LA ZONE -
Résumé : Un poème de merde qui concerne et attaque les cons n'en reste pas moins un poème de merde. Calembours, mauvais foi, tout y passe. On dirait du vieux Brassens mal embouché, on s'imagine déjà Mill chevrotant cette daube sur sa guitare sèche, là au moins ça pourrait être drôle. Assomant.

Y a des cons

Le 12/03/2007
par Mill
[illustration] Ils te matent d'un sale œil.
Ils t'voient déjà dans un cercueil.
Quand tu causes, ils se ferment,
Quand tu la fermes, ils s'opposent.
Et quand tes yeux se reposent,
Ils t'en veulent et ils explosent:
Pourquoi qu'tu pionces, eh, malapris?
Ecoute-moi bien quand je te dis:
T'es qu'une merde et t'es qu'une loque,
Et pis t'as rien dans ton froc,
Tu mérites le caniveau,
T'es qu'une cloche et un barjo.
Je te hais parce que t'es toi,
Je te hais parce que t'es pas moi.
On m'a dit ça plus d'une fois.
Car y a des cons, y a des cons
Qui sont contents d'être cons,
Consciencieux dans leur connerie
Concomitante et convertie,
Condescendants, et, c'est tout vu,
Un jour, j'espère, cons descendus.

Y en a qui savent pas qu'ils sont cons,
Mais qui s'complaisent dans leur connerie.
C'est comme une institution
Dont leur vie f'rait l'apologie.
Ils se gavent de télévision,
Abrutissante et demeurée,
Parce que si la télé rend con,
Faut être con pour la regarder.
Inoffensifs et inodores,
Plus creux, tu meurs, bonjour le trou
Dans le cerveau qui, du dehors,
Ressemble à celui d'un cachou.
Et ils vont voter comme des cons
Pour des pauv' cons encore plus cons.

J'ai d'jà vu ça plus d'une fois,
Car y a des cons, y a des cons,
De bons cons et des braves cons
Qui contaminent de leur connerie
Les cons les plus indécis,
Compressés ou cons pressants,
Ordinaires et consentants.

Y a ceux qui refusent leur connerie
A tel point qu'ça les rend cons,
Contradictoires mais compromis,
Et ça rêve de révolution!
Ils s'encanaillent chez LO,
Au PS, pour les plus atteints,
Mais conspuent les cheminots
Lorsqu'ils font grêve et stoppent les trains.
Ils changent le monde tous les soirs
Devant un joint ou un cigare,
Puis massacrent leur gonzesse
Parce qu'elle a tortillé des fesses.
Et ils critiquent les vieux cons
Dont ils sont la contrefaçon.

De ceux-là, j'en ai vu des tas,
Car y a des cons, y a des cons
Qui se targuent de n'être pas cons,
Mais qui répandent leur connerie
Comme une sale épidémie.
Ils s'en repaissent et baignent dedans,
Contrariés et contrariants.

Et y a ceux qu'on prend pour des cons
Parce qu'ils déconnent en s'bidonnant,
Remuent les conversations,
Brisent les consignes et les serments.
Ils contreviennent et contre-attaquent.
Ils ont le chic pour clouer l'bec
Et répondent du tac-au-tac
Lorsqu'un con les traite de sale mec.
Ils savent aimer sans compassion,
Ils savent haïr sans passion,
Ils savent vivre sans humilier
Leur pauv'con d'voisin d'palier.
Et pour tout l'monde, c'est eux les cons,
M'étonne plus qu'j'fasse une dépression.

J'en ai connu des comme moi.
Mais y a des cons, y a des cons.
J'me dis parfois, on est cerné pour de bon.
Y a des cons, y a des cons.
Et ils gagnent toujours, ils sont trop, nom de nom!
Y a des cons, y a des cons.
Et le pire, c'est qu'ils s'reproduisent par millions.
Y a des cons, y a des cons.
Plus tu leur dis, plus ils deviennent cons.

= commentaires =

Glaüx-le-Chouette


    le 12/03/2007 à 22:14:15
Eh ben ma foi c'est drôlement original, tout ça.

C'est post-scout.

Presque du Renaud.

Aux chiottes, avec une balle dans la nuque.
nihil


    le 12/03/2007 à 22:15:34
Je rajoute une balle dans le cadavre.
Dourak Smerdiakov


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    le 12/03/2007 à 22:54:39
C'est clairement construit pour être chanté, et c'est vrai qu'on dirait du mauvais Brassens, mauvais surtout par la lourdeur des jeux de mots et le ton "donneur de leçon". Je suis partagé parce que j'aime que ce soit construit, je note avec délectation que chaque couplet fait quatorze vers, c'est presque un sonnet à chaque fois, mais un sonnet qui aurait la résonnance d'une batterie de cuisine balancée dans la cage d'escalier sur le palier de mamie ginette.

On ne sait pas trop si ça se veut sérieux dans sa dénonciation de la connerie, à demi seulement, ou si c'est de l'auto-dérision tellement subtile qu'elle nous échappe. Là, ça tombe à plat. Ceci dit, je me suis pris le même bide avec mon rondeau d'Héraklès Navet qui se voulait satyrique et que presque tout le monde semblait lire au premier degré.

