En hiver.. au village..
On l'a retrouvé chez lui.. après plusieurs jours.. recroquevillé en position foetale.. étouffé dans son vomi.. ses copains se sont tirés sans demander leur reste quand Michel a fait son malaise.. la came qu'il venait de s'envoyer était trop pure.. trop forte.. mais personne ne voulait être mêlé à cette affaire.. alors tout le monde a filé tandis que Michel suffoquait.. les lèvres bleues..
La descente avait été progressive.. par palier.. avant le grand saut.. Michel n'avait pas toujours été ce junkie échoué au bord de la soixantaine.. il avait aimé une femme qui avait fini par le quitter après bien des épreuves.. c'était devenu trop difficile de vivre avec un toxicomane.. mais avant ça ils avaient parcouru le monde.. des années plus tôt.. ensemble ils avaient découvert les pays lointains de l'extrême orient.. gorgé de couleurs.. de soleil.. et d'aventures..
Un jour des pirates ont arraisonné le petit ferry sur lequel le couple voyageait.. dans la mer de Célèbes.. au large de Mindanao.. tout s'est passé très vite.. chaque passager a dû donner quelque chose.. argent.. bijoux.. montres.. puis le chef pirate a voulu enlever la femme de Michel.. mais ce dernier ne s'est pas démonté.. il s'est lancé dans des négociations serrées.. aidé par le capitaine du ferry qui servait d'interprète.. les palabres ont duré un moment.. c'est ainsi que Michel a pu « racheter » sa femme.. en héros de l'ombre.. alors que d'autres auraient simplement lâché le morceau.. trop intimidés par les armes des pirates.. et leurs visages farouches..
Une autre fois Michel s'est retrouvé dans un bar de motards au fin fond du Sud français.. là encore il était avec sa femme.. debout au comptoir.. il y avait du monde car c'était le seul rade à la ronde.. soudain un soulard est entré là-dedans sur sa moto.. il a bloqué la roue avant contre un mur puis a ouvert les gaz.. ça sentait l'essence et la gomme brûlée.. alors un complice s'est mis à pisser sur le pneu arrière qui patinait.. sans doute pour le faire refroidir..
Michel regardait la scène quand un lourd biker barbu et sale s'est planté devant sa femme.. en posant la main sur elle il a dit : « Avec un châssis comme le tiens tu devrais pas traîner avec un minable ».. ce furent ses derniers mots.. Michel a vu rouge.. un peu comme dans "King Créole" de Michael Curtiz.. quand le King casse deux culs de bouteilles pour protéger la fille.. dans un bouge de Nouvelle Orléans.. c'est ce qu'à fait Michel.. sauf que c'était pas du cinéma.. le biker s'est retrouvé avec un tesson de verre planté en plein visage.. aveuglé par le sang.. il n'a pas eu le temps de comprendre.. quelques secondes plus tard un tabouret est venu s'écraser sur son dos.. le biker est tombé à genoux.. personne n'est venu le défendre.. alors Michel l'a fini à coups de bottes jusqu'à le faire vomir.. surtout de la bière..
LA ZONE -
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c'est l'histoire d'un héros de l'ombre..
= commentaires =
Déjà pourquoi R.I.P et pas R.. I.. P.. ? Après j'ai bien aimé l'histoire. J'imagine que tu ne voudras pas dire si c'est une histoire vraie ou de la fiction comme la fois dernière mais en tous cas si DISNEY arrive a te convaincre de lâcher l'affaire sur ta posture de principe et que tu leur vends les droit d'adaptation ciné à l'internationale, je suggère Pierre Richard dans le rôle de Michel, tant qu'il est encore vivant et qu'on peut apprécier son fabuleux jeu d'acteur, même s'il est évidement un peu trop âgé. Ce serait un rôle à contre-emploi, un peu comme celui de Coluche dans "Ciao Pantin". Si on se dépêche, il pourra même être oscarisé avant de finir au funérarium. La consécration de toute une brillante carrière. Sinon je commence à m'habituer à ta SMS littérature et je me demandais si tu envoyais vraiment tes écris par SMS à des gens et si comme dans ton intrigue, ils finissaient par te payer une rançon à un moment.
