C'est le lundi de la semaine des examens. Chez nous, même les sixièmes y ont le droit et votre serviteur surveille l'épreuve de français.
Après leur avoir distribué les copies doubles, le brouillon ainsi que le sujet et l'avoir relu avec les questions, je leur demande s'ils ont bien tout compris. Après quoi, je leur lance un bon courage pour les 3h30 qui vont suivre.
C'est 30 min plus tard que Camille m'interpelle.
"M'sieur, je comprends pas la question !
- Laquelle ?
- Exercice 4.
- Lis la question.
- Souligne en vert le sujet du verbe souligné.
- Qu'est-ce que tu ne comprends pas là-dedans ?
- Bah... Tout.
- Bon, tu vois des phrases avec un mot souligné dedans ?
- Euh... ouais.
- Ces mots sont des verbes et les verbes ils ont un sujet, tu dois le souligner en vert.
- C'est tout ? Ah bin c'est facile alors !
- Bin oui..."
Ce n'est qu'une minute plus tard que je percute que Camille ne peut pas trouver un truc pareil si facile et que quelque chose cloche.
"Dis-moi Camille... L'exercice 4... C'est pas le mot souligné que t'es en train d'entourer par hasard ?
- Bin si, c'est ce que vous m'avez dit !"
Le nom du protagoniste a été modifié afin que l'anonymat lui évite la honte éternelle. = ajouter un commentaire =
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= commentaires =
BORDEL § IL FAUT LES ENTOURER OU LES SOULIGNER LES SUJETS ?
ET LES VERBES 0 L4IMP2RATIF ? ON FAIT COMMENT POUR LES VERBES 0 L4IMP2RATIF ?
MERCI BIEN POUR L4ARM2E DE GOLMONS QUE VOUS NOUS PR2PAREZ § JAMAIS ILS NE SERONT 0 LA HAUTEUR DES ENJEUX DES IA § ET NOS RETRAITES ? ON PEUT SE BROSSER §
C ETAIT MIEUX AVANT!!!!!
J'ai rien compris et j'ai souligné tous les sujets de ce texte. Au stabilo jaune fluo, directement sur mon écran. J'ai bon ?
Non, corrige ton écran avec du blanc.
Plusieurs questions me taraudent : Y avait-il au moins des phrases avec des infinitifs? ET pourquoi en vert?
On ne peut que répondre à l'envers avec de telles consignes de gratte-papier aux injonctions tordues.
Une partent(e) d'élève
L'année prochaine, je mets Camille chez Montessori.
Mais avec tous les dossiers EPSTEIN qui nous pendent au nez, comment on va faire du caviardage dessus si personne n'est correctement formé à le faire ?
Comment souligner en vers un texte en prose ? soyez clair, bob sang !
Mais ça, c'est rien...
A côté de cette anecdote présentée comme authentique :
En école primaire, lors d'un cours de S.V.T., la Maîtresse explique à ses élèves que les chats voient mieux la nuit que le jour.
Et un élève s'écrie : "Ben oui : ils sont nyctalopes !".
Elève convoqué chez le directeur, et les parents par la Maîtresse...
L'armée de molgons est déjà préparée et aux commandes...
"Bon sang" (pas "bob sang", mais c'est marrant aussi).
En tant qu'admin, je dois te prévenir que faire usage dans les commentaires de textes du mot "nyctalope" est vraiment à la limite du convenable et j'ai même envisagé de modérer ton post.
A.P. : Bravo pour ton texte A.P. ! Cela montre la difficulté de la communication orale et en général (dont il me semble que nous avons déjà abordée par ailleurs).
Et si en plus Paul y s'est mis, on n'est pas sortie de l'eau berge.
Mais ton texte m'inspire pour en écrire un, qui est une semi-fiction, et qui s'inscrit dans cette même problématique. Tu m'autorises à essayer aussi ?
Je le ferai plus LpC ! Promis !
Putain la Zone se lance dans le racontage de laïfe pathétique ?
Y aura des autocollants "c'est du vécu" ?
Des rires enregistrés ?
Des appels à cotisation pour l'amicale et le voyage à Dunkerque des 4èmes B ?
Franchement,rien à foutre. Même pour passer le temps. Les "perles de profs" ça fait vraiment de la peine. Surtout comme "texte".
Et je veux même pas savoir quel type de commentaires de surenchère ça peut donner.
