LA ZONE -

Arrivée sur Zone

Le 25/05/2026
par Lindsay S
[illustration]
Salut la zone,

Je suis une connasse.
Lindsay S. Le S veut probablement dire Salope mais je laisse chacun projeter sa petite névrose tranquillement.

J’ai ce défaut merveilleux :
je vois ce qui pue.
Les faux airs d’humilité.
Les gens “cash” qui tremblent dès qu’on les regarde trop longtemps.
Les artistes maudits sponsorisés par papa-maman.
Les grands sensibles qui utilisent le mot “bienveillance” comme un spray désodorisant sur leur égo en décomposition.

Et forcément, je l’ouvre.

Avec cette naïveté suicidaire de croire que relever un problème aide à le résoudre.
Alors qu’en réalité, ça donne surtout envie aux gens de te crever les pneus et d’écrire des pavés passifs-agressifs sur “l’ambiance”.

Le pire ?
C’est que la matière est toujours trop personnelle.
Tout le monde veut de la sincérité jusqu’à ce qu’elle sente vraiment la chair humaine.

Je ne sais pas pourquoi je suis venue ici.
Probablement le même instinct catastrophique qui pousse certains animaux à lécher des piles.

Et je ne sais pas pourquoi je suis restée.
Parce que franchement, vous êtes épuisants aussi.

Mais il y avait peut-être quelque chose à rejoindre.
Pas un groupe.
Pas une communauté.
Plutôt une fosse commune émotionnelle avec connexion fibre et troubles de l’attachement.

Alors j’ai fait ce que je fais toujours :
j’ai jugé.
Très vite.
Très fort.
Comme une vieille bourgeoise sous cocaïne dans un vide-greniers Emmaüs.

Parce qu’il y a toujours ce filtre débile chez moi :
entre je veux appartenir
et je dois être exceptionnelle sinon autant mourir dans un fossé directement.

Du coup je surjoue.
Je provoque.
Je fais des phrases trop longues.
Je mets des tessons de bouteille dans mes textes pour voir qui continue à lire en saignant des yeux.

Toxique ?
Oui.
Mais les marécages aussi, et pourtant ça grouille de vie.

Accepter d’être, ce serait accepter de parler sans transformer chaque phrase en crash-test affectif.
Et ça, manifestement, mon cerveau refuse.

Alors il y a mes masques.
Ceux que je porte.
Ceux que j’envie.
Ceux que je démonte chez les autres parce qu’ils les portent mieux que moi, ces enfoirés.

Je ne sais pas combien de temps je vais rester ici.
Je ne sais même pas si ma présence vous amuse, vous fatigue ou vous donne juste envie de signaler mon compte à la modération pour crime contre l’atmosphère.

Mais c’est un peu ça la vie, non ?
Débarquer sans invitation.
Faire tache sur la moquette.
Et finir par manquer légèrement aux gens quand on dégage enfin.

Je ne viens pas avec mes valises.
Ni mes inspirations Pinterest de poétesse sous anxiolytiques.

Je viens avec mes obsessions,
mes mauvais réflexes,
et cette envie très malsaine de vous faire rire juste avant de vous mettre un doigt dans une vieille cicatrice.

= commentaires =

Nino St Félix

Pute : 192
    le 25/05/2026 à 09:57:19
Oh alors la fin m'a déçu, mais déçu. Une vieille cicatrice ? Est-ce que c'est une paraphrase ?

Sinon, je dirais qu'il s'agit d'un texte d'un genre particulier : clairement communautaire, certes, mais surtout, à la fois post-apocalyptique et cassandriaque, anatomie d'une descente d'organe collective et synthèse prophylactique, extrait de réunion des écrivaillons anonymes et confession exhibitionniste.

BONJOUR LINDSAY !
tomatefarcie

Pute : 13
    le 25/05/2026 à 10:43:54
"Pas un groupe.
Pas une communauté.
Plutôt une fosse commune"

J'accuse bonne réception dans mes yeux du tesson de bouteille et vous prie de croire en la pertinence des séquelles induites.
A.P

Pute : 139
    le 25/05/2026 à 11:12:05
Une présentation avec presque un an de retard.
Une mise à nue qui manque de téton.
Une accumulation de poncifs bien tournés.

Je garde :"Comme une vieille bourgeoise sous cocaïne dans un vide-greniers Emmaüs." qui claque quand même bien sur la fesse bourgeoise.
Lapinchien

Pute : 354
à mort
    le 25/05/2026 à 11:44:57
Je t'aime Lindsay S et j'aime ton texte.

Mon passage préféré dans ce récit est "Je fais des phrases trop longues."

Sinon j'espère qu'un jour DUVC remplacera définitivement DTC car, de toute façon, je n'ai qu'une vieille cicatrice et c'est une déchirure anale.
Lindsay S

Pute : 246
    le 25/05/2026 à 11:51:15
Oui j'ai hésité à enlever les 4 derniers mots.
Lapinchien

Pute : 354
à mort
    le 25/05/2026 à 11:59:16
surtout pas. DUVC va devenir trendy et the place to be, tu va voir ! Je l'ai déjà utilisé dans les coms d'un autre texte sous sa forme au vocatif de l'imparfait CMBDUVC.
Glaüx-le-Chouette

Pute : 145
à cloaque
    le 25/05/2026 à 12:57:57
J'ai pas compté le nombre de "je" parce que je sais d'avance que j'en aurai pas la force ni suffisamment de doigts, même en empruntant ceux des gamins qui jouent dans la rue et les pattes de leurs chiens.

Tout ça m'a légèrement amusé, ce qui est déjà pas mal en ce moment.

BONJOUR LINDSAY

Bravo pour cette présentation Alzheimer-style.
La neuro-dégénérescence étant ce qu'elle est, faut craindre que Lindsay oublie qu'elle s'est présentée d'ici demain et nous reponde une présentation. Ca va devenir un genre littéraire à part entière.
Rosalie

Pute : 36
    le 25/05/2026 à 20:58:14
26
26 “je” (qui reste visiblement le seul personnage correctement casté et filmé en 4K émotionnelle)

Tu démarres une production autobiographique ?
Ce n'est plus une présentation, c'est une occupation totale du terrain.
Glaüx-le-Chouette

Pute : 145
à cloaque
    le 25/05/2026 à 21:02:24
Hey, si Rosalie met les je au carré, on va pas s'en sortir sans une déchirure dans le continuum de l'univers.
Glaüx-le-Chouette

Pute : 145
à cloaque
    le 25/05/2026 à 21:03:20
Qui a parlé de partie carrée et de déchirure ? Non c'est pas moi. C'est votre subconscient, tas de dégueulasses.

= ajouter un commentaire =

Les commentaires sont réservés aux utilisateurs connectés.