J'aime bien.
Le personnage est nuancé et ça me fait toujours plaisir la nuance. L'absence de perfection rend Michel vrai et vivant (enfin plus tant que ça finalement).
Mettre en avant les bonnes choses qu'il a accomplies et dont il ne s'est jamais vanté sonne comme une épitaphe rédigée par ses anciens bons copains ou par son ex-femme.
Il manque un petit quelque chose pour être tout à fait bon. Il y a trop peu de matière.
Donne m'en plus ! J'ai du fric, il me faut ma dose !
Et merde..
J'ai fait un montage dans l'illustration entre Indiana Jones et ce qui semble être le record du monde du nombre de cadavres de bouteilles de bières pour que ça colle bien aux propos.
Ouaip, y'a du "caractères" là dedans, ça pourrait faire une sorte de panorama des destins de la "France périphérique". Je ne suis pas trop sûr du terme "nuance" (le type plante quand même un tesson dans la gueule du motard) mais je pense que je vois ce que tu veux dire A.P. Disons qu'il n'est pas manichéen / stéréotypé. Pas super d'accord avec le texte de présentation : ça se suffit comme ça, en tant que "vignette", le lecteur se démerde ensuite pour imaginer le reste, ou pas. Michel, ce mélange de Belmondo et de Dewaere, c'est notre copain, celui qui nous défendait pendant les bals du village, et puis qui hélas, s'est un peu laisser happer par sa générosité...
Ou pas du tout, c'est un ancien usurier repenti... Ou un cave qui se rebiffe...
On en sait rien et c'est trés bien comme ça.
super les aventures de Michel!
ça ne me surprendrait pas que le Michel en question dans l'intrigue soit Houellebecq. Tout m'a l'air de coller au personnage. En particulier la déchéance.
Bon sang. J'ai mis la chanson "l'Aventurier" d'Indochine pour illustrer musicalement le trailer de ce texte et la vidéo sur Youtube a été bloquée en Rusie. Généralement, quand nos Shorts Youtube sont bloqués en Russie c'est parce qu'elles ou leurs interprètes sont hautement politiques ou controversées mais là pour Indochine, je ne comprends pas. à moins que j'ai loupé un truc dans les déclarations ou les chansons de ce groupe.
Il m'a semblé que le texte commençait, mais s'arrêtait avant d'avoir fait son ouvrage. Ca pourrait ressembler à du Hunter S. Thompson en beaucoup plus calme (ce qui n'est pas une critique), ou à du reportage réaliste en plus lyrique (ce qui est plutôt une critique), mais en tous les cas, après trois tableaux rapides, ça s’interrompt. C'est dommage.
Il m'a semblé aussi que le réalisme pouvait, devait, aller plus loin. Le mélange par exemple entre l'overdose et l'emploi du terme de "descente" qui est manifestement lié à une chute existentielle, m'a gêné ; on ne meurt pas d'une redescente, on meurt parce que le cœur perd pied, en pleine montée, l'inverse est rare. Ce n'est pas un problème en soi, c'est juste que la proximité entre les deux emplois crée un flou que j'ai cru trouver aussi ailleurs dans le texte : ça va vite, ça ne prend pas le temps de développer, ça sort en courant avant de nous avoir démonté la gueule.
Y aurait vraiment de quoi faire un texte qui me plaise, même à moi.
Par contre je suggère vraiment à l'auteur de relire son texte en remplaçant les deux points systématiques par des ponctuations normales, et de constater quelque chose de très simple : ces deux points cachent les manques. Mais je ne crois pas que l'auteur, que je ne connais pas, soit incapable de les combler. Par contre j'ai bien peur que tant que le texte se cachera derrière ces deux points systématiques, il ne les verra ni ne les comblera.
TAVU J4AI PAS 2T2 M2CHANT L0
J'espère que j'aurai un sucre.