3h30 d'épreuve. Alors je sent qu'on va me dire que c'est le seul moyen de les démongoliser par anticipation.
Mais moi, je pense surtout que c'est le bon moyen de les rendre cinglés... je ne supporte pas une réunion d'une heure alors si j'avais 11 ans je pense qu'au bout de 25 minutes, je serais en train de compter les tâches au plafond (ou les oiseaux dans la cours - ou l'inverse)
Remarquez ceci explique peut-être cela. Mais franchement, le pauvre gamin/gamine je peux pas lui reprocher de n’avoir pas compris la consigne.
En fait j'ai surtout de la peine pour ce gamin en lisant ce court texte (trop court pour se prononcer sur ses qualités ou ses défauts, si ce n'est qu'il pose donc la question sans fin de l'Education et de la pertinence des programmes etc.
C'est pathétique...
10 lignes sur un élève a mal compris une consigne. Achevez-le, le pauvre. Même sur Cnews ils vont pas si loin.
Evidemment que René trouve encore le moyen de dire "moi, moi, moi". Tu veux que je souligne en fluo ta réplique egocentrée René ?
Camille préfère les ronds
Ce texte pourrait très bien avoir été écrit par Camille tant le niveau est pauvre. Il s’agit d’une anecdote racontée, transcrite telle quelle, et qui pourrait être confondue avec un récit oral rapporté à un membre de la famille, dans un contexte informel — peut-être, à Tata Germaine pendant un repas de Noël. À première lecture, on pourrait croire à une tentative d’écriture littéraire, mais la faiblesse intrinsèque du texte devient rapidement évidente.
Premièrement, sur le plan structurel, le texte ne présente aucune intrigue. L’action se limite à un quiproquo banal entre un élève et son "professeur" ou peut-être plutôt "pion" : Camille ne comprend pas la consigne et confond les termes. Cette situation, bien que légère, est traitée de manière extrêmement plate, sans montée de tension, sans introduction efficace ni conclusion travaillée. L’ensemble se déploie de façon linéaire, presque mécanique, sans surprise narrative.
Sur le plan stylistique, le texte est d’une neutralité remarquable, qui frôle l’indigence littéraire. Le vocabulaire est limité, la phrase standardisée, et le dialogue, bien que crédible, ne parvient jamais à créer un véritable rythme ou un effet comique mémorable. On est face à un récit qui pourrait être transcrit mot pour mot d’une conversation réelle, mais qui perd toute vitalité dans l’écrit.
Le personnage de Camille, par ailleurs, est réduit à un stéréotype : l’élève naïf, confus et incapable de distinguer un verbe de son sujet. Le narrateur, quant à lui, se contente d’une posture fonctionnelle, celle du "professeur" face à l’élève, mais sans aucune profondeur psychologique ni réflexion originale. Aucun des personnages ne dépasse le registre minimaliste qui leur est assigné.
Enfin, sur le plan humoristique, l’effet repose uniquement sur le décalage entre la consigne et l’interprétation de l’élève. Cet humour, qui pourrait avoir un intérêt comique dans un récit oral, devient insignifiant à l’écrit. Le texte n’exploite pas les possibilités de la langue pour surprendre le lecteur, renforcer le quiproquo ou jouer sur l’ironie de situation. Il se contente de rapporter un fait, avec une neutralité et une platitude remarquables.
En conclusion, ce texte constitue un exemple paradigmatique d’anecdote rapportée plutôt que d’écriture. Il est faible, limité, peu développé et d’une neutralité qui frise le désespérant. L’intérêt du texte n’est ni stylistique, ni narratif, ni même humoristique : il existe uniquement dans l’oralité supposée de son récit. Une lecture attentive révèle à quel point ce type de production est destiné à l’oubli, et pourrait difficilement prétendre à une quelconque valeur littéraire. En conclusion : un texte qui se lit plus par politesse que par plaisir, une littérature… pour qui ? Même Germaine a dû s'ennuyer ferme.
Je ne voudrais pas briser l'espoir des lecteurs mais, a priori, il va y avoir un 2...
Si çà se trouve, AP veut remettre au goût du jour la tradition orale sur LZ. Une mythologie ayant pour seule héroïne déchue Camille Labulle.
