LA ZONE -

La plus grande invention de l'histoire de l'humanité (après celle de la mayonnaise)

Le 16/05/2026
par tomatefarcie
[illustration]
- Jeunes gens, l'Assemblée des Sages vous écoute !
Les quatre gosses se consultèrent du regard. Ils étaient convaincus qu'on ne les croirait pas, qu’ils allaient se taper la honte, et aucun d’eux ne voulait être l’archéoptéryx de la farce.
- Oumpf, c'est toi qui as eu l'idée, c'est toi qui racontes.
Et Oumpf raconta.

Oumpf, Gneu et Hbru étaient assis sur un tronc, occupés à rien glander. Ils assistaient vaguement au spectacle d'un tigre à dents de sabre en train de bouffer le bras de Mdrk, un adulte qui avait tenté de tirer sur la bite de l'animal afin de voir si celui-ci aussi produisait du lait. Mdrk était un scientifique, la commu lui devait de nombreuses découvertes. Il avait par exemple été le premier à avancer un lien de causalité entre le fait de se mettre des grands coups de gourdin dans la gueule et le fait d'avoir mal aux dents. Et l'expérimentation lui avait donné raison : on avait arrêté les coups de gourdin dans la gueule et les douleurs dentaires avaient disparu. On pouvait de nouveau manger des cailloux pépouze.
Récemment, il avait observé un bébé aurochs pomper l’entrejambe d’un aurochs adulte. Il avait chassé le petit à coups de gourdin dans le mufle et avait pris sa place. Le résultat fut un véritable choc : un liquide blanchâtre avait coulé dans sa gorge, convoquant des souvenirs de quand il était lui-même bébé. Certes, il avait eu la chiasse pendant trois lunes, mais ce liquide blanc, c'était hyper bon ! L’expérience appelait à être renouvelée. Si possible sur des animaux qui puent un peu moins. Depuis, il s’était mis en quête de branler tout ce qu’il croisait, et cette tentative sur le tigre à dents de sabre lui vaudra d’établir plus tard un lien de causalité entre l’ingestion de lait et la perte des bras.
Les trois jeunes se lassaient rapidement des bouffonneries scientifiques de Mdrk, et puis ils s’inquiétaient pour leur pote Bwok. Ça faisait déjà un quart de soleil qu'il avait disparu, on ne l'avait pas revu depuis qu'il avait traversé le fleuve pour s'engager sur la rive droite.

- Quoi ? Bwok est allé sur la rive droite ? Vous savez pourtant que c'est interdit, c'est plein de nez-au-nasique ! Ils peuvent pas nous saquer, ils font rien qu'à nous faire des doigts depuis l’autre côté du fleuve, et à nous traiter de primates ! Qu'est-ce qu'il est parti faire là-bas ?
- Il est allé récupérer notre œuf de cracoucas…
- C'est à cause de Gneu, il a tenté un coup franc direct mais il a envoyé une grosse praline de l'autre côté du fleuve !
- Ouais, il a pas mis assez d'effet dans l'œuf.
- C'est même pas vrai, on m'a poussé au moment de tirer !
- Mytho, t'as juste bourriné, c'est tout…
- Mes frères Sages, je jure qu'il y a eu gênette au moment d'armer ma frappe !
- Suffit ! Oumpf, poursuis ton récit !

Bwok avait fini par reparaître un quart de soleil plus tard. Il était mal en point, il aurait essayé de tirer sur la bite de tout un troupeau de mammouths que le résultat n'aurait pas été différent.
- Putain, mec, qu'est-ce qui t'est arrivé ? T'as pris une grotte sur la tronche ?
- Et l'œuf de cracoucas, tu l'as rapporté ?
- T'avais pas des genoux, avant de partir ?
Et Bwok raconta.

