La Zone - Un peu de brute dans un monde de finesse

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Sujets - nihil

Pages: [1] 2 3 ... 30
1
= CODE DE CONFORMITE = / Sécession
« le: avril 19, 2011, 18:08:12 »
Par la présente, je déclare que le forum de la Zone est désormais un territoire indépendant du site, tenu par les perfides Koax-Koax et Dourak Smerdiakov, et que je ferai tout mon possible pour contrecarrer leur odieuse mainmise sur notre toute jeune patrie, si vous m'en donnez le pouvoir. Chaque assertion de leur part sera ainsi sévèrement contredite.
Je propose de nous dénommer les Confédérés de la Confédération et d'user de tout moyen à notre disposition pour nous détacher de ce site de grosses putes intangibles.

Par la suivante, je nie catégoriquement avoir recherché l'orthographe du mot sécession sur Google et m'être rendu compte que je m'étais planté à chaque syllabe.

3
= CODE DE CONFORMITE = / SUICIDEZ6VOUS SUICIDEZ6VOUS SUICIDEZ6VOUS
« le: juillet 06, 2010, 19:02:29 »
Au cas où ça vous aurait échappé, le site est resté une journée offline pour la raison suivante :

"Bonjour,

Nous avons reçu une réquisition de l'O.C.L.C.T.I.C. (Office Central de
Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l'Information et de
la Communication) concernant votre site, en particulier la page
http://zone.apinc.org/articles/1833.html ("Il faut se suicider malin :
la méthode violente"), qualifiée de "Provocation directe au suicide".
Respectant notre rôle d'hébergeur défini par la LCEN, nous avons le
devoir de mettre hors service cette page dès que nous avons connaissance
de son caractère illégal. La désactivation de cette seule page n'étant
pas facilement faisable, nous avons désactivé votre site. Merci de vous
mettre en conformité avant de nous recontacter.

Ci-joint le mail de réquisition"



Le mail de réquisition en question :

"Madame, Monsieur,

Enquêteur à PHAROS (Plateforme de signalement internet de la Police Judiciaire), je viens de traiter un signalement relatif à un texte et des commentaires sur le thème du suicide et ses méthodes, accessible à l'URL http://zone.apinc.org/articles/1833.html

Après consultation il appert que ce texte "Il faut se suicider malin : la méthode violente" et certains de ces commentaires peuvent être qualifiés "Provocation directe au suicide"  prévue et réprimée par l'article 222-13 du Code Pénal.

Afin de respecter les disposition de l'article 6 de la LCEN, nous vous prions de bien vouloir prendre les dispositions nécessaire afin de faire cesser cette infraction.

Cordialement,

Gardien de la paix HOFFMANN"

4
= TRI SELECTIF = / Tri sélectif : Chacal
« le: juin 01, 2010, 19:39:02 »
Au bar Oulipo
par Chacal

Voici un poème de merde comportant 6 contraintes :
1) Les alexandrins : OK, ça c'est pas trop dur.
2) Pas d'enjambements entre les césures, ni entre les hémistiches.
3) Le premier ver commence par z; le 2e par y, etc. Le 27e recommence à a en allant vers z.
4) Les 2 premiers vers se terminent par a, les deux suivants par b, etc.
5) Le dernier hémistiche de chaque ver doit commencer par la même lettre que celle qui le commence pour les 26 premiers vers, mais continue en alphabet décroissant à partir du 27e.
6) La première lettre du premier hémistiche du premier ver commence par a, au 2e par b, etc jusqu'au 26e ver et recommence par a à partir du 27e.
Cà semble compliqué mais vous allez voir, mis en page, c'est facile. Résultat : un poème de merde !

Au bar Oulipo

Zoé se cuitait là, zombie dans son aura,
Youpine bouffeuse de zob, yatagan et tanga,
X, hot, puant le musc, Xeres lourd comme le plomb,
Walkyrie et skinhead, wagnérienne un rien snob.

Venant de l’arrière-salle vétuste de ce vieux zinc,
Une voix morne, sans relief, urticante comme un flic,
Tempêtait pour un grog, torturant la barmaid.
Sous sa gueule vach’ment trash, se devinait le froid.

Rêveurs, des mafiosi réunis à une table,
Quémendaient à la feuj qui dansait, un sourire,
Pour, du fond d’leur paddock, penser cet instant bref,
Oniriquement réel, orgasmant derechef.

