Caverne
"Jamais un rayon frais n'éclaira vos cavernes ;
Par les fentes des murs des miasmes fiévreux
Filtrent en s'enflammant ainsi que des lanternes
Et pénètrent vos corps de leurs parfums affreux…"
C.B.
Je vous parle depuis la pierre, depuis le fond caillouteux,
Depuis le sable, un bruit de chaîne
Je ne sais pas depuis quand, un bruit de chaîne
Me réveille, je ne sais pas depuis quand.
Tout ce qui me reste est un peu de ce feu.
Je sens le jour qui monte en moi et la nuit en lambeaux.
*
Le feu, à mes mains vieillies de si peu de lumière,
Danse, ne demande rien, nourrit
La chaleur entre mes mains, je ne sais plus,
La douceur du jour.
*
Dans mes yeux dansent des braises.
Silhouette docile, je bois du regard
L’ombre projetée sur la roche du temps.
Cela me ferait mal aux yeux :
Le soleil creuse en moi sa plaie béante
Et pourquoi se soustraire à l’ombre généreuse ?
*
Ceci est le monde, il n’y a plus rien,
Les chaînes seules ont appris notre nom.
Elles sont la règle ancienne du corps,
Parfois, une gêne, à la nuque,
Cela passera. Tout passera, depuis la pierre,
Depuis le fond caillouteux,
Nous applaudissons l’ombre marionnette
Sur le mur je ne sais pas depuis quand,
Nos rêves anciens, je ne sais plus très bien.
*
Tout ce qui me reste est qu’il parlait beaucoup.
Un ailleurs sans paroi. Nous n’avons rien su
D’une douce lumière.
*
Je sais qu’il existe là-bas quelqu’un. S’il sort,
On en parle parfois, depuis, à voix basse.
*
Le feu, à ma mesure, reste à ma hauteur.
Sa flamme la plus haute lèche ma joue, il suffit
Que j’enlève, que je retire quelques buches,
Que je souffle moins. Il suffit. Ne demande rien.
*
Le feu ne me demande pas de changer de corps,
Ne juge pas, avance, laisse aux choses
Le droit d’être simples. Je crois que je ne perds rien.
*
Si la chaîne cédait, comme une simple erreur,
Si sa main touchait nos liens, frappe, frappe-le,
Qu’il laisse nos pas errer la Nuit,
Qu’il laisse nos ombres danser,
Entre nos mains, la douceur du jour.
Je vous parle depuis la pierre, depuis le fond caillouteux,
Depuis le sable, je ne veux voir que du feu.
Guillaume Dreidemie
Caverne,Ou comment faire parler le prisonnier,
Enchaîné,
Depuis le fond de son trou,
Celui qui NE VEUT PAS EN SORTIR, qui veut rester,
Dans l'ombre, celui qui refuse
Et veut continuer à contempler les ombres dansant sur le mur...
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Revisiter le mythe de la caverne de Platon en adoptant le point de vue d'un prisonnier qui refuse catégoriquement d'être libéré de ses chaînes, attaché à l'obscurité familière et à la danse des ombres, le narrateur rejetant violemment toute intrusion de la lumière solaire, perçue comme une agression douloureuse en induisant. une stagnation qui devient un refuge délibéré où le petit feu domestiqué suffit à combler une existence coupée de toute réalité extérieure, ça pourrait pas se résumer en "sortir de sa zone de confort" au lieu de nous pondre un poème sur le sujet ? De toute façon, tout le monde sait bien que quand Platon parlait du mythe de la caverne, c'était juste un moyen détourner de nous faire part de la souffrance que lui infligeaient ses hémorroïdes.
J'ai mis 10/10 à ce texte parce que j'entretiens avec lui une relation purement platonique avec son cul.
C'est l'un des premiers poèmes de merde qui parle d'autre chose que de son propre cul et rien que pour ça, coeur avec les mains.
Après, bon... Ça fait un peu philosophie de Terminale pour les nazes, exercice de poésie de première Littéraire (chai même pas si ça existe encore).
C'est pas trop long et tant mieux. Ça passe
Je cherchais une loc' au frais pour mes vacances d'été, mais je ne vais pas choisir la caverne. J'aurais trop peur de devoir converser avec un cafard. Surtout s'il se mettait à me répondre.
Je lis ce poème en me demandant ce qu'il reste quand tu n'as rien à perdre, et si c'est profond, ça me fout le bourdon.