Il avait repéré l'œuf, mais au moment de s'en emparer, une bande de nez-au-nasique lui était tombée sur le râble. À six contre un, ils l'avaient démonté, le rouant de coups de gourdin, sûr que personne de chez eux n'était en mesure de faire des liens de causalité. Ils l'avaient insulté, aussi. Notamment à cause de sa couleur de poil.
- Comment ça, ta couleur de poil ?
- Ils disent qu'il est noir.
- Ben oui, parce que tu es sale.
- Mdrk n'a pas encore découvert le soin corporel, on est tous sales.
- Non mais moi je suis né comme ça, ils disent.
- T'es né sale ?
- Je suis né avec le poil noir.
- Ben ouais, mais qu'est-ce qu'on s'en fout ?
- Le père de Gneu est né avec le poil gris, ça n’empêche pas Gneu de tirer ses coups francs comme une brêle.
- Y a eu gênette !
- La mère de Oumpf est née avec le poil jaune, et pourtant Oumpf est intolérant au soja. Et moi mon père est né avec le poil roux, et pourtant je pue pas.
- Ben si, tu pues carrément !
- Nan mais c'est en attendant que Mdrk découvre le soin corporel.
- Ce qu'il veut dire, c'est qu’on peut pas nous stigmatiser sur la couleur de notre poil, c’est un non-sens !

- Attends, Gneu… Tu as vraiment dit “stigmatiser” et “c’est un non-sens” ?
- En vérité j’ai dit “Mais qu’est-ce qu’on s’en fout ?”, mais comme j’avais déjà dit ça juste avant, j’ai tenté d’apporter une touche moins convenue à mes répliques.
- Tu sais quoi ? Je vais te coller mon 61 au derrière, je te jure que tu vas apprendre à voler ! Et ça te fera passer le goût de faire de la littérature ! Bon allez, continue ton récit…
- Mais c’était pas moi qui racontais ! En plus j’ai été poussé au moment de poser mon pied d’appui !
- T’es sûr ? Putain, ça devient chaud à suivre… Qui qui racontait alors ?
Personne ne savait. Alors Hbru raconta.

Les quatre jeunes ne comprenaient toujours pas pourquoi Bwok s’était fait assaisonner de la sorte par les nez-au-nasique. Certes, ceux-ci les taquinaient souvent depuis la rive droite, à leur faire des doigts ou les traiter de primates, mais de là à cogner à six contre un, ça n’avait aucun bon sens ! De toute façon, le bon sens n'existait pas encore. Et ils pariaient qu'il n'était pas près d'exister. Alors ils envisagèrent :
- On fait quoi ?
- Et si on allait rive droite, qu'on en chopait un en lui tombant dessus à quatre contre un, et qu'on lui tannait la peau du cul à coups de 53 ? À nous quatre ça fait environ 212 ! Le gonze, on va lui faire cracher ses gencives par le nez !
- Perso, je sais compter que jusqu’à 13.
- Ou alors on lui balance des coups de gourdin dans la gueule !
- Non, je sais : on lui enfonce nos gourdins dans le cul !
- Sinon on a qu'à lui faire bouffer un rhinocéros laineux !
- Ou lui en incarcérer un dans le cul !
- C'est quoi ton délire avec les rectums ? C'est chelou, sérieux…
- Et si on lui caillassait sa face ?
Le caillassage fut adopté à trois voix contre une.
Ils se rendirent rive droite, en loucedé, et réussirent à repérer un des nez-au-nasique qui avaient dessoudé Bwok. Le type était en train de faire des jongles avec l'œuf de cracoucas, sans jamais parvenir à battre son propre record, vu qu'il ne savait compter que jusqu'à zéro. Les quatre surgirent d'entre les herbes et le caillassèrent sa mère.

- Il ne s'est pas enfui ?
- Si, mais il courait en rond, il n'arrêtait pas de tourner à droite.
- Ouais, on avait juste à attendre qu'il repasse devant nous pour l'allumer à bout portant.
- On lui a fait brûler ses calories !
- On l’a grave cramé!
- On l’a méchamment fumé
- Cool ! Je comprends pas tout, mais c’est cool, vraiment, vive la jeunesse ! Et c'est tout ce que vous aviez à exposer à l'Assemblée ?
C’était pas tout. Gneu raconta.