Tu peux développer A.B pour les novices ? La tradition orale ? Un service entre zonards ? De l'écriture en premier jet ? Des pastilles de vraie vie dans le Vortex pour voir si ça lave mieux aprés ?
Je te trouve bien sévère Lindsay, c'est pas le texte du siècle mais ta critique est plus longue que le texte en question ! qui il me semble pour revenir à cela, effectivement renvoie a une tradition littéraire des "anecdotes", "portraits" et autres "textes de papillote", et si c'est le cas, bénéficie a mes yeux d'une qualité fondementale (qui ne rachète peut être pas tous ses défauts, certes) : il ne se prend pas pour ce qu'il n'est pas.
Et au moins se lit vite !
Je ris encore de "Camille aurait pu écrire ce texte". Pour la tradition orale, je pensais à une forme de mythe fondateur transmis d'abord oralement. Mais je ne développerai pas plus, préférant laisser une marge d'interprétation
Bon, il va falloir expliquer un peu.
Ce que montre ce texte, ce n'est pas que l'élève n'a pas compris la consigne, c'est qu'il l'a comprise différemment. Et cela lui semble absurde, et il se dit tout d'abord qu'il n'a pas compris. La consigne est : "Souligne en vert le sujet du verbe souligné". Mais il comprend : "Souligne en vert, le sujet (du verbe) souligné'. L'élève se pose deux questions : d'abord il ne voit pas de sujet souligné en vert, et ensuite si se sujet est souligné, pourquoi le souligner une deuxième fois ? Mais l'explication apportée par le professeur (qui est d'ailleurs syntaxiquement incorrecte (l'explication, pas le professeur)), n'arrange pas les choses : "Ces mots sont des verbes et les verbes ils ont un sujet, tu dois le souligner en vert". La répétition coupable de "les verbes ils" est perçue comme une formule d'insistance, dès lors le pronom "le" se rapporte au verbe et devient la consigne. Mais comme il est déjà souligné, c'est qu'il doit falloir l'entourer. Ce texte ne montre pas un élève qui n'a pas compris, mais une consigne mal posée, et dénonce finalement tout le problème de l'évaluation.
Oui c'était exprès. Si j'avais eu le temps j'aurais fait encore pluuus long
Peut être que le prof aurait dû éclater la gueule de Camille sur sa copie pour lui monter un exemple en le soulignant avec son sang ?
Du sang vert?
Si le prof ne respecte pas ses propres consignes, quo vadis?
On a qu'à dire que Camille est un Gremlins pour être raccord.
Ou une rescapée de Tchernobyl qui lui dessine les plans circulaires d'une jaule cachée
Ouah ! Tant d'amour pour ce texte, je n'en attendais pas tant.
@A.B: Camille, dans ce texte, venait de Montessori avant d'atterrir chez nous, si cela peut t'aider dans ton choix.
@René: Je t'interdis d'écrire le texte que t'a inspiré le mien.
@Lindsay: Flatté que ce texte t'a autant inspiré.
@Nino: Merci d'avoir compris.
@Lapinchien: La violence sur les élèves est interdite. Mais t'imagine même pas ce que Camille a dû subir dans l'imagination du narrateur.
@René: J'déconne, fais-toi plaiz.
@AP : Ca tombe à pic ! Il aurait fallu commencer par là
La vérité qui dérange c'est que "montrer un exemple pendant un travail surveillé" est sujet à polémique dans les plus hauts cercles de la pédagogie enfantine. Je comprends que tu l'éludes en pointant du doigt l'usage de la violence.
> A.P. : j'ai failli croire que tu étais sérieux : après tout tu as osé lancé le genre, un peu à contre-courant, et j'aurais compris que tu ne voulais pas de pseudo-imitateurs. Mais avec ta permission, le texte que je projette (court aussi) aura plus la forme d'un sketch, avec, comme en général les sketches, pour ambition de faire rire, mais aussi réfléchir. Il ne s'agit pas d'une "imitation de genre", mais c'est avec plaisir que j'aborderais cette thématique "à ma façon" !
On s'en fout, René. On commentera tes textes quand ils paraîtront, en attendant pas la peine de sucer des bites pour acheter des voix et de t'auto-encenser. Forum, pour ça.
Putain la j'aurais mi un GIF de schwarzy en terminator si je pouvais. Mais on peut pas et c'est tant mieux car je suis en desintox de trollage GIF
On s'en fout aussi Le Chouette...