Noyé, cherchant son nom, nébuleux, en zigzag,
Mais pourtant pas trop con, mercenaire au stalag,
Lié par son ego, lévitant au zénith,
Képi couleur de slip, kiffant le futur putsch.

J’pose les yeux sur ce coq, jouissant de son ennui.
Il n’a rien à m’offrir, il ne rêve qu’en kaki.
Hermétique, je le fuis. Hystérique, le D.J.
Gueule dans le micro, fort, glaviotant son tokaj.

Fière, Zoé, le corps nu, frétille pour un kopek
Et une vieille SICAV, enfourne un tomahawk
Dans son sexe de squaw dilaté par l’alcool,
Criant des mots tous faux, cavalant vers le ciel.

Brûlante, un peu groggy, beauté de téléfilm,
Au son pesant du jazz, applaudie, en plein boum.
Avec son bandana zinzolin et marron,
Béate dans ce radoub, y laissant sa raison.

C’est une onde de choc, xylophène en halo.
Des clients têtes-de-lard, whisky ou apéro,
Evanouissent leur âme, vomissent dans leur trip,
Flottent sur une nef. Un voyage de trop !

Gisant sur le parking, tête dans du vieux PQ
Humant l’odeur du scotch, swinguant en tamasheq,
Il reste cet homme qui recharge son revolver.
Je pense à la PJ qui va bien rigoler.

Kochab lourde comme un tank, poussée hors du cosmos,
Laisse dans ce damné ciel où s’étiolent nos souvenirs
Maintes traces d’uranium. Non, il n’est pas trop tôt,
Nul ne viendra demain mentir le moindre mot.

On vire de l’Oulipo le dernier résidu.
Perdu sans son hanap, karatéka déchu.
Quand à minuit moins cinq, j’ai, comme un leitmotiv,
Rugi qu’il faut partir, il m’a jeté un lev.

Sous les lumières noires, hélant mon bungalow,
T’es venue dans la nuit glaner un interview.
Un orage ténu froissait mêmes les dieux.
« Vive la Kalachnikov » éructait l’homme pieux.

Walou, fini le show décidément destroy.
Xenon qui donne la toux, c’est la faute à mon psy.
Y a plus rien comme hobby, baisez si vous pouvez,
Zonez, Croyez, priez, à la fin vous crèverez.

5
= INITIATIVES = / DÉPLACÉ: APPEL A TEXTES - Revue Squeeze
« le: mai 10, 2010, 09:05:04 »
Ce fil de discussion a été déplacé vers = DISCUSSION GENERALE =.

[liEN DU FIL DE DISCUSSION]

6
= DISCUSSION GENERALE = / Appel aux critiques
« le: mai 04, 2010, 15:43:44 »
Pour mon épaule gauche :



Si vous trouvez que c'est laid, que ça ressemble à une bite avec éléphantiasis, à un anus hémorrhoïdé, à une tête de fourmilier mongolien, il est temps de me le signaler, parce que sinon, je passe sous l'aiguille.

7
= DISCUSSION GENERALE = / DXM : le marteau hallucinatoire
« le: avril 08, 2010, 00:20:56 »
Le DXM est un hallucinogène qu'on trouve dans des sirops pour la toux, légaux et sans ordonnance. Ca se trouve aussi sous forme de gellules en vente libre, un peu moins gerbatoire.

Et donc, premier vrai trip au DXM hier : je me suis fait retourner comme une galette, je me suis fait concasser par la machine à rêve. C'était pas désagréable, mais j'ai senti que ça pouvait à tout moment déraper vers quelque chose que je ne préfère pas imaginer. En tous cas, je contrôlais plus rien du tout. La dose était plutôt faible pourtant. Soit je suis très sensible au produit, soit d'autres facteurs ont joué : par exemple le fait que j'avais pas bouffé depuis 24 heures et que j'avais dormi trois heures par nuit depuis trois jours (et bossé tous les jours). En tous cas je suis parti très loin.

Je vais sortit une évidence pour les connaisseurs, mais j'ai trouvé que physiquement c'était comparable à la kétamine, mentalement aux champignons. La différence avec les champignons, c'est la vitesse vertigineuse à laquelle ont défilé les visions, c'était pas du tout contemplatif, plutôt un mix de montagnes russes et de train fantôme que tu prends complètement bourré pendant qu'un pélican violet te bouffe les viscères. Truc du genre. L'impression de plus rien maîtriser, et que les pensées s'insèrent de force dans mon crâne, que ça déborde de partout.

