Je suis dans le taxi. Enfin, une Dacia Logan qui pue la sueur d’Olivier, le chauffeur. Évidemment qu’il s’appelle Olivier, ils s’appellent tous Olivier, c’est la règle non écrite de cette putain de ville. Il a une jupe plissée bleu marine, des mollets poilus, un parfum de désodorisant pin des landes accroché au rétroviseur et une sale manie de renifler toutes les trente secondes. Sa clim est morte depuis 2008 et il fait chaud comme dans un hammam pour clochards. J’ai déjà envie de me barrer. Je regarde Amélie, ma femme, assise à côté de moi, pantalon noir moulant, bouche fermée, regard perdu dans les lumières de Woke City. Elle fait semblant d’être concentrée sur son téléphone mais je sais très bien qu’elle me juge en silence, qu’elle se demande déjà si je vais foutre le bordel à la soirée d’anniversaire. Évidemment que je vais foutre le bordel, je ne sais faire que ça.
Je pense : WOKE CITY. Rien que le nom me file la gerbe. Une ville où les hommes se trimballent en jupes comme des collégiens écossais dépressifs et où les femmes ont toutes décidé qu’un pantalon, c’était plus pratique pour ramper dans la merde quotidienne. Une inversion des codes, une mascarade sociale, et tout le monde fait semblant de trouver ça normal. Comme si enfiler une jupe allait régler la guerre des sexes qui avait atteint depuis MeToo un stade de décomposition avancé.
Le chauffeur me demande :
- Vous allez où, chef ?
Sa voix nasillarde me donne envie de lui éclater la tête contre son volant.
- Chez Amélie, rue Riquet, c’est un anniversaire.
- Ah ouais, Amélie, je la connais, elle prend souvent le taxi.
Bien sûr qu’il la connaît, elles s’appellent toutes Amélie. C’est pratique : tu cries Amélie ! dans la rue et la moitié des femmes se retournent. Le chaos garanti. D’ailleurs, je ne regarde plus un film ou ne vais à une pièce de théâtre, je ne comprends plus rien. Quand le mari cocu porte le nom de l’amant, quelque part, on peut se dire qu’il y a quelque chose de pourri au royaume du wokistan.
Amélie, ma femme, me glisse
- Sois sympa, ce soir. Promets-moi. Essaye de ne pas parler de nos histoires pour une fois.
Je souris et je pense à mon couple, enfin, à ce qu’il en reste. Deux assiettes Ikea, un crédit pour payer les études de nos marmots aux US, des conversations molles sur le choix entre poisson ou poulet, et des soirées Netflix où elle s’endort en dix minutes, pantalon encore sur le cul. Le sexe ? Un souvenir de stage obligatoire, trois fois par an, avec lubrifiant et soupirs surtout quand elle revient de chez son amant, Olivier, qui lui a refait la chatte du sol au plafond avec sa bite tordue comme un vieux clou qu’on a arraché du mur. Autant dire rien. Alors ce soir, quand j’ai vu qu’on était invités, j’ai dit oui. Pas pour elle, pas pour fêter l’anniversaire d’Amélie, pas elle, l’autre, mais pour voir la ville dans son cirque.
Le taxi s’arrête. Olivier se retourne, sourire crasseux :
- Voilà chef. Bonne soirée !
J’ai envie de lui dire : Ferme ta gueule et garde ta jupe, tu me dégoûtes, mais je lui tends un billet froissé et je sors avec Amélie. L’air moite de la ville nous avale.
L’immeuble est banal, façade grisâtre, interphone qui grésille, odeur de pisse dans l’entrée. Amélie tape le code, porte qui claque. On monte. Chaque marche pue le renoncement et l’envie de se suicider. J’entends déjà de la musique qui arrive du palier : une techno mal mixée. La porte s’ouvre, Amelie nous accueille avec un sourire carnassier comme si elle venait de bouffer la bite de son voisin.
Et me voilà dans ce grand appartement où grouille des dizaines d’Olivier en jupe courte, certains maquillés, d’autres torse nu avec des colliers ridicules. Les Amélie, toutes en pantalon serré et soutien gorge apparent. Ça rigole, ça hurle, ça boit, le tout dans un mélange de prosecco de chez Lidl, de parfum discount et de sueur libidineuse. Amélie, ma femme, me prend la main, façon couple modèle. Je la laisse faire, mais je sens déjà que nos mains sont collantes et je l’abandonne rapidement pour aller fumer une roulée dans un coin où je peux me retrouver un peu seul.