RIP. Même dans la mort, Michel a droit à la paix, parce qu’évidemment, il a toujours été trop héroïque pour que la vie ou la mort lui fassent vraiment de mal. Ce texte raconte sa chute, mais ne s’avise jamais de le salir un instant. Michel est violent, junkie, excessif, mais toujours du bon côté de la caméra morale, même quand il fracasse un visage — et bien sûr, c’est mérité, toujours mérité. Sa toxicomanie ? Oh, juste un accident de parcours, évidemment, jamais sa faute. Les épisodes “héroïques” sont là pour nous rappeler qu’il méritait mieux que sa fin, merci pour l’éclairage. Sa mort est sale, vomie comprise, mais elle ne dérange personne, tout est propre et civilisé, même là. Le texte encadre, explique et illustre, comme un manuel pour lecteur incapable de réfléchir. La noirceur est appliquée avec prudence académique, sans risque ni doute. On sait dès le départ exactement quoi penser, et ça, c’est le summum de la narration rassurante. Bref, RIP : même en mourant dans son vomi, Michel a droit à la paix, parce qu’un héros ne peut pas vraiment souffrir, pas vrai ?
KORBUA, ça m'intrigue aussi de savoir si t'es sur Instagram parce que dans cet espace sans foi ni loi, ta littérature SMS, tes textes courts et les deux petits points apparaîtraient comme une signature et un moyen de te démarquer graphiquement. Par exemple en les copiant et en les mettant en page graphiquement comme si tes textes étaient des SMS puis en publiant les images. Je ne pense pas que ce soit une bonne chose mais des auteurs qui cherchent à se démarquer avec une approche conceptuelle du même genre y pullulent et le pire c'est qu'ils ont des tas de followers.
merci pour vos retours avisés.. éclairant.. yep.. c vrai Lapinchien.. et les autres.. j'ai détruit ma production.. puis j'ai écrit durant des années ds ce format téléphone.. parce qu'au delà c trop épuisant.. et j'ai envoyé tous ces textes à une seule personne.. ma seule "fan".. une jeune fille enfermée dans un château.. qui a bu mes mots.. en m'incitant à écrire toujours plus.. ce que j'ai fait.. le plus souvent la nuit.. j'ai envoyé des fragments.. pendant tout ce temps.. c pourquoi je ne peux plus écrire autrement.. même si je le voulais.. c trop tard.. sinon ok avec vos remarques.. ce texte comporte des imperfections.. les 2 suivants devraient être mieux boulonnés.. et pour l'évocation de ce vieux Hunter S.T. t'as vu juste la Chouette.. mais c pas une posture ni une imitation.. c juste la narratio du quotidien des gens ordinaires.. sans importance.. et yesss Lindsay.. les héros ont la peau dur.. même quand ils penchent..
°dure
yep.. Lapinchien.. sorry.. mais je sais même pas de quoi tu parles.. j'ai jamais mis les pieds sur Insta ni ailleurs.. je ne vis pas ds ce monde là.. et j'ignore tout ce qui s'y passe.. car j'ai pas le temps de m'occuper de ça.. je trouve déjà à peine le temps d'écrire.. et j'ai aussi besoin de lire.. en plus de tout le reste.. mais tu m'en parleras si tu veux..
Tu as bien raison de te concentrer sur l'écriture et ne pas t'occuper d'Instagram si tu n'as pas le temps. Je commence à douter des gens qui likent sur Instagram. J'ai l'impression qu'ils ne regardent même plus les contenus et qu'ils cliquent de manière compulsive pour la majorité d'entre eux dans une perspective de like en retour et qu'un gros délire collectif d'optimisation de la récompense de dopamine est en place. Mais Dourak Smerdiakov m'avait dit qu'il y avait beaucoup de monde qui venait d'Instagram sur la Zone même si je ne sais pas ce que beaucoup veut dire.
Alors comme ça, tu réservais tes textes à Liliane Bettencourt ?
Je repasse en mode critique parce que je tiens pas plus d'un seul message en mode diplomatique.