En un mot, c'est lourd.
Glaüx-le-Chouette


    le 12/03/2007 à 22:59:14
[l'Abbé Pierre est attendu au rayon Grosses Répliques En Trois Lettres Qui Tâchent La Nappe, là tout de suite]
Asa     le 12/03/2007 à 23:31:03
Le premier § j'ai bien aimé. Mais bon c'est long et puis avec les mots-clés genre "télé", "PS", "dépression" on s'attend à voir écrit "la guerre c'est pas bien, sales cons de soldats". En fait même les "et" sont lourdingues dans ce texte.
Sinon niveau chant ça m'évoque plutôt du death grind progressif à 15 ans dans la remise de papa.
Glaüx-le-Chouette


    le 12/03/2007 à 23:37:58
Asa, je sais pas qui t'es mais je t'aime bien.
T'avales ?
nihil


    le 12/03/2007 à 23:42:18
Au cas où tu l'aurais pas reconnu pour de vrai, je peux te garantir que non, tu l'aimes pas bien.
Asa     le 12/03/2007 à 23:52:24
C'est un fait... mais en même temps c'est dur d'aimer un gars qui vient poser une belle merde et qui revient après de temps en temps pour ouvrir sa gueule. J'y arrive juste pas. J'ai... j'ai peur.
Glaüx-le-Chouette


    le 12/03/2007 à 23:59:40
Aaaaaaah 400asa !
Ah ouais en effet, je t'aime pas. Va chier en paix avec les Elus.
Mill


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    le 13/03/2007 à 10:07:33
Coucou. Juste une chanson sans prétention. Pour la musique, faudrait chercher du côté de Paco Ibanez (sans la tilde, c'est moche). La seule critique que je n'accepte pas n'est pas dans les commentaires mais dans la présentation du texte : "mauvaise foi". Que le texte soit lourd, c'est indiscutable, mais il n'y a là aucune mauvaise foi.
Autchoz : Asa, sweetheart, tu écris "on s'attend à voir écrit la guerre c'est pas bien, sales cons de soldats". Oui, mais c'est pas écrit. La chanson te plaît pas, soit, mais ne m'attribue pas des vers de ton invention.
Asa     le 13/03/2007 à 14:03:42
C'est ce que ça m'a évoqué, Albert. Désolé d'avoir bafoué tes principes.
Alberto Mill     le 13/03/2007 à 16:07:15
Les seuls principes que tu évoques ici sont les teins, ma douce.
Glaüx-le-Chouette


    le 13/03/2007 à 17:59:12
On dit les seins, pas les teins, mais ça demeure sacré, c'est vrai.
Carc


    le 13/03/2007 à 20:32:58
serait-ce un effort d'autocritique çinglante?

Ben moi je trouve que c'est raté. C'est du Brassens sans génie, en effet. Par contre, t'écris mieux en vers que moi, c'est indéniable.
Astarté


    le 13/03/2007 à 21:02:13
Comment peut-on évoquer Brassens là ?, comment peut-on dire du "mauvais" brassens ? Le titre de la bouze plate et creuse ci-dessus?
Brassens lui a écrit "le roi des cons" et son pamphlet voulait dire quelque chose (en très peu de mots d'ailleurs mais si bien choisis).


"Que la couronne d'Angleterre
Que la couronne d'Angleterre
Ce soir roule par terre
Ce soir roule par terre

Il y a peu de chances qu'on
Détrône le Roi des cons.

Que ça c'est vu dans le passé
Que ça c'est vu dans le passé
Marianne soit renversée
Marianne soit renversée

Il y a peu de chances qu'on
Détrône le Roi des cons."

Juste une chanson sans prétention, pour la musique faudrait chercher du côté de chez Brassens.

Y'a pas à chier je préfère le vieux Brassens surtout mal embouché, putain con.
Rouage


    le 13/03/2007 à 21:04:45
Ouais Mill c'est le fils caché de Brassens et de Didier Super.
nihil


    le 13/03/2007 à 21:31:13
Brassens c'est de la chiotte, je préfère encore Maurice Chevalier.
Saoc


    le 14/03/2007 à 00:52:30
J'aime bien la structure, elle permet au moins de suivre jusqu'au bout sinon les vers sont assez creux c'est vrai. Cependant je m'avencerais pas trop sur la critique j'ai beaucoup de mal à faire des vers engagé ou refléchie. Y'as déjà une idée qui se suis je trouve sa pas mal.
Asa     le 14/03/2007 à 07:40:48
"Ouais Mill c'est le fils caché de Brassens et de Didier Super."


Mill est donc un résidu d'étron fécondé, c'est bien ce qui me semblait.
Carc


    le 14/03/2007 à 10:01:35
justement, voilà pourquoi du mauvais Brassens : quelque chose qui se veut Brassens, mais qui ressemble plus à une version light de Yannick Noah
Glaüx-le-Chouette


    le 14/03/2007 à 12:11:10
"Y'as déjà une idée qui se suis je trouve sa pas mal."


Illustration flagrante et terrible de la déchéance intellectuelle généralisée, et du déclin finissant de la littérature qui va avec, je vous laisse, je vais me pendre, c'est invivable.
Winteria


    le 14/03/2007 à 14:36:39
Ça m'a surtout évoqué "les bobos" de Renaud. C'est pas un compliment.
Mill


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    le 15/03/2007 à 12:45:08
C'est ptêt pas un compliment mais mon texte est antérieur à celui de Renaud. Par ailleurs, "Les Bobos" n'est pas très bon, c'est sûr, mais putain, dans l'album, y a encore pire ! Pauv de lui, my lord.

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