Quarante-cinq minutes après la prise, plateau 1 typique : tout est un peu de traviole, je marche comme un débile, je m’amuse bien. J’en profite pour préparer quelques playlists pour plus tard. Peu à peu ça s’aggrave, c’est marrant de bouger, c’est n’importe quoi, mon champ de vision commence à saccader, à se séquencer en tableaux enchevêtrés. Je m’amuse bien mais je suis frustré d’être enfermé seul chez moi. J’avais prévu une longue soirée sans activités particulières pour bien en profiter, et je me retrouvais avec l’envie de bouger, de tester mes nouveaux membres en caoutchouc en conditions réelles. Alors je tourne en rond dans l’appart, je sautille à moitié, je m’ennuie vaguement. C’est drôle mais ça va cinq minutes. Je parle à une copine sur msn pour lui raconter. Elle me demande où j’en suis avec la nausée. Tout va bien de ce coté, je lui dis, et puis je me lève, et là d’un coup non : ça va plus. Direction les chiottes, bonjour la cuvette. J’ai les sueurs froides et le poignard dans l’estomac, je sais ce que ça veut dire. Mes chiottes, c’est devenu Silent Hill : les murs dégueulasses et crasseux (alors que j’avais fait le ménage trois heures auparavant) et mon champ de vision qui passe du jaune gluant au rouge sang. Blourg bouaarg. Ca y est c’est passé. Bon goût de bile entre les dents.
Ca va beaucoup mieux. Tout s’éclaire un peu, mon esprit se dépouille d’un peu de sa confusion naissante et je sens des vagues de soulagement déferler. Très agréable.
 
Peu à peu, ça s’accélère. J’essaye un peu de marcher, mais ça devient casse-gueule. Je vois les choses différemment, sous un autre angle, shroom-like. C’est comme si on avait demandé de peindre un intérieur de piaule à un céramiste grec, à un peintre de la renaissance, à un impressionniste puis à un artiste contemporain. Un même tableau mais très différent à chaque fois, et tout ça se succède dans ma tronche à vive allure, ça se chevauche, je comprends plus rien. Quand je bouge, je laisse derrière moi des traînées de visions qui s’effacent peu à peu comme des échos. Quand je m’arrête, les échos se stabilisent et m’entourent, me persécutant de visions difformes.
Aaah, la fente lumineuse sous mes stores… Je l’ai vue de manière très différente successivement, agréable puis pénible, fascinante puis dégoûtante. J’aurais du faire ça de nuit. Là j’y vois trop clair, ça m’empêche de laisser mon esprit voguer sans entraves. Globalement, je suis un peu trop déstabilisé pour trouver le trip agréable ou désagréable. Je me contente d’avoir froid ou d’être bien, d’être assis en position inconfortable ou allongé à l’aise, c’est ça qui colore le trip et le rend agréable ou pas. A ce stade, je préfère de loin mes trips aux chapignons : doux, contemplatifs, plein de vérités cachées qui se dévoilent. Là c’est un martèlement de visions absurdes dont je ne retire rien, et qui changent si vite que je n’ai pas le temps de les retenir. Je ne me sens ni bien ni mal, à peine intéressé. Je me force à me concentrer sur des visions pour le retenir plus tard.

