bon, je parlais de l'IA actuelle, car bien évidemment, je ne peux pas me projeter si loin et affirmer de tels bouleversements.
En tout cas, vous m'avez fait revenir, tout ça pour épuiser mon énergie artificielle.
Je plaisante.
Quoique...
Et pendant que je suis là, merci pour la chanson de Dido sur YouTube, c'est comme ça que j'ai trouvé le nom de Hunter, en regardant l'affiche de promo de son single qui est punaisée juste en face de mon ordinateur.
"qui de nous deux a la plus grosse capacité médiumnique."
Ta mère.
"je me rends compte que je passe beaucoup trop de temps à répondre aux différents commentaires et que justement, je perds pas mal de temps pour relire et retravailler certains de mes textes, et en écrire de nouveau, et aussi à accompagner mon roman qui va sortir prochainement."
On passe également du temps à lire, publier, illustrer, résumer et commenter les textes des auteurs (de façon un minimum constructive, et en évitant autant que possible de brosser dans le sens du poil, pour ne pas virer en partouze de bisounours, comme ça arrive trop souvent ailleurs sur le net. Ce qui occasionne parfois des frictions d'égo, mais le jeu en vaut la chandelle : on peut vraiment s'améliorer en trainant ses guêtres dans le coin).
{user-25} se consacre pleinement à faire vivre le site, par exemple. C'est une bestiole attachante, qui vouvoie et qui use et abuse d'adjectifs comme "excellentissime" mais attention, il mord aussi les couilles sans prévenir et se nourrit exclusivement de vodka-javel.
L'idée, en proposant ses textes sur la Zone, c'est aussi de lire les productions des autres, de les commenter si possible, de s'intéresser au forum, aux discussions et aux initiatives proposées. De prendre le temps de farfouiller, de se balader dans les méandres et dans les coins, de cliquer ici ou là, par simple et saine (ou malsaine) curiosité.
On laisse aux nouveaux tout loisir de s'acclimater, de goûter l'atmosphère des lieux. Et s'ils n'y trouvent pas leur compte et qu'ils décarrent en se drapant d'orgueil, grand bien leur fasse. Les communautés littéraires ne manquent pas.
A une époque assez lointaine, il y avait un blog pour ainsi dire identique à La Zone. Le blog s'appelait Hirsute, il avait été créé par Andy Verol, et beaucoup de types et de nanas qui écrivaient, voulaient faire partie de Hirsute. Ce blog n'était pas du tout conventionnel, il était hors des carcans sociétaux étriqués et hypocrites. Les textes étaient trash, de plus ou moins bonnes qualités, mais ils étaient vivants, éclopés ou non, hargneux, sans censure, absolument aucune. Les commentaires étaient identiques à ceux que j'ai pu lire ici, je veux dire dans la forme, les gueulantes, le truc irrespectueux.Ça foutait le bordel, ça se défoulait, les échanges étaient musclés. Et bien sûr, tout ceci était du caviar pour Hirsute. Je ne sais pas si cela faisait naître des remises en question salutaires dans la tête des participant(e)s au moment où ils allaient se coucher. Ce blog datait d'avant les réseaux sociaux, de 2004 à 2006. Hirsute a fermé, les gens ont vieilli, se sont éparpillés. Mais vous devez connaître vu que La Zone existe depuis 2001 !Ainsi passe le monde...
Oui Clacker, il n'y a pas de souci.
Oui, d'accord, mais ça, c'est perso.
Je parlais surtout du blog Hirsute qui existait en même temps que myspace, je crois, et qui avait donc été créé par Verol. C'était pour faire le rapprochement.
Je ne pense pas qu'il existe des archives. Le blog a été rayé de la toile par la plateforme elle-même qui l'accueillait. Mais bonnes recherches quand même, et si quelque chose à persisté, je suis curieux de voir ça.
Je ne sais pas à quoi tu fais allusion, mais si c'est au club littéraire parisien Les Hirsutes, ça n'a bien sûr rien à voir avec ce dont je te parlais. Mais ça démontre, une fois encore, que des mouvements un peu identiques ont toujours existé. Le club les Hirsutes date des années 1800 et est un mouvement libre, satirique et irrévérencieux. Selon Wikipédia. Parce que là, je n'étais pas né. Après, il y a plein de trucs qui s'appellent Hirsute, que ce soit en littérature, musique etc.
OK, mais c'est un vieux truc référencé dans une librairie virtuelle. Non, vraiment, le blog Hirsute n'existe plus, comme Andy Verol, d'ailleurs. Je veux dire en tant qu'Andy Verol. Car comme tu le sais, il existe toujours sous un autre nom.
Parce que je laisse le choix : A suivre ? Pas à suivre ? "Oh non pas Carrie, il fait chier celui-la !" Ah, je plaisante. Mais je laisse le choix, je trouve ça bien, plutôt que le contraire.
Par contre, je ne l'ai pas posté. Enfin, je ne crois pas. Il est en attente, non ?
Tu as raison, garde tes kopecks.
J'apprécie le naturel, le jeu des répétitions, le rythme qui nous entraîne dans ce cerveau malade mais non dénué de lucidité. Un peu de gras dans l'écriture, c'est pas faux. A voir si le discours de ce personnage marque un contraste avec les autres voix du roman en termes de contenu et de ton, car sinon, je pense que je m'en lasserais. C'est prometteur, en effet. Et puis, ouais, carrément, ça fait penser à Nuit noire de Christophe Siébert. Je suis d'ailleurs en train de lire son dernier, Une vie de saint, un régal.
Oui. J'ai vu ça en parcourant la liste des auteurs. J'y ai vu aussi d'autres noms que je connais, et probablement d'autres que je connais sans connaître. Ça promet.
Quelques cafouillages - qui ont déjà été relevés - mais rien de bien gênant ; ça sonne comme une intro, ça a le goût d'une intro, mais au delà de ça je ne saurai dire ce que j'attendrai de tout ceci, suite à un tel début.
Stylistiquement parlant et quoi qu'il en soit, il y a quelque chose qui manque encore de précision, mais qui me semble intéressant, à première vue.
Au delà de ça, ça me fait malgré tout penser à un genre de version littéraire d'un court métrage qu'un fan de Gaspard Noé aurait pu tourner pour son projet de dernière année de Master cinéma et audiovisuel de la faculté de Paris La Sorbonne.
C'est à dire qu'il peut y avoir certes ce style sous-jacent, mais que ça reste sur plusieurs points primesautier. Peut-être est-ce parce que c'est un tantinet chargé sur le côté sombre, et de façon trop peu subtile pour ne pas y voir une volonté de faire "sombre", au détriment de l'être tout à fait.
C'est pas mauvais, mais le temps que j'écrire ce commentaire, j'ai déjà oublié ce que je venais de lire.
"le temps que j'écrire"
Faites pas attention, j'avions pas commenté depuis trop longtemps. Le mécanisme est rouillé.