Comment font tant d’hommes, pour esquiver tout ce qui nous hante ?
Que fuient-ils ?
Que fêtons-nous ?
Pour passer notre vie tellement à côté de nos pompes. Rarement le sens de la morale. Gauches dans nos bottes, au fond de nos chaussettes. Pas dans notre assiette pour autant, trop pleine de pain sur la planche. Sur un fil, au pied du mur, mais bien trop près pour s’apercevoir que l’on fonce droit dedans. Précipités par des premiers de cordées hâtifs d’en finir, aveuglés par leurs cauchemars chimériques. Myopes insensibles aux conséquences dont ils sont pourtant les causes.
Allons-nous continuer à traverser les obstacles comme si de rien n’était ? Vaporisés qu’on est devenus, pulvérisés par nos désirs tus, invisibilisés par nos rêves bridés, nos idéaux piétinés.
Comme si de rien n’était.
Nos corps à la dérive,
Et nos yeux rivés sur celui qu’on a élu pour réaliser tous nos vœux : le roi éléphant au milieu d’une pièce remplie de porcs, c’est laid… - théâtre affligeant de masques qui ne trompe plus grand monde.
Rien d’autre à espérer qu’un accident, que la chance d’un pas de côté vers un chemin de traverse.
Comme un samedi de temps à autre, lorsque nos esprits corrompus de sommeil se ravivent et se requinquent au creux des ténèbres d’après-midi.
Quand nos sourires craquent sous nos carapaces endormies, que les vieux nuages se parent de leur liseré doré et que les tambours réveillent les pavés, les pépés, et toutes les bonnes intentions.
Une lueur d’espoir s’invite au coin de nos babines, quand nous croyons au grand bug, à l’important couac. Au pouvoir de nous infiltrer dans les interstices du magma, dans les failles d’un système si défaillant.
**Alors quoi, allons-nous franchir la paroi, comme si des fentes pouvaient s’y ouvrir ? Ce serait sans compter tous les cons que nous sommes et que nous sommons d’agir, qui feintent de savoir échapper au marasme… sans rien pouvoir y faire.
Comme si des fentes pouvaient s’y ouvrir.**
Défense de s’en sortir.
Trop bercés par les récits surannés de nos gloires passées,
Nous replongeons face au vertige des actualités.
Planant au-dessus des abîmes,
Mais tombant dans le panneau
Dans les limbes des nouvelles en ribambelles.
Triste spectacle à s’en fendre la poire en deux.
Sans mesurer ou même rien qu’apercevoir
Combien on pourrait songer d’en avoir marre
De voir l’histoire incapable même de bégayer un peu :
Quintessence esquintée de toutes nos aspirations,
Elle s’étouffe plutôt dans nos quintes de toux.
Genou à terre,
Crise d’asthme dans notre irrespirable atmosphère.
Apparente grande bouffée d’air, irréelle respiration.
****Illusions spectrales d’un grand soir, alors que tous les jours on traîne un peu plus nos chaînes bien scellées.
Paumés dans ces fictions qui nous entourent, et verrouillent nos imaginaires galopants.
Miroirs à peine déformants qui nous tournent autour, veillant sur nos chargeurs d’iPhone comme sur nos charognes.
Et nous, épouvantés par nos propres reflets,
Plus rien dans les entrailles,
Âmes fades sans arôme,
Tôt ou tard devenus hommes fantômes.
Imperméables à nous-mêmes,
Errant dans les vestiges d’un monde fantasmé,
Mais toutefois tout étriqué, entre femmes fond-de-teint et femmes fontaines.
Et nous, dégoutants squelettes drapés dans les bas fonds de nos étroites pensées bas de plafond.
Idées que l’on n’exprime même plus à voix basse, mais dans le glaçant silence moutonnier des agents discussionnels, sombres artifices d’une intelligence émotionnelle dont la définition se perd dans les couloirs de nos chaleureux datacenter.
Fantoche qu’on est, on fait diversion.
Ergotant encore dans les vestiaires d’un match sans arbitre,
Où la liberté de tricher de certains en empêche tant d’autres de s’enfuir.
Un château de cartes peuplé de nos futurs déjà morts,
édifice diaphane s’écroulant au moindre coup de vent, au moindre incendie.
édifiante bâtisse croulant sous les ombres de nos remords,
Drôle de carcasse que les hommes feignent de maintenir en place
Au lieu d’oser prendre soin de ses fondations, ces feignasses.
Alors comment se rhabiller un peu et réchauffer nos fors intérieurs,
Nos chairs lissées par les tempêtes qui nous rongent de là-dedans ?
Nus comme des vers, terrés dans nos peurs ahuries.
Et si revêtir un peu de peau était le plus sage ?
En s’enveloppant dans de chers messages.
Pour mieux accepter
Tous ces zombies qu’on hait,
Qui peuplent l’obscurité de nos nuits
Et de nos journées crépusculaires.
écœurants bourreaux de toutes nos tentatives jusqu’à nos erreurs,
Qui donnent envie de rallumer la lumière
Au fond de nos crânes, dans la fleur de notre cœur.
Pour les faire disparaître
En y voyant plus clair.
En regardant plus profondément
Dans le blanc des yeux de cette magie noire
Qui fait pulser notre sang d’encre au point d’écrire quelques ramassis de confettis.
Pour leur faire la fête
Comme une petite poésie.
Pouet pouetAvez-vous déjà vu un fantôme qui a la diarrhée ?
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