Je m’allonge et mets un film. Au bout de dix minutes je m’aperçois que je n’y comprends rien et que j’ai envie de changer d’ambiance, alors je change. Pareil dix minutes plus tard. En fait je vois même plus l’écran, trop parasité par les visions. Quand je ferme les nuits, je sombre dans un étang de fractales rouges très mignonnes. Je laisse tomber les films et je mets la musique. Dark Ambiant, Inade (http://www.myspace.com/audiomythology titre Aion Teleos pour vous faire une idée) à tous les étages. Ca commence à être nettement plus intéressant. Dans la pénombre, au calme, les visions ont tendance à se stabiliser un peu, à être plus lentes et plus compréhensibles. Comme la surface d’un lac après qu’on ait jeté un caillou dedans. En fermant les yeux, elles se déploient et passent de l’abstrait au figuratif. Ca ressemble à l’hypnagogie, quand on s’endort et qu’on commence à rêver à demi-éveillé. Plusieurs fois, je me retrouve sur une sorte de balancier de métal avec Shiva à mes cotés. Puis dans une forêt de lierre, putain ça commence à être vraiment bon, la musique entre en résonance avec les visions, ça commence à tourner au mystique. Ca se synchronise, je grogne de plaisir, ça vibre de partout. Je passe de portes de verre, traverse des champs de bataille hantés de mendiants, je vois des mutilés, des gens dont les jambes viennent d’être fracassées par des mines. Il m’est donné de comprendre (pas ressentir, mais entrevoir) la quantité incroyable de souffrance physique qu’on peut alors ressentir. Quand les larmes explosent hors du corps sans qu’on puisse les retenir. A ce stade, je n’en suis plus à me demander si le trip est agréable ou pas, je ne suis tout simplement plus là. Mon organisme a faim et mon estomac gronde, mais c’est loin, tout ça. La faim est couverte par les visions. Je suis au centre de tout, entouré de cercles rougeâtres ondoyant, et le monde entier tourne autour de moi, mais non, j’ai un mur derrière ma tête, ma couverture de traviole, ça colle pas avec la symétrie parfaite de la vision. Hélas, je ne me sens pas en mesure de retirer de signification profonde à ce que je vois, contrairement à mes voyages sous champignons. J’ai juste une ou deux révélations de ci de là, l’une concernant le soleil et la lune, l’autre sur ma place en ce monde, et la manière dont j’ai laissé les mutilés derrière moi pour me retrouver au centre de l’univers. Aujourd’hui, si j’essaye d’exprimer ces vérités, elles ne veulent plus rien dire. L’ensemble était pas très introspectif finalement.
Je tripe à bloc.

On change. Je vais prendre une douche, pour voir, parce que j’ai encore un peu froid et j’ai envie de faire différent. Pleine lumière ce coup-ci. Evidemment les visions deviennent moins cohérentes, et je recommence à partir dans le kaléidoscope de l’après-midi, un puzzle de souvenirs, de visions déformées et de pensées aléatoires qui défilent à grande vitesse. Je me demande ce que ça ferait de bouffer du gel-douche. Je sens que ça commence à se tasser un peu, et les moments de lucidité se font plus présents. Là encore je serais bien en peine de dire si tout ça est agréable ou pas, je le prends juste comme ça vient, sans chercher plus loin.

Je retourne me poser devant un film, la descente est lente, très progressive, pas désagréable. Je me sens physiquement épuisé. Je renvoie un message à mon contact msn et je perds un peu les pédales en tentant de lui raconter. Me souvenir du champ de bataille me fait m’effondrer, je pleure à chaudes larmes. J’ai entrevu cette souffrance, cette horreur absolue où la mort est une délivrance. Sur le moment, ça m’avait pas marqué, mais là ça me chamboule.

Je fais un effort pour me calmer et rassurer mon contact, puis me couche pour m’endormir. C’était intéressant. Plutôt violent, plutôt intrusif, très rapide, et j’ai pas pu en retenir grand-chose de valable. L’impression de m’être retrouvé sur une enclume et aplati à grand coups de marteau hallucinatoire. La sensation d’un trop-plein de pensées qui m’a écrasé. Aujourd’hui, le monde ne m’a pas semblé différent. Mais les visions étaient extrêmement présentes, d’une intensité redoutable et rien que pour ça, j’aurai peut-être l’occasion de remettre ça, une autre fois. Dans quelque temps, histoire de digérer.

8
= PROPAGANDE GRAPHIQUE = / Le déserteur
« le: mars 30, 2010, 00:51:56 »
Une série de photo avec Glaüx-le-Chouette comme modèle. La première est prête, les autres bientôt :



9
= TRI SELECTIF = / Tri séléctif : Coprophage
« le: janvier 31, 2010, 22:36:02 »
Haïku cucul du bègue
Posté le 29/01/2010
par Coprophage


Sans doute mon chef-d'oeuvre, zonards.

Ah ! l'areuh-areuh
Du très très mimi bébé
Quand il fait popo
 

10
= CODE DE CONFORMITE = / Phrase finale
« le: janvier 05, 2010, 02:05:14 »
La phrase de fin de texte, c'est souvent la plus délicate. La chute, la conclusion qu'on retiendra, la morale de l'histoire, le final twist ultime sans lequel le texte n'aurait aucun sens. Il est grand temps d'établir des standards de qualité dans le domaine.