Au centre du salon : un poteau, un vrai poteau chromé, fixé au plafond. Une Amélie s’y agrippe. Elle fait du pole dance, cul serré dans son pantalon noir moulant et taille basse, laissant apparaître un string rouge. Les hommes sifflent, applaudissent ou regardent avec les yeux d’un renard qui voit une poule. Pour ma part, je regarde aussi mais moins pour l’acrobatie de strip-teaseuse recyclée ou l’aspect lubrique que pour le pari mental que je me suis fait sur la marque du string : Monoprix ? Intermarché ?
Elle ondule sur la barre comme un escargot sur une feuille et les Olivier filment avec leurs téléphones, jupes retroussées, cuisses moites. Les Amélie ricanent, verres à la main, lèvres peintes comme des guenons en chaleur tout en se lançant des œillades complices.
Et là, la danseuse descend complètement du poteau. Elle marche droit vers Amelie (ma femme). Elle s’approche lentement, son regard fixé sur elle. Elle lui prend le visage, colle sa bouche sur la sienne. Un baiser, un vrai, façon alien qui cherche à pondre un œuf au fond de la gorge. Langue, salive, public en délire, sortez les ballons et cotillons, je n’en crois pas mes yeux, ma clope me tombe du bec.
- EH BIEN LA SALOPE !!
Elle l’embrasse comme si ma femme était la dernière bouteille d’oxygène sur le Titanic. Et moi, je suis là, planté, spectateur de mon propre naufrage conjugal, les mains ballantes, la queue molle, la cervelle en vrac. Tout le monde applaudit, ça filme, ça commente, les Olivier en jupe se dandinent, certains sortent leurs bites molles, d’autres se flagellent déjà avec leurs ceintures comme si c’était un rituel païen. Et les Amélie, laissant tomber leurs fringues, se mettent à ramper par terre, à se frotter contre le parquet comme des limaces en chaleur dans le micro-onde d’une cuisine de l’enfer.
Je regarde ma femme de loin, elle ne recule pas et reçoit ce baiser avec plus d’entrain que nos conversations chiantes ou nos factures. Ça me dégoûte et ça m’excite en même temps, mélange infâme de honte et de rut.
S’approche alors de moi, Olivier, torse nu, crâne rasé, verre de whisky à la main, Il lève le bras comme un prêtre et me lance :
- EN FRANCE IL Y A DE LA CULTURE MAIS PAS D’ARTISTE !
Je le regarde du coin de l’oeil en rallumant une clope.
- PAS D’ARTISTE ! AUX ÉTATS-UNIS, ILS N’ONT PAS DE CULTURE, MAIS ILS ONT DES ARTISTES. ET VOILÀ POURQUOI ILS SONT PAYÉS, EUX. ET NOUS, RIEN, NADA !
Il boit une gorgée, rote.
- TU SAIS OLIVIER ? EN FAIT ICI, ON EST LES CLOCHARDS DE L’ART. ON EST LES BALEINES ÉCHOUÉES SUR LES BANCS DU MINISTÈRE DE LA CULTURE.
Je m’apprète à lui répondre mais ma femme revient vers moi. Ses lèvres sont rouges et brillantes. Elle me dit à l’oreille :
- C’était juste un jeu.
Un jeu ? UN JEU ? Moi j’ai signé pour un crédit, deux gosses, pour trente ans de gratin de choux-fleurs, pas pour voir ma femme se faire rouler une pelle par une Amélie sous acclamations de clones en jupe. Je sens la tension qui monte en moi.
- VOUS ÊTES TOUS MALADES !
Olivier, un voisin de clope, me regarde avec des yeux de veau.
- T’ES PAS WOKE, FRÈRE !
- WOKE MES COUILLES !
Les regards se tournent. On me fixe. Je suis le pauvre connard qui n’a pas compris le délire. Je m’en fous, je voudrais sortir, claquer la porte, mais mes jambes restent plantées dans le sol à espérer la crise cardiaque pour ne plus jamais avoir à fuir.
Un autre Olivier, nu cette fois, commence à se fouetter le torse avec un câble électrique. Les marques rouges apparaissent, il crie de plaisir. Les autres l’imitent. Une dizaine d’Olivier en jupes relevées, bites molles et cuisses flasques, se flagellent en cadence. Les Amélie rampent autour d’eux, lèchent le sol, miaulent.
Je me dis : C’EST UN ZOO. Un putain de zoo où les cages ont été ouvertes. Ma femme me regarde encore. Elle sourit, elle me dit :
- Détends-toi, Olivier.