Ils caillassaient à s’en flinguer la coiffe des rotateurs, quand soudain un truc totalement marteau se produisit : des cailloux se percutèrent et, ce faisant, provoquèrent des éclats vifs et aveuglants. Ceux-ci atteignirent les herbes sèches dans lesquelles le nez-au-nasique cavalait. À leur contact, ils déclenchèrent un phénomène similaire à celui engendré par les éclairs sur les arbres, les jours de vilain temps.

- Ce sont des étincelles, produit du choc entre des roches dures, telles que le silex, et des minerais de fer, tels que la pyrite ou la marcassite (sulfure de fer) ! Les particules arrachées au sulfure de fer s'oxydent immédiatement dans l'air (réaction d'oxydation exothermique) et génèrent ni plus ni moins que des étincelles particulaires, incandescentes, dont la durée de combustion est suffisamment longue pour que… Oh pis merde, j’ai déjà raconté tout ça dans mon colloque “causalité entre le fait de caillasser des cailloux et le fait de se roussir la tronche”, mais on m’écoute jamais !
- Merci, Mdrk, mais là on est en train de recueillir le témoignage de jeunes gens qui disent avoir réussi à recréer un phénomène similaire à celui des éclairs.
- Le FEU, ça s’appelle, c’est ce que j’ai expliqué l’autre coup ! Mais à chaque fois on m’écoute jamais !
- OK, la prochaine fois on t’écoutera. Maintenant, va branler un diplodocus et laisse-nous travailler. Gneu, tu peux reprendre.
Gneu n’avait pas trop les mots. Lui, son truc, c’était plutôt de mettre des enroulés dans les œufs de cracoucas, mais il essaya de décrire.

L’herbe, le nez-au-nasique, tout ça était devenu encore plus éblouissant que les éclats scintillants, puis ça avait fait WOUF !, c’était chaud comme si le soleil était tombé par terre, ça avait piqué les yeux à fond, le nez-au-nasique était maintenant tout rouge, ça faisait des cloques sous sa peau, et puis plus de peau, plus de poils, et puis il gueulait comme un putoinosaure qu’on égorge, et puis il était maintenant tout noir, il ne gueulait plus, et ça puait la mort, et à la fin ça avait fait comme un tas de poussière et ils avaient pissé dessus, ils savaient pas trop pourquoi, mais ils avaient estimé sur le moment que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire.
Mais plus insolite encore, il y avait eu l’œuf de cracoucas. Le nez-au-nasique, dans sa course, l’avait lâché dans une flaque. Et pendant le phénomène luminescent, l’eau s’était mise à faire des grosses bulles, puis quand tout a été fini, au bout de dix minutes chrono, les quatre jeunes l’avaient retiré du bouillon et avaient constaté que la coquille était fendue. À l’intérieur, c’était pas liquide et visqueux comme quand Gneu mettait une grosse praline contre un rocher et que l’œuf explosait. Non, là l’œuf était devenu dur et…

- Les œufs durs, bordel ! Pour accompagner, on monte une mayonnaise, ça fait des œufs mimosa, c’est une tuerie en bouche ! Je vous avais présenté la recette dans mon colloque “causalité entre ce qui sort du rectum d’un cracoucas et la préparation d’un pique-nique” !!
- Mdrk, la paix ! Admettons que tu nous aies déjà parlé des “œufs durs” et du “feu”. Mais alors qu’en est-il des raisons qui ont poussé les nez-au-nasique à tabasser Bwok ? Surtout que ce n'est pas la première fois que ce genre d'incident se produit. Ils se sont déjà attaqués à nos nez-bulleux, nos nez-gros, nos nez-rlandais, nos nez-scafé, nos nez-vystrauss, et même à nos nez-nette. C'est quoi leur problème avec les nez ? C'est tous les mêmes, non ?
- Ben quand même, pour les nez-vystrauss…
- La barbe, Mdrk ! Tiens, justement : les poils ? Comment tu expliques qu'ils font une distinction sur la couleur ? Hein, Monsieur Je-sais-tout ?
- J’avoue, je sèche…
- Bien, alors maintenant on fait quoi ? On laisse les nez-au-nasique agir comme ça aveuglément et éternellement ?
- Et si on allait leur mettre des coups de gourdins dans la gueule ?
- Répondre à la violence par la violence ? Je sais pas, faut y réfléchir…
- Alors on les caillasse ! J'aimerais bien voir le coup de la réaction d'oxydation exothermique, ça a l'air dément !
- Non, je sais ! On va aller défiler rive droite en brandissant des bâtons et en gueulant des trucs pacifistes et en chantant “Heal the world, make it a better place” et en faisant une farandole !
- Excellent ! Je vais préparer des œufs mimosa pour le ravito !
- Non, c'est naze. On va aller les caillasser.


***


Rive droite, une Assemblée des Sages s'était réunie en session extraordinaire afin d'essayer de comprendre l'incompréhensible : un des leurs avait fini en tas de poussière alors qu'il était gentiment en train de faire des jongles. Des témoins avaient décrit une scène “d'une violence sans précédent”, un déchaînement de haine gratuite, et des cailloux qui lançaient des éclairs sur le nez-au-nasique, mais là on les avait traités de mythos. En revanche, on n'avait eu aucun doute sur l'identité des barbares. C'étaient ceux d'en face, les trangers.
Les Sages avaient ratifié un décret énonçant qu'un bon nez-tranger était un nez-tranger mort. Et on allait tout mettre en œuvre pour que chacun de ces babouins devienne un bon nez-tranger. Puis on entendit voler les mouches.
Pas plus d'une minute, car un vacarme vint briser la solennité de l'instant. Une horde d'envahisseurs déferla et mitrailla les Sages de cailloux et d'œufs mimosa. Un grand WOUF ! précéda une forte odeur de cochon grillé, qu'accompagna une chorale de voix goguenardes :
Grill the world
Make it a better place
For Bwok and for Gneu
And the entire homo race


Ces espèces de primates de la gauche du fleuve, tout à leur karaoké qu'ils étaient, ne semblaient même pas prendre conscience qu'ils venaient de corrompre la plus grande invention de l'histoire de l'humanité (après celle de la mayonnaise) : la minute de silence à l'Assemblée.

= commentaires =

Lapinchien

Pute : 354
à mort
    le 16/05/2026 à 11:44:50
On pourrait parler de l'anachronisme conceptuel comme arme de déconstruction politique, du rectum comme espace de convergence des pulsions primitives, de la désacralisation des rites mémoriels et institutionnels, du darwinisme de la connerie au profit du plus débile, des band-aids face à la barbarie, de la démocratie du gourdin, de la schtroumpfisation shadokesque du récit, mais je suis tombé sur une bombe en lisant "détective magazine", Tomatefarcie serait issu d'une lignée de forains alors comme on n'échappe pas à son atavisme : Alllllllez attentionz les yeuxzzzz ce texte il secoue ssssssévère comme un vieux shaker avec de la barbapapapapapa et des pommezzzz d'amourrzzz contre la haine des néo-naziquesssss, harnachezzzzz vous bien à la bécane parce que le rollercoasterzzzz va vous secouer le cerveauzzzzz et n'oublieeeezzz pas de prendre votre jetonzzzz zaaaau guichet. Grand coup de génie du facho bloqué comme une auto-tamponneuse dans son culzzzzz... Deeeeeuxième tour gratuit car à n'en point douter, Tomatefarcie est venu sur la Zone pour y décrocher le pompon.
Lapinchien

Pute : 354
à mort
    le 16/05/2026 à 12:53:26
J'aime beaucoup l'illustration mais je tenais à rectifier une contre-vérité : les Hommes n'ont jamais vécu à la même époque que les ouvres-boîtes géants.
tomatefarcie

Pute : 13
    le 16/05/2026 à 14:08:54
Tout de suite les accusations... Alors parce que j'étais forain, c'est forcément moi qui aie dépucelé ta soeur !
C'est possible, mais si c'est le cas, sache qu'elle est repartie avec un jeu de cartes des 7 familles.

L'illustration dépote, en effet. Rien que pour ça, je voterai pour ce texte.
Édition par le commentateur : 2026-05-16 14:09:23
Lapinchien

Pute : 354
à mort
    le 16/05/2026 à 15:39:28
L'hymen de ma sœur est intact et je le sais très bien parce qu'à chaque fois que je la nique mon micropénis bute dessus.
Lapinchien

Pute : 354
à mort
    le 16/05/2026 à 15:41:40
Mais c'est exactement à ça que je faisais référence quand je parlais de décrocher le pompon.
Lapinchien

Pute : 354
à mort
    le 16/05/2026 à 15:52:22
Sinon une fois quelqu'un m'a doigté dans le train fantôme de la foire du Trône mais je n'ai pas porté plainte, au contraire j'ai refait un tour mais le toucher prostatique était probablement une offre de bienvenue car je n'y ai plus eu le droit.
Nino St Félix

Pute : 192
    le 16/05/2026 à 16:39:44
Et voilà, je savais qu'on allait l'avoir, Heal the World, tot ou tard, bingo ! Rien que pour ça, ce texte mérite de finir au moins sur le podium. Ca et le foot préhistorique, bien sûr.

J'ai lu ce texte il y a quelques temps, au début j'avais trouvé le ton un peu trop "potache", et puis un peu gratuit-facile par moments. Mais en fait, je dois reconnaitre que tenir ce ton/ironie sur la durée, sans tomber dans l'auto-caricature, ou tout simplement la méga-lourdeur (comme on l'a eu, notamment avec un paquet de textes sur Navet) c'est une gageure.

Et puis y'a un truc qui trompe pas, pour moi, c'est quand, en lisant un texte, je sais tout de suite ou presque ce que je voudrais dessiner pour l'illustrer. J'imagine que ça pourrait être considéré comme au contraire un signal de pauvreté du contenu (ou de mon imaginaire). Mais moi justement je vois plutôt le fait qu'il laisse la place a l'imaginaire, contrairement là (gros paradoxe d'ailleurs) a moult textes sur Lovecraft.
tomatefarcie

Pute : 13
    le 16/05/2026 à 17:17:06
Je pense que le côté gratuit/facile, vu le theme de cette année, on y a tous été confrontés, quel que soit le ton adopté. C'est pour ça que j'ai bien aimé les textes de Caz et du Pouilleux, j'aime bien cet esprit "quitte à y aller fort, autant y aller trop", et je trouve qu'ils y sont parvenus.
Mais j'entends que l'empilement de ressorts comiques dans ce texte, que LPC a listés dans son premier comm, puisse vite lasser.
Nino St Félix

Pute : 192
    le 16/05/2026 à 17:32:04
Oui, je pensais surtout aux jeux sur les noms et les situations. Mais c'est en effet ce qui se passe dans le texte de Le Pouilleux. Je pense que les prétendants, malgré tout, ne sont pas trés nombreux au final. Sur 60 textes environ, y'en a 6 ou 7 qui vont se tirer la bourre. Si on termine la St Con un jour (le 22 si tout va bien). Et si le site survit jusque là (y'a pas de raison, hein)
Malcom Fabulous

Pute : 5
    le 17/05/2026 à 23:52:57
Très sympa ce texte, directement dans le top quelque chose de mes lectures ici. La référence aux Schtroumpfs est un plus non négligeable.
LePouilleux

Pute : 29
    le 20/05/2026 à 23:15:58
Un des trucs les plus agréables que j'ai lu pour cette Saint-Con. Parce que c'est tout simplement drôle et plein d'esprit. Il y a un sens du rythme qui est chaud à trouver quand on veut faire de l'absurde un peu qualitatif. Et là, ça se tient du début à la fin. Ça aurait mérité de s'énerver un peu plus sur la crémation mais pour moi ça rentre facilement dans le top 3.