Cliquez sur les liens aléatoires vers les archives en page d'accueil et si oui, dites pourquoi.

Phrases de fin classiques chez les demeurés : http://zone.apinc.org/articles/1536.html & http://zone.apinc.org/articles/1148.html
Bonne phrase de fin : http://zone.apinc.org/articles/1599.html
Très bonne phrase de fin : http://zone.apinc.org/articles/396.html
Fin bègue : http://zone.apinc.org/articles/1536.html
J'ai onze ans et j'écris des textes d'épouvante : http://zone.apinc.org/articles/827.html
Final twist intersidéral : http://zone.apinc.org/articles/1531.html
"Bonjour j'ai oublié la fin de cette citation de Jésus-Christ" : http://zone.apinc.org/articles/459.html

11
http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/societe/20091224.FAP9679/seineetmarne_un_pere_tue_ses_deux_enfants_avant_de_se_s.html




LC : calomnie ! ce mec tel Marty McFly a juste cherché à réparer l'irréparable en debridant sa moto, en y foutant le kit du docteur Emmett Brown qu'il avait commandé sur un site russe et en fonçant tout droit vers le passé. Il n'a juste pas reussi à transmettre les 2,21 gigawatts dans le convecteur temporel en atteingnant avec sa moto la vitesse de 88 MPH (140Km/heure) avant de s'encastrer dans le transformateur electrique. Ces journalistes sont tous de petites putes qui ne pensent qu'à calomnier les gens et tout cela à des fin sensationnalistes pour vendre de la feuille de chou. pédés.

12
= DISCUSSION GENERALE = / Rorschach time
« le: décembre 05, 2009, 19:46:55 »


Alors, vous voyez quoi ?

13
= DISCUSSION GENERALE = / Tue le temps
« le: octobre 19, 2009, 01:21:04 »
Le Grand Administrateur attend de vous que vous lui indiquiez vos occupations anodines, ce que vous faites quand vous avez rien de mieux à faire, pour tuer l'ennui. Il cherche des idées pour ne rien branler en prétextant une activité obsessionnelle et peu enrichissante. Un truc qui réclame pas trop d'implication mentale, si possible sur le net. Liens et exemples à l'appui si possible.

J'ai testé les webcomics débiles et les mangas en ligne. J'ai vu les séries Oz et The Shield. J'ai testé divers jeux en flash et divers forums attenant à mes intérêts, pour peu qu'on puisse ainsi les qualifier. J'ai surfé sur /b/.
Récemment j'ai alterné frénétiquement les documentaires sur la naissance du christianisme et les compiles vidéos d'éjacs faciales. Je suis à court d'idées.

14
= TRI SELECTIF = / Tri séléctif : Lemon A
« le: septembre 29, 2009, 21:39:01 »
Je n'irai pas en Suisse
Posté le 09/07/2009
par Lemon A


Un travail d'esclave. Trois semaines dans une cave suisse, du lundi au samedi inclus, payé deux mille cinq cents euros cash. Du bon black work saisonnier qui ne se refuse pas, mais un travail d'esclave. Billy me refile le plan parce que des problèmes familiaux l’ont rendu indisponible. Sur le chemin qui nous conduit au cinéma il me parle fersen, une machine pour transporter des palettes, il me parle cuves remplies de raisin, il me parle chaîne de production, il me parle tuyau d'arrosage. C'est un boulot physique, mais d'après Billy, l'aspect le plus désagréable de l'ouvrage est d'un autre ordre, un ordre tout à fait différent, l'aspect le plus désagréable de l'ouvrage consiste à gérer trois semaines d'apnée au milieu d'une tripotée de débiles mentaux.


Pour ce boulot le vigneron suisse n'engage pas les noirs. Parce que les noirs sont feignants. En Afrique il fait très chaud, alors les noirs ne savent pas travailler. Dans les champs de cannes à sucre ils tombaient comme des mouches, à peine mis à la peine que déjà ils clamsaient. D'ailleurs, certain clamsaient avant même d'arriver jusqu'aux champs : ils clamsaient dans les cales des négriers. Heureusement, moi je suis blanc de peau.