Je ne crois pas une seule seconde à ton histoire d'artiste maudit ayant détruit son grand œuvre et ayant été sauvé par une princesse en son donjon à qui il aurait envoyé des pigeons voyageurs avec une lettre d'un poème par patte et par jour, ça sonne comme du Polnareff en fin de soirée. C'est sûrement fondé sur ton expérience réelle, mais c'est tellement fictionnel et tellement dégoulinant de fiction que je n'accroche à aucun moment à ta posture et à ton personnage. Ceux de tes textes sont bien plus crédibles.
La fatigue selon moi n'entre pas en ligne de compte. Sur n'importe quel traitement de texte, tu as la fonction "remplacer", et tu pourras remplacer tes doubles points par des points. D'un clic. Puis te relire. Et constater. Sans fatigue.
Ce qui fatigue, c'est (pour en revenir à mon tout premier commentaire, sur le texte précédent) trouver ses procédés, trouver sa structure, modifier, réagencer, reformuler, remettre sur le métier ; ça oui, ça épuise. La ponctuation normale ne fatigue pas ; le travail d'écriture qui s'appelle inventivité, oui.
Et moi c'est ça que j'attends d'un texte. Qu'il rénove au moins un peu les habitudes. Pas qu'il s'auto-parodie sans fin, ou qu'il parodie sans nouveauté des textes déjà écrits ailleurs.
Mais c'est là que je te trouve incohérent dans ton attitude.
- Si tu as la flemme d'écrire des textes qui tiennent la route, pourquoi pas ; personne n'interdit la flemme, j'ai moi-même été champion d'Europe 1994 de flemme acrobatique. Mais dans ce cas, pourquoi t'engager personnellement aussi fort dans les commentaires ? Si tu sais que tu fais de la semi-molle, pourquoi t'élever tout à coup, hurler et sauter à la tête quand les gens trouvent effectivement tes textes médiocres (et suggèrent des trucs pour qu'ils deviennent tels qu'en eux-même, tels qu'ils devraient être) ?
- Si tu accordes en fait beaucoup de prix à tes textes - ce que je crois et ce n'est pas une attaque, ni une critique - alors pourquoi leur refuser le travail auquel ils ont droit ?
Là, par exemple :
- si c'est un texte de flemme, alors ok, je lâche l'affaire, c'était moyennement divertissant mais c'est toujours ça, passons à autre chose. Mais dans ce cas je ne comprends pas bien le lyrisme que tu emploies quand tu parles de ton écriture.
- mais si c'est un texte auquel tu accordes un prix, comme quand tu parles (et ça m'intéresserait) de narration d'un quotidien sans intérêt, comme quand tu présentes (et ça m'intéresserait beaucoup) des personnages immoraux ou moralement dégradés mais que le texte construit en héros (ce qui requestionne soit le texte, soit le personnage, soit le système de valeurs dans lequel nous pensons, et voilà qui m'intéresserait très très fort tout à coup), si, donc, tu mets et peux mettre tant dans ce texte, alors POURQUOI NE L42CRIS6TU PAS BORDEL DE FOUTRE ,
Autrement dit encore :
- tes textes pourraient m'intéresser, s'ils étaient écrits vraiment ;
- le personnage public que tu te crées est la moins bonne de tes inspirations et cache ce que tes textes pourraient montrer d'eux-mêmes, comme qualités ; les deux points viennent de ce personnage, et n'ont jamais en fait appartenu à tes textes.
On retiendra que j'ai fait des tas de compliments sur tes textes, avant de sauter à la gueule du monde entier.
Putain, ça m'épuise, la diplomatie, je me sens tellement vieux quand je fais ça.
-
Et en plus je suis un gros connard parce que vérification faite, dans tes commentaires tu restes toujours très calme.
J'ai dû confondre.
Et voilà, je le sais que la diplomatie c'est pas fait pour moi, je me mélange tout.
Pour, donc, reformuler encore autrement, et après j'arrête : ce qui me semble incohérent, c'est que d'un côté tu postes des textes manifestement co-écrits par ta flemme (et c'est dommage parce que sans elle tu aurais sûrement des trucs bien à faire littérairement), et que de l'autre tu mets en œuvre des tas de moyens lyriques pour construire plutôt un personnage d'auteur maudit et usé par la vie, qui n'est pas très crédible et en tout cas pas intéressant.