Poupouille content.
Lindsay S

Pute : 246
    le 21/05/2026 à 12:40:06
MANUEL DE SURVIE ACADÉMIQUE
Etude du corpus pré-logique à dominante humoristico-violente

Fragment narratif pseudo-préhistorique à structure dialogique instable (dit “texte des nez-au-nasique”)

1. Objet
Officiellement, il s’agit d’un récit situé dans une préhistoire imaginaire, peuplée de groupes antagonistes, de pseudo-scientifiques enthousiastes et de cailloux manifestement trop actifs.

Officieusement : un système où la cohérence a visiblement pris la fuite très tôt, sans laisser d’adresse.

2. Hypothèse de base
la science est encore en phase de bêtatest ,la violence sert de langage courant, et la logique… disons qu’elle n’a pas encore été installée.

Tout est expliqué après coup, ce qui est une méthode comme une autre pour éviter de réfléchir avant d’agir.

3. Organisation générale (ou ce qui en tient lieu)
3.1. Le dialogue permanent
Tout le monde parle tout le temps.
Personne ne semble écouter.
Et pourtant, l’histoire avance.
C’est probablement une métaphore de quelque chose. Ou une blague. Les deux, sans doute.

3.2. La science selon Mdrk
Mdrk est ce moment historique où l’humanité a confondu : observer un truc et le comprendre
Son protocole expérimental peut se résumer ainsi : “si ça fait mal, on tient peut-être une piste”
Ce qui, étonnamment, a parfois fonctionné.

3.3. Les “nez-quelque chose”
Ils remplissent une fonction simple : incarner l’ennemi interchangeable.
On aurait pu leur donner une culture, une histoire, des nuances.
Mais non. Ça aurait été trop simple. Et surtout, ça aurait réduit le nombre de blagues possibles.

4. Sur la causalité
Dans ce texte, une chose est constante : la causalité est un sport de contact.
Exemple typique :
un caillou frappe un autre caillou
résultat : feu, guerre, transformation chimique avancée
conclusion : personne ne sait, mais tout le monde a une opinion

C’est de la pensée scientifique… mais après trois bières et un choc crânien.

5. Fonction des personnages
Les jeunes hésitent entre :
organiser une expédition punitive ,inventer une nouvelle insulte, découvrir accidentellement la physique
Ils choisissent généralement les trois en même temps.

Mdrk, personnage pivot représente cette phase de l’histoire où quelqu’un dit :
“je vais tester un truc” juste avant que tout devienne problématique.

6. Ton et registre
Le texte mélange joyeusement : langage pseudo-primitif, vocabulaire pseudo-scientifique, expressions contemporaines qui n’ont rien à faire là
Résultat : un climat narratif où personne ne sait vraiment quand on est censé rire… mais on finit par le faire quand même.

7. Ce que ça raconte vraiment
Derrière les gourdins et les œufs bizarres, on trouve :
la fabrication des “nous contre eux”
la transformation de l’incompréhension en violence organisée
et cette vieille habitude humaine de faire des théories avec très peu d’éléments et beaucoup de confiance
Rien de neuf sous le soleil. Sauf peut-être le soleil lui-même, qui semble un peu instable.

8. Conclusion
Ce texte n’explique pas le monde. Il le regarde faire n’importe quoi et décide que ça mérite un compte rendu. Et paradoxalement, ça fonctionne.

Pas proprement. Mais suffisamment pour qu’on continue à lire au lieu de fermer le document et d’aller faire autre chose de plus stable mentalement.
tomatefarcie

Pute : 13
    le 21/05/2026 à 18:12:11
Ce texte est très documenté et s'appuie sur des sources assurément fiables, puisque provenant d'une somme encyclopédique dont je peux fournir la liste des comptes TikTok qui l'ont alimentée. Seuls les noms des protagonistes ont été modifiés par respect pour leurs descendants.

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