Billy m'a inscrit deux numéros de téléphone sur un bout de papier, dont celui de l'employeur, un certain Monsieur Alfour que je dois contacter pour me faire embaucher. Je suis un cérébral et je n'ai aucune expérience dans ce genre de boulot, mais je ferai croire le contraire à Monsieur Alfour. Deux mille cinq cents euros net d'impôt pour trois semaines de travail, j'appelle ça une aubaine. Et une aubaine vaut bien quelques entorses à la réalité. Le second numéro de téléphone me porte vers la voiture de Switch. La Suisse est distante de plus de quatre cents kilomètres de Montpellier. Tous les ans, Switch est du voyage. Et tous les ans, les montpellierains recrutés par Monsieur Alfour profitent de la voiture de Switch. Je connais un peu Switch et je l'aime bien. Mais pour Billy, Switch appartient à cette bande de hippies cradingues. Un tas de feignasses ignorant la vérité du monde. Et puis, l'an passé, en Suisse, Switch a accusé Billy de s'être servi dans sa réserve d'herbe. A force de consommer de l'herbe, Switch est devenu paranoïaque. Car Billy ne fume pas.

Girl nous attend, Billy et moi, devant l'entrée du cinéma. Elle porte un gros parka kaki tombant sur son jean délavé et puis cet éternel air triste qui paraît faire partie d'elle-même. Girl ressemble tout entière à un air de chanson triste. Girl est hôtesse dans un bar américain de Montpellier. Dans la lumière tamisée du cloaque, par devant le pourpre des fauteuils, avec le concours d'une paire de talons hauts et d'une mini-jupe son air triste prend un tour diabolique. L'alcool, la cocaïne et l'imagination bovine des clients achèvent de fixer Girl en objet du désir. Ils commandent du champagne. Girl se serre contre les corps et sussure des obscénités aux creux de l'oreille. Ils éclusent quelques coupes. Ils giclent dans leur pantalon. Et leur semence nourrie le fils de Girl.

La séance de cinéma débute par une série de réclames. Comme à l'accoutumé, l'écran se retrouve envahi par de jeunes éphèbes et par des filles aux courbes attirantes. Ils respirent tous la santé. Ils sont tous remplis d'allégresse. Ils boivent du coca cola. Le soleil est éclatant. La nature est éclatante aussi. Les lumières vives des images ricochent sur les angles de la salle. Elles nous percutent les lumières. Elles nous percutent nous, figés, comme des pantins de bois, dans les fauteuils du cinéma. Une musique tonitruante et moderne ajoute à l'entrain des modèles qui se démènent sur la grande toile. Ils rebondissent, ils se redressent, ils se congratulent. La vie peut être belle.

Les lampes de la salle se rallument. Il faut encore attendre avant la projection du film. Billy fouille au fond de ses poches. Il compte des pièces de monnaie dans la paume de sa main droite. Puis il se lève et les spectateurs de notre rangée de siège se lèvent à leur tour pour le laisser rejoindre la travée d'accès. Je vois un grand chauve accompagné d'une petite femme rondouillarde. Je vois un autre couple, plus âgé, aux cheveux gris et au teint cireux. Je vois un homme seul d'une apparence commune et effacée. Nous sommes tous venus regarder le même film, au même endroit, au même moment. Et nous sommes tous assis sur la même rangée de siège. Mais Girl ne regarde pas les autres spectateurs. Girl me regarde moi. Elle me sourie à moi. D'un sourire triste comme une rangée de sièges.

On entend le bruit d'un sachet froissé. Les craquements d'un emballage que l'on déchire. Des gens qui parlent à voix basse. Je pense au boulot en Suisse. J'imagine la campagne vallonnée, des chalets en bois, une verdure propre et des routes un peu sinueuses. J'imagine que Monsieur Alfour revêt des bottes en caoutchouc blanc lorsqu'il déambule parmi les cuves de son usine. Et j'imagine qu'il part tous les étés, faire un safari dans un pays africain comme le Kenya. Les gens de notre rangée de siège se lèvent à nouveau. Billy regagne sa place. Il ramène une cannette de Coca Cola qu'il est allé chercher au distributeur automatique, au fond du couloir sur la droite, dans le hall d'entrée du cinéma.