Mais j’ai envie de me barrer, elle vient de faire un château gonflable avec sa langue et je ne me sens plus l’envie de converser avec elle. Je me retourne, je fais un geste un peu brusque, bouscule Olivier (encore un autre, il faut suivre) qui me lance une bière à la gueule. Je suis trempé, ça colle. Je veux frapper quelqu’un mais ma main reste paralysé. Je suis seul contre une armée de dégénérés en jupes et de rampantes qui se galochent.
Le prophète au whisky reprend la parole :
- L’ART EST MORT. NOUS SOMMES L’AVENIR.
Il lève son verre, il le casse contre son torse nu, le sang coule. Tout le monde applaudit. Ma femme s’éloigne de moi, elle rejoint une autre Amélie et se prennent la main. Elles rigolent. J’ai envie de les gifler toutes les deux. Mais je reste planté, comme un chien battu qui regarde son maître caresser un autre chien.
Les hommes, une vingtaine, à poil complet maintenant, jupes jetées dans un coin, slips déchirés, peau rouge se fouettent mutuellement. Ceintures en cuir, branches d’orties arrachées d’on ne sait où, leurs dos sont striés, sang qui perle, marques violettes. Certains hurlent comme des possédés, d’autres rient comme des hyènes. La pièce sent le sang chaud mélangé à la sueur aigre.
Les femmes, elles, ont abandonné leurs pantalons en même temps que leur morale. Ça s’est fait en silence, une par une, comme une contamination. Pantalon ouvert, glissé au sol, culottes vite arrachées. Et maintenant elles rampent, à quatre pattes, seins ballants, cheveux plaqués de sueur, certaines se frottant carrément contre les chevilles ou les mobiliers, d’autres léchant le parquet, mordant les plinthes mais toutes gémissent en chœur.
Ma femme, Amélie, est au milieu. Elle a enlevé son pantalon, comme les autres, je la reconnais à son grain de beauté sur la cuisse gauche. Elle rampe, elle aussi, comme une chienne. J’ai envie de l’attraper par les cheveux, de la ramener à la maison, mais je reste figé, partagé entre le dégoût et l’excitation.
Un autre Olivier, torse lacéré, s’approche de moi, il a l’air de comprendre que je ne suis pas trop dans leur délire.
- REJOINS-NOUS, FRÈRE !
Il éclate de rire, se fouette encore plus fort, sang qui éclabousse le mur blanc. Les autres reprennent en criant :
- OLIVIER ! OLIVIER ! OLIVIER !
Ils scandent mon nom, mon nom qui est le leur, une boucle débile, un enfer de clones hurlants. Je titube jusqu’au frigo, une chaleur immonde me frappe : les bouteilles de prosecco sont toutes tièdes, certaines explosées, je vois un camembert éventré qui me rappelle la puanteur qui loge au fond de mon âme. Je prends une canette de bière, je l’avale d’une traite, goût de métal, goût de pisse, je rote, personne ne m’écoute, tout le monde est occupé à s’autodétruire.
J’ai perdu la notion de l’heure. Il fait nuit, nous sommes enfin sortis de cet appartement et j’ai envie de dormir. L’air extérieur me semble être le paradis alors que WOKE CITY se noie dans sa crasse habituelle, rats qui courent devant moi comme des cadres en retard au boulot, pisse séchée qui croute sur les murs en dessinant des anges. Et Amélie à côté de moi, pantalon à la main, culotte à l’air, cheveux collés, regard perdu me tient la main comme un enfant qui irait à l’école la première fois.
On marche quelques mètres, j’appelle un taxi. Silence dans la voiture. Olivier (l’autre, le chauffeur, suivez un peu) conduit, Amélie regarde par la fenêtre, ses yeux brillent encore d’une joie que je ne comprendrai jamais. Moi, je sens la sueur séchée et le prosecco, une odeur de zoo après fermeture, je ferme les yeux. Je voudrais dormir un siècle.
Et là, une explosion.
Un bruit qui n’a pas de sens. Pas un pétard ou une bombe, non, un son énorme qui te traverse les os. Le sol vibre et les vitres de la Dacia qui éclatent en mille morceaux. Olivier pile. Je me cogne le front contre le siège et ma femme hurle.
Je sors. Tout le monde sort. Dans la rue, c’est la panique, des Olivier en jupes courent dans tous les sens, des Amélie trébuchent, perdent leurs chaussures. Et au bout de la rue, ça arrive.
Un liquide épais et blanchâtre.
Ça coule comme une marée de foutre géant, dégoulinant des immeubles, jaillissant des égouts, s’infiltrant partout. Ça mousse, ça pue le lait caillé et le chlore mélangés. Les passants hurlent, glissent dedans, s’y noient presque. Des bouches avalent, