« J'ai horreur de tous les métiers. Maîtres et ouvriers, tous paysans, ignobles. »
Rimbaud
Coco Romo n'a jamais travaillé de sa vie.. pas une heure.. le travail le dégoûtait.. depuis toujours.. mais il n'en tenait pas rancune à ceux qui travaillaient pour payer leurs impôts.. ce n'était que justice car le monde est ainsi fait.. sauf pour des types comme lui.. trop libre pour être honnête.. se soustraire à la norme n'est pas donné à tout le monde.. mais Coco l'a fait..
L'enfant avait appris à lire écrire et compter à l'école.. ensuite il a cessé d'étudier.. préférant la rue plutôt que les salles de classes.. et puis un délit mineur l'a conduit en prison dès sa majorité.. une histoire de trafic de montres.. avec une peine de quelques mois.. rien de méchant..
C'est donc en prison que Coco Romo a appris à jouer au poker.. il avait eu la chance de partager une cellule avec un joueur professionnel en retraite.. « le meilleur de sa génération » selon certains..
Quand Coco est sorti du trou il savait jouer au poker.. parfaitement.. et il savait aussi tricher.. comme un pro.. ses doigts étaient devenus agiles.. ses poignets s'étaient assouplis.. il savait exactement quelles cartes donner.. et il se souvenait du jeu de chacun des participants à la table.. son regard s'était affuté.. un coup d'oeil sur un joueur suffisait à lui donner la température.. son état de tension ou de fatigue.. sa faculté à supporter la pression.. et surtout sa capacité à honorer ses dettes de jeu..
Coco s'était fait la main au village avec quelques notables qu'il avait bien plumés.. ensuite il est parti à la ville.. d'abord Paris.. puis sur la Côte d'Azur.. là où l'argent coule à flots.. Coco s'est installé dans un palace avec vue sur la mer.. et les parties de cartes se sont enchaînées.. des parties illicites.. toujours dans des clandés.. avec du beau monde.. attiré par le jeu..
Parfois Coco revenait au village saluer ses vieux parents.. le bolide rutilant qu'il pilotait incarnait sa réussite foudroyante.. toujours accompagné d'une femme différente.. plus grande que lui.. outrageusement élégante.. tout ça faisait baver les ploucs du coin qui l'avaient vu naître pauvre..
Mais un jour la partie s'est mal finie.. Coco a été pris sur le fait et accusé de tricherie.. ce qui était vrai.. alors la sentence est tombée.. avec exécution immédiate.. c'est à dire tous les doigts brisés à coups de marteau.. et interdiction définitive de jouer..
Coco est mort dans le taudis qu'il habitait au village.. les plus jeunes ne l'ont connu que clochard.. ils se moquaient de son gros ventre blanc qui sortait de sa chemise ouverte.. été comme hiver.. peut-être en une ultime provocation..
LA ZONE -
se soustraire à la norme n'est pas donné à tout le monde.. Coco Romo l'a fait.. = ajouter un commentaire =
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= commentaires =
C'est bien dommage, les parties les plus intéressantes de la vie de Coco Romo sont juste évacuées en une phrase lapidaire alors que l'auteur s'attarde beaucoup trop par rapport à la taille du texte sur le Poker dont tout le monde se fout (sujet trop traité ces dernières années) mais c'est une super biographie exhaustive de la vie et l'oeuvre de Patrick Bruel.
Sans doute le texte que je préfère jusqu'à présent : aucun détail inutile, seulement des touches qui créent une atmosphère qui se révèle illusoire comme le monde de paillettes dans lequel Coco croyait pouvoir vivre. Pute à frange à oublier de dire qu'on en sort comme on dort d'un beau rêve, "abruptement, sans transition, avec un goût amer dans la bouche" (et j'ajoute : et non un "goût d'amour dans la bêche", pour faire une contrepèterie gratuite).
Pour continuer avec Pute à frange, je l'aide : "Un texte d'une rare densité mettant en scène, de façon élégante et redoutable et tout aussi discrète, une moralité manichéenne attachée à l'équilibre entre faute et châtiment".
Plus "humainement", ce texte cache un certain pessimisme, consistant à montrer que l'on ne peut échapper très longtemps à sa condition.
Sur le plan du style, il s'accorde parfaitement au propos : simple, dépouillé et terriblement efficace.
Et plus simplement encore : j'aime beaucoup !
* "sort d'un beau rêve"... apparemment le C.O. a pris cela pour une répétition et a adapté...
interdiction définitive ... Mais de jouer en loucedé ou en compète ? Bannissement intégral de la fédé et de la mafia ? Putain il a pris cher le Coco
"et puis un délit mineur l'a conduit en prison dès sa majorité.." Bravo pour ce bon de géant dans l'univers moribond de la figure de style. A.B. pourrait t'aider à la déposer à l'INPI.
On appelle cela une ellipse. Drastique, en effet, dans ce cas. Cela fait partie des touches qui campent l'atmosphère. Pour la dynamique de l'histoire, il n'est pas utile d'en dire plus.
Rien à voir. C'est plutôt une sorte d'antithèse sauf que "mineur" et "majorité" ne sont pas utilisés avec un sens opposé dans la même phrase d'où le caractère innovant de la chose.
En effet, ce n'est pas une antithèse non plus. Ou alors une épanadiplose antithétique humoristique euphémistique qui joue sur la polysémie du mot "mineur". Je n'avais pas relevé, et je me demande si cet effet était volontaire, car un peu inattendu dans le contexte.
burp
Coco ressemble un peu à Damon dans Vampire Diaries.
Oooooh non je deviens une midinette. Bientôt je vais citer Twilight attention.
Ne crains rien Nino. Nous sommes là.
yep.. Coco a ripé.. un peu comme ceux qui sont passés trop prêt du soleil..
°près
C'est quand même pas un perroquet savant, le personnage de ton histoire ?
La biographie du perroquet de la pub Tropico, ce serait top !
Ce texte me fait penser à la chanson Léon, de Boby Lapointe. Court, chute abrupte, point.
Drôle !
Il voulait jouer du bande au néon ? Ah non... c'était de l'hélicon...
Là, on voit très clairement l’autre René. Et c’est précisément ça qui est intéressant.
Lecture nette, sans psychologie de comptoir.
1. René est capable de lire un texte
Sur ce fil-là, il fait réellement ce qu’on attend d’un lecteur :
il parle du texte (densité, atmosphère, ellipse, pessimisme),
il identifie des choix d’écriture réels,
il nomme des procédés (ellipse, dynamique du récit),
il accepte la discussion contradictoire sans hystérie.
On peut aimer ou non son ton pédant, mais il lit. Il ne projette pas d’idéologie lourde, il ne plaque pas une vision du monde sur le texte.
2. Mais il aime surtout se poser en surplomb
Même dans ses bons commentaires, René :
corrige,
précise,
“aide” l’autre à mieux formuler,
étale un lexique technique parfois jusqu’au ridicule (“épanadiplose antithétique humoristique euphémistique…”).
Ce n’est pas un crime, mais c’est une posture :
👉 le plaisir n’est pas seulement de lire, mais d’exister comme lecteur savant.
3. Différence fondamentale avec l’autre fil
La comparaison est implacable :
Sur le texte “Coco” :
→ René est littéraire, joueur, parfois lourd mais impliqué.
Sur l’autre texte (celui qui parle du travail / des femmes) :
→ René devient idéologue, réactif, défensif, caricatural.
Donc ce n’est pas “René est con” ou “René est brillant”.
C’est plus simple et plus vrai :
👉 René sait lire quand le texte ne menace pas son système de croyances.
👉 Quand ça touche au genre, au pouvoir, au travail, au sexe : il ne lit plus, il réagit.
4. Ce que ça dit de lui
Il est à l’aise avec la fiction, la morale abstraite, la chute élégante.