Bref, je préfèrerais si tu écrivais vraiment et à plein. J'n redemanderais, alors, peut-être.
> Korbua : c'est curieux, je n'ai pas vu que tu continuais à utiliser les "..". Sans doute parce que je faisais plus attention à ton histoire qu'à sa typographie...
Je trouve ce texte concentré, si le lecteur est capable de le développer, tout y est. Ton Michel me fait un peu penser à un Gérard Lambert, même si ce n'est pas la même histoire. 9a femme l'a quitté pour le même motif que les femmes quittent les hommes : elles finissent par être repoussées par ce qui les avait attirées. Sans doute une forme de saturation, ou de désillusion, ou... vous complèterez. Et aussi pour un autre facteur inconscient (que je suis curieux de ne pas avoir vu notre LpC souligner en le récupérant) : lors de l'attaque des pirates, Michel "rachète" sa femme. Elle s'est sentie comme une marchandise, c'est une chose qu'elle n'a jamais pardonné à Michel (et qu'aucune femme ne pardonne), qu'elle ne lui a jamais dite, laissant grandir la rancœur en elle. Puis la violence insoupçonnée de Michel (qui explose dans le bar) achève de lui faire peur, il ne correspond plus à l'homme où à l'image qu'elle avait de lui. C'est le faux pas de trop, mais Michel ne comprendra jamais ses "fautes", l'alcool et la drogue n'aidant pas, il vivra cela comme une trahison incompréhensible, ne s'en remettra jamais, et sa fin n'est que l'aboutissement d'un long suicide. Korbua, il y en a qui trouvent que ton texte est trop court ? Pour moi ton texte est comme ceux qui possèdent cette qualité rare : il nous mène jusqu'où on veut, ou on peut, aller. Merci pour cela !
> Korbua : ... et j'ajoute que comme je suis paresseux et que je n'ai pas beaucoup de temps, je préfère subjectivement les textes courts et denses aux textes longs, même s'ils sont bien écrits. La qualité d'un texte ne se mesure pas à sa longueur ou sa "courteté". Toi tu es capable de mettre beaucoup de choses dans peu de mots, ce qui te vaut la critique que je vais ainsi métaphoriser : on te reproche d'offrir un tabouret où d'autres proposent un canapé. Alors je comprends que l'on préfère s'asseoir "dans" un canapé - je ne crache pas dessus - mais l'avantage du tabouret, c'est que l'on peut plus facilement l'emmener avec soi. Donc, en ce qui me concerne, encore ne fois merci. Heureusement, tu dis que tu ne peux pas changer : tu as raison, reste "toi", c'est une qualité que je crois que nous partageons... ou un défaut... ou un défaut de nos qualités.
(pour ma part, mes critiques ne concernaient aucunement la taille du texte ; mais sa matière. Sa matière est laissée volontairement pauvre et radicalement imparfaite)
Je ne critique pas ta critique, Le Chouette, et je comprends ce que tu reproches. Sa matière est sans doute pauvre (et imparfaite), en effet, mais justement ce texte n'entre pas dans la catégorie de ce que j'ai appelé par ailleurs les textes "livrés clef en main". La façon dont on le reçoit dépend alors de la sensibilité et des attentes de chacun. Ce qui fait que par rapport aux attentes que l'on a, on peut ne pas être d'accord, sans que personne n'ait tort, mais dans cette tempête d'interprétations, le texte est là, intrinsèque.
"9a femme l'a quitté pour le même motif que les femmes quittent les hommes : elles finissent par être repoussées par ce qui les avait attirées."
Tu vas dire que je démarre au quart de tour et que je me répète mais pourquoi tu tires des conclusions générales à partir d'un simple exemple. Si les femmes étaient des robots construites à l'identique sur une chaîne de production, ça se saurait. Juste pour le contre-exemple : Si t'arrives à trouver un point commun entre Marie Curie et Élisabeth Báthory, donne le moi.
Je pense qu'on est d'accord sur pas mal de truc, René ; simplement de mon côté j'ai un abord très pragmatique des textes, comme de toutes les autres œuvres d'art d'ailleurs, je crois. Je ne me demande pas d'abord ce que j'en pense et ce que j'y mets (l'attitude herméneutique que je critiquais ailleurs), surtout pas pour poser ce que j'y mets comme une vérité ; je me demande simplement ce que c'est que ce truc.
Et ça me réjouit beaucoup, de procéder comme ça.
Alors que quand je me demande ce que j'y mets, comme j'ai un respect assez faible pour moi-même, ça finit très vite en phase dépressive et c'est chiant, dans un musée ça peut faire beaucoup de phases dépressives au mètre carré.
Et si en plus mon voisin est pas d'accord, ça finit en un fight complètement inutile et dont l'univers n'avait pas besoin.
Mais je ne prétends pas que ma manière soit la bonne. Simplement, si on aborde le texte comme un objet, celui-ci est extrêmement imparfait, et inabouti, et c'est dommage au vu de ses possibilités lointaines.
Et putain j'ai vieilli mais pas tant, quand j'ai lu "Báthory" dans ton message, LC, j'ai eu un devil sign réflexe et la langue qui sort. Effrayant.
> Le chouette : oui, je m'en doutais un peu, nous sommes d'accord sur pas mal de choses contrairement aux apparences : Mais je ne m'arrête pas aux apparences. Derrière tes coups de boutoir de mauvaise foi exagérée, je voyais cette démarche pragmatique... à laquelle je n'adhérai pas ni même n'approuvais. Mais maintenant que tu l'explicites, je la valide : elle rend presque complémentaire. Alors continuons ainsi ?
> Lpc : tu me cites un exemple pour contrer les exemples ? Gödel, Gödel, quand tu nous tiens...
BORDEL, ON VA PAS LA REFAIRE C42TAIT UN CONTRE6EXEMPLE ET UN CONTRE6EXEMPLE SUFFIT...OK MA GUEULE. En fait, les femmes n'ont juste pas besoin que je les défende, elles savent très bien se défendre toutes seules si elles le veulent.
> LpC : là, je ne peux qu'être d'accord avec toi !
> Korbua : Il t'a aussi été reproché de ne pas avoir développé la psychologie des personnages "secondaires". Est-ce que tu m'autorises à raconter l'histoire de la femme de Michel (car tout est dans ton texte) ? A prendre comme une "expérience de pensée", dans ce cas. Si tu es d'accord.
Mince, Glaüx a trouvé le point commun du black metal entre les deux... Je retourne à ma maison.
@tous. Oui les femmes savent se défendre et surtout je sais choisir mes combats.
Ca doit être fatiguant d'essayer de tirer des conclusions généralistes sur des comportements individuels.
Et tout épuisant d'essayer de les esquiver perpétuellement...
... Et la restitution de ce qui est écrit dans le cartouche bouffe des mots : "tout aussi épuisant"...
yep.. la Chouette.. plus j'apprends à te lire et plus je t'apprécie.. navré si tu crois pas à mon histoire.. je pourrais rapporter bien d'autres éléments sur ma vie.. ou mon mode de vie.. mais ne le ferais pas.. car je ne serais sans doute pas cru.. et traité d'affabulateur.. ou de poseur.. alors je préfère laisser ça à mes biographes.. et tu pourrais être le premier.. c qui est honorable.. mais bon.. tant pis si l'histoire de la muse du château est vraie.. tout aussi vraie que les centaines de textes envoyés ds ce format.. sur un vieux téléphone pourri.. qui m'a rincé les yeux.. au cours de ces nuits sans sommeil.. pendant des années.. et je ne reviendrai pas sur ma production détruite.. un choix qui ne relève pas du hasard.. mais je ne me plains pas.. car j'accepte l'évidence.. sinon je parlais "d'épuisement" et non de "flemme".. mais promis la Chouette.. je vais essayer d'écrire une new avec ponctuation à l'ancienne.. ds un effort ultime..
et merci René pour tes analyses textuelles.. que j'utilise comme un carburant.. et merci tous les autres d'avoir consacré un peu de votre temps à ce petit texte..
et yes René.. tu peux donner vie au personnage de la femme de Michel.. yep.. je lirais avec intérêt..
> Korbua : oui, les personnages ont une vie en dehors du rôle que les auteurs les font jouer dans leurs écrits. J'ai appris cela de mes personnages, et plus encore de ceux d'une amie qui écrit des nouvelles et des court-métrages amateurs. Cela donne parfois des résultats étonnant quand on se penche sur leur histoire que les auteurs n'ont pas écrite, ou jugé inutile d'écrire.
Donc, si tu es d'accord, je raconte l'histoire de la femme de Michel ici, où je la poste comme un texte (que l'on verra alors peut-être dans deux mois) ?
yep.. René.. fais comme tu veux.. chacun est libre avec ses personnages.. et les personnages le sont sans doute plus encore..
> Korbua : j'ai écrit l'histoire de la femme de Michel... et aussi celle de Michel ! Un texte presque long... c'est la première fois que j'écris un texte d'une traite.
Quand je dis "j'ai écrit"... je devrais dire "relaté", car ce sont tes personnages qui m'ont raconté leur histoire, et j'ai suivi comme j'ai pu. C'est une expérience intéressante, je te remercie pour ta confiance : je connais peu d'écrivains qui acceptent - ou accepteraient - qu'un autre auteur parle de leurs personnages, pensant que leurs personnages leur appartiennent, que c'est leur "propriété". Mais je n'ai fait qu'essayer de mettre ma plume au service de tes personnages pour qu'ils puissent raconter leur histoire. Et je te fais cadeau de leur témoignage !
Mais concrètement, je fais quoi avec ce texte maintenant qu'il existe ?
Je rejoins Glaüx sur cette histoire de ponctuation et de flemme que je pense également n'être qu'une posture de l'auteur, étant donné que son orthographe et sa syntaxe sont irréprochables.
Enfin passons, ce texte ne témoigne que d'un potentiel inexploité. Celui d'un auteur qui publie trop vite et qui invoque la flemme alors qu'il est juste impatient.
Résumé : Le personnage de Michel : balisé en deux anecdotes ; sa femme : un prétexte pour que Mich affirme sa paire de couilles. Ah ! C'est vrai, Michel est un tox. Bon, et après ?
C'est un peu trop maigre à mon goût, on a l'impression d'avoir affaire à la prise de note d'une conversation de comptoir, deux mythos nourris au cinéma des années 90 qui rivaliseraient d'anecdotes pour savoir qui a le mieux connu leur vieux pote Michel. Je lui verrai bien la gueule de Chuck Norris pour ma part.
En bref, c'est un portrait qui ne suffit pas vraiment à faire un texte autonome et ressemble davantage au début fragmenté d'une nouvelle à développer, ou d'un dialogue à intégrer dans un truc plus épais.
> Arthus : alors dans ce cas, si je peux proposer l'histoire que la femme de Michel et lui-même m'ont racontée, cela pourrait t'intéresser (même si je n'en ai pas fait un roman) ?
> Korbua : J'ai proposé le texte de l'histoire que tes personnages m'ont racontée eux-mêmes. Mais au mieux, on ne saura que dans deux mois. Il va falloir patienter...
Je l'ai lu et je peux déjà te dire que je préfère bien plus tes textes déconnants. Ton TDM est génial et je ne comprends pas pourquoi tu n'en fais pas d'autres dans le genre.
Je pensais qu'il fallait attendre la prochaine semaine TDM ?
Merci d'avoir lu aussi le texte que m'a inspiré le texte de Korbua. Ce n'est pas du tout dans le même style ni dans la même démarche. Mais c'est également expérimental. J'aime bien explorer des horizons nouveaux. Mais si tu veux, je peux t'envoyer des déconnades que j'appelle "fantaisies". C'est encore un autre style.
Si c'est dans la ligne éditoriale, bien sûr.