C'est aussi par ce hall que l'on ressort après le film. On croise les gens qui font la queue pour acheter un ticket et assister à la séance suivante. Certains d'entre eux essaient de lire une réaction sur nos visages, ils scrutent à la recherche d'un commentaire. Je ne crois pas que la projection nous ait beaucoup transformé, Girl, Billy et moi. L'histoire était pas mal. Au cours de la séance, j'ai observé mes compagnons. Leurs silhouettes se découpaient, mystérieuses, dans l'ombre de la salle. Et je voyais leurs yeux briller comme des bulles de rosée exposées au soleil de l'aube. C'est la magie du cinéma.

Dehors la nuit tombe dans les gris. Billy nous abandonne. Il rentre chez lui. Girl me propose de boire un verre. Elle me donne le bras, on longe la place de la Comedie et on s'installe au café du Théatre, en face du comptoir. Girl commande un verre de vin blanc et moi une pression. Je commande toujours une pression. C'est devenu une habitude. Je commande une pression sans réfléchir. Sauf le matin ou lorsqu'il s'agit d'un rendez-vous professionnel. Alors, je commande un café. Au moment où le serveur pose nos consommations sur la petite table ronde, Girl cherche ses allumettes pour fumer une cigarette. Moi je pense à la Suisse, l'image d'un grog bouillant, l'image d'un feu de cheminée, l'image de bibelots inutiles et de clochettes dorées. Et puis je vois le gros ventre de Monsieur Alfour. Et la grosse moustache de Monsieur Alfour. Monsieur Alfour doit également avoir une grosse voix et de grosses mains et de grosses joues cramoisies. Monsieur Alfour doit bien se déguiser en père Noël une fois par an pour faire plaisir à ses petits enfants.

J'aime questionner Girl sur sa vie. J'ai le sentiment qu'elle m'inspire et que je suis fait pour être inspiré. Il ne s'agit pas de Girl elle-même, il s'agit plutôt de son quotidien, de ses activités, de sa façon de considérer les choses ou d'envisager l'avenir. J'ignore pourquoi, mais je suis fasciné par les réalités sordides. Parfois je suis persuadé d'être un radar, une sorte de machine programmée pour témoigner des choses cachées. Girl est une rescapée, un petit bout d'âme fragile qui traverse la vie sans protection, sans arme et sans autre béquille que l'oubli vénéneux de l'alcool, des cachets et des substances prohibées. A l'âge de quatre ans sa mère avait tenté de la noyer dans le fond d'une baignoire. Girl n'a jamais su les raisons de ce geste et je crois bien qu'elle en est restée un peu évacuée du monde. Girl porte cet air triste, un air de petite fille assassinée.

Girl me parle de son travail. Elle ne retournera plus au cabaret. Ca lui plaisait beaucoup de gagner de l'argent. Pas mal d'argent et facilement. Mais, hier au soir, elle a refusé de s'isoler avec un client. Parfois les clients investissent dans un magnum de champagne et demandent à une ou deux filles de les suivre vers un box, à l'écarts de la piste de danse et du bar, enfoui dans l'impunité d'un recoin. En théorie, les filles sont libres de refuser si le client ne leur paraît pas convenable. Et c'est bien ce qu'a fait Girl, elle a refusé de suivre un client qui ne lui convenait pas. Mais ce client était un habitué de l'établissement. Un type gras et qui laissait beaucoup d'argent. La patronne a tancé Girl à ce sujet, l'accusant de nuire au bénéfice de la maison. Et puis, à la fin du service, la patronne a calculé différemment la part d'argent qui revenait à Girl. Et le salaire de Girl s'en retrouva réduit très significativement.

En Suisse les filles de maisons closes ont certainement la peau laiteuse, les cheveux blonds et le nez frémissant. Elles descendent des escaliers de bois verni, fardées d'un maquillage criard et de vêtements transparents. Je me figure des dessous en dentelles, des tabliers à froufrou, des martinets, des trophées de chasse accrochés sur les murs et des messieurs âgés, des banquiers, des propriétaires et des hommes d'affaire aisés comme Monsieur Alfour. Ces images défilent dans ma tête comme les images sur l'écran du cinéma. Dans la lumière du café, les yeux de Girl pointent sur le marbre de notre table. Elle absorbe une gorgée de vin blanc, elle déglutit, elle me regarde et elle esquisse son sourire triste.

Non finalement c'est décidé : je n'irai pas en Suisse.

 

15
= INITIATIVES = / La dernière phrase
« le: septembre 24, 2009, 15:45:46 »
Vous qui aimez tant les final-twists...
Quels seront vos derniers mots avant de crever ?

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