Il est mal à l’aise avec les textes qui déplacent les rôles sociaux réels.
Il préfère l’ellipse narrative à l’ellipse idéologique : celle-là, il la comble avec des clichés.
5. Conclusion simple
Les textes ne sont pas “inégaux” parce que René change d’avis.
Ils sont différemment menaçants.
Quand quelqu’un passe de l’analyse fine au slogan de bistrot selon le sujet, le problème n’est pas le texte — c’est le seuil de tolérance du lecteur.
Hé, les gars ! J'ai un hagiographe personnel ! Et j'ai droit à des commentaires plus longs que n'en a jamais eu aucun texte ! J'en suis presque gêné !
J’ai cru que ça allait être bien. Coco Romo, le rebelle pur jus, le hors norme… ça commençait fort. Puis je lis et je me rends compte que je suis dans le manuel du cliché sur l’anti-héros glorifié. Liberté, poker, femmes grandes et élégantes, bolide rutilant… tout y passe, comme si le narrateur cochant des cases. Et puis la chute : doigts brisés, clochardisme, gros ventre blanc… génial, le grand mythe finit comme un conte moral pour enfants de village. Je voulais suivre un personnage complexe, je me retrouve avec un figurant dans son propre destin. L’ironie veut frapper, mais elle s’étouffe dans la répétition et le déjà-vu. Bref, je voulais du Coco Romo légendaire, j’ai eu Coco Romo du dimanche.
Le problème avec KORBUA, c'est qu'au lieu de mimer la voix d'un sprinter essoufflé après un 100 mètres, il devrait tenir sa prose comme un marathonien et aller plus loin, plus longtemps, plus profond.
@LP : pas de dépôt INPI pour du droit d'auteur.. Sauf si l'auteur veut en faire une accroche publicitaire..
Bon?! Sinon tout a été dit sur le texte qui se lit vite.. RAS
Et ce texte est d'autant plus puissant (merci l'IA) que personne ne semble avoir vu la ponctuation (mais c'est vrai que Le Chouette pointe aux abonnés absents).
yep.. merci à tous pour vos retours.. que je lis tjs avec intérêt.. et merci à la Zone d'exister.. bon.. j'ai bien entendu les critique sur la ponctuation dès le 1er texte.. ainsi que tout ce qui concerne la longueur (la durée?) de mes textes.. c vrai.. j'ai fait ce choix d'un retour à une "proto-ponctuation".. ce qui n'est pas un "progrès" grammatical.. tout comme la rédaction d'un SMS.. c seulement le fait d'une époque.. et pour le format (1 page word écrit en 14) c le cadre choisi.. donc je joue du ciseau et use d'ellipses narratives pour "tenir" le texte ds ce modèle.. car on n'attend pas d'un "cartoon" une version longue..
Et sorry Lindsay si le "decorum' et le reste ne sont sans doute que des "clichés" éculés (comme souvent ds la vie).. quoiqu'il en soit.. déjà vu ou pas.. j'ai appris (souvent malgré moi) que la réalité dépasse ++ la fiction.. et pas tjs avec des personnages complexes genre Raskolnikov.. "l'ironie" se joue de tous..
C cool 1000i ta référence à Bobby..
Et c cool de te lire René.. pour tes analyses et ton humour.. j'espère que tu éviteras un procès "idéologique" ou autre pour avoir trop soutenu mes textes.. voili..
> Korbua : t'inquiète, j'assume. Et j'approuve tes choix rédactionnels et typographiques qui me conviennent bien, parce qu'ils me parlent. Et tant pis pour ceux à qui ça ne plait pas !
(Et merci d'avoir remarqué mon humour : je commençais à penser que La Zone y était imperméable...).
Comme je suis en retard je lis seulement les textes court et voilà bien une qualité des textes de Kombucha, revendiquée en plus.
C'est court mais pour le coup, je trouve que ça peine beaucoup à commencer. Le premier paragraphe est très répétitif, insistant, s'auto-commente au lieu d'avancer dans le récit. Un peu chiant du coup.
