Sur un site défensif.. un château médiéval en ruine..
Le Glaude habitait la petite maison attenante au château de plan carré.. du moins ce qu'il en restait.. quatre murs et une tour.. avec une brèche béante dans la façade sud.. parfois une pierre se détachait des murailles et tombait dans le jardin.. mais cet état de délabrement général ne semblait pas inquiéter le maître des lieux..
Le Glaude avait la cinquantaine.. hédoniste cultivé.. jouisseur invétéré.. décadent.. il était né riche.. avait hérité d'une grande entreprise familiale à la mort de son père.. sans parler des biens immobiliers.. mais il avait dépensé sans compter.. habitué à une vie oisive entretenue lors de longues études.. agrémentées de jolies filles.. de belles voitures.. ponctuées de voyages.. et de fêtes..
Finalement l'entreprise a été liquidée et tous les biens ont été vendus pour éponger les dettes.. le Glaude avait été obligé de travailler pour survivre.. c'est ainsi qu'il était devenu courtier en assurances.. un job qui lui allait bien car c'était un homme élégant.. toujours tiré à quatre épingles.. dans un costume sur mesure.. avec cravate assortie.. et des chaussures anglaises.. un vrai dandy qui achetait son eau de toilette favorite à Paris.. chez le parfumeur de Baudelaire..
L'intérieur de la petite maison accolée à la ruine était un cloaque où une chienne n'aurait pas retrouvée ses chiots.. des tas de vêtements élimés étaient remisés en vrac dans la chambre et le petit séjour.. parmi des objets insolites.. il y en avait jusque dans la cuisine où l'évier débordait de vaisselle sale.. et où la table encombrée de choses diverses servait de piste d'atterrissage aux mouches noires ou vertes.. mais le Glaude restait droit.. soigné.. indifférent au chaos qui se déroulait sous son toit..
Son mariage avec Aline avait été un échec.. Aline était une prof d'anglais bien plus jeune que lui.. idéaliste et naïve.. mais Aline était folle.. selon le Glaude.. elle a même essayé de l'écraser avec sa voiture quand elle est partie..
Ce matin là Le Glaude avait attaché sa femme.. peut-être à sa demande.. il avait noué ses poignets et chevilles avec une petite corde.. puis l'avait retournée sur le ventre.. la laissant ainsi captive.. offerte à son bon vouloir.. mais c'était jour de marché au village.. et le Glaude est allé faire les courses.. a rencontré des gens.. s'est attardé au café du Commerce.. a préféré déjeuner sur place.. suivi d'une petite marche digestive avec sa secrétaire.. une belle eurasienne qui ne s'en laissait pas compter..
La nuit tombait quand le Glaude est rentré chez lui.. Aline était toujours sur le lit.. ligotée depuis des heures.. alors le Glaude l'a sodomisée pour se satisfaire.. avant de la détacher.. mais il n'a pas compris pourquoi elle hurlait.. ni pourquoi elle brisait un vase Ming sur son crâne.. laissant une belle entaille sanglante.. peu après il est sorti dans le jardin.. un peu étourdi.. ce sont les phares de la voiture d'Aline qui l'ont alerté du danger quand elle a démarré.. le Glaude a eu le réflexe de se jeter à temps sur le côté.. ainsi il a sauvé sa peau.. in extremis..
LA ZONE -
C'est l'histoire d'un quidam.. qui a sauvé sa peau in extremis.. = ajouter un commentaire =
Les commentaires sont réservés aux utilisateurs connectés.
![[imprimer]](/images/print.png)






= commentaires =
Presqu'un fait divers conté avec ce style incisif que l'on connaît bien, aime, ou n'aime pas.
Aucun détail inutile, et chaque détail en dit long.
Nous avons là, comme dans un résumé synoptique, toute la trajectoire et la tragédie d'une vie : gosse de riche sombrant dans la débauche, érosion des sentiments ç la limite de la schizophrénie, égocentrisme faisant perdre la conscience de l'existence de l'autre et donc mésentente conjugale inévitable conduisant au drame ultime... qui pour le héros ne semble être qu'un incident auquel il échappe de justesse.
Comme on peut le voir, il est presque impossible de résumer un texte de Korbua qui est déjà un concentré extrême, presqu'une huile essentielle.
Ce texte est un tract punk à la limite du nihilisme malsain. En contractant l'espace et le temps, KORBUA joue avec la relativité d'Einstein et les lois de notre univers pour les pervertir et les corrompre. Dans quel but, me demanderez-vous ? Et bien, KORBUA a très bien compris l'addiction de nos contemporains au storytelling. Il s'est construit un labo de blue meth dans sa cave et produit ses drogues storytelliques de synthèse avec le flegme d'un Walter White de la plume. Il teste consciencieusement sur lazone.org sa came cherchant à la rendre optimale pour le circuit de la récompense dopaminergique mais prévoit d'inonder le marché très prochainement et à chaque histoire postée, il tire des enseignements des feedbacks commentatoires pour ajuster les dosages de son speed scriptural. Il ne va certainement pas tarder à contacter la DZ Mafia pour avoir un soutien logistique et un réseau de distribution.
blllllblllblllblou ! bllblblllblblllblou !