Quand ça commence c'est presque pas mal, ça pourrait être un portrait réaliste de type social, à la Balzac mais qui aurait vraiment pas le temps ni le style ; mais ça y échoue selon moi parce qu'une fois encore, ça s'auto-commente au lieu de poser des informations, et ça joue à faire des non-phrases et de la non-ponctuation pour le simple plaisir d'en faire. Une transposition en phrases correctes fait voir la faiblesse de l'ensemble et c'est dommage.
Honnêtement, Korbac, tes textes pourraient m'intéresser, mais si tu allais vers la sobriété. Stylistique (sobriété, c'est à dire faire simple, pas répéter des pirouettes et des tics) et en termes de narratologie (laisser le texte exister en-dehors de toi et de ton narrateur, au lieu de le rendre prisonnier de ce que le narrateur a envie d'en faire).
(au-delà de ça, je rejoins Lindsay sur le fait que ce type sociologique est un cliché monumental cmb, et qu'on a envie ni de clichés monumentaux ni de mb sur nos écrans)
yep.. la Chouette.. je sais qu'on adore les acronymes ds ce pays.. mais merci de traduire "cmb" et "cm".. mais reniflant le truc je pense que ça dissimule le mot "merde".. lui même issu du latin "merda".. mais je "sens" et espère que tu vas nous dire le reste..
Haaaan quelqu'un qui méconnaît le sens de cmb sur la Zone haaaan je vais m'abstenir de te révéler la vérité car voici le début d'une immense série de gaudrioles, immense du reste cmb.
bon.. je vois pas.. un jour peut-être..
Mais non..?
Tu ne sais vraiment pas ?
Les lacunes comme ça, c’est souvent une question de culture.
Trop faible. CTB.
yep.. faut pas m'en vouloir Lindsay.. car je sais que je ne sais rien.. comme l'autre quidam à qui on a demandé un jour de boire de l'eau trouble.. et tu sais la suite..
Moi je ne t'en veux pas. Je me dis que tu vas t'ouvrir à un nouveau monde.
Ou pas.
En grande fan des "CMB" de LC, je salue sa capacité à saisir les perches qu'on lui tend.
Ce n'est pas chose aisée... CMC
Pas la moindre idée mais une simple recherche Google me propose :
- Crédit Mutuel de Bretagne
- Cosmic Microwave Background
- Coffee Meets Bagel
- China Merchant Bank
- Compagnie Monégasque de Banque
- le code international de l'aéroport Bandaranaike de Katunayake au Sri Lanka
La Zone, christus mansionem benedicat, je pencherais pour la dernière car il parait que les pistes d’atterrissage y sont longues CMB.
Mais je crois que Pute à frange nous donne un très très gros indice, CMB, ici : https://www.youtube.com/watch?v=htK9dNTNx3E
yep Lapinchien.. merci pour l'info.. j'ai cru un moment que tu taffais pour une bank.. bon.. bien vu le clip.. c cool.. mais ça explique pas pourquoi de +en+ de types préfèrent les zouz avec une bite.. ce que je peux comprendre.. avec les avantages du "tout en un".. yep.. un peu comme le pinceau à 2 couches.. résultats garantis..
yep.. selon la pub bricodep du coin.. essayer c l'adopter.. yep.. de quoi faire kiffer les intellos.. qui jouent aux p'tits prolos.. quand faut repeindre les chiottes.. ou la salle de bain.. "Sacré job" disent-ils.. en regardant leurs mains..
sympa, le concept d'écrire un texte à partir d'une pub.
ton style aventurier avec tes héros est intéressant.
un aventurier du hachage perdu
le hachage c'est tout ce qui est http?
Non. Tout ce qui est découpé à la hache comme un gros bourrin. Je parlais de KORBUA et de toute son oeuvre taillée aux petits points.
ah moi j'étais sur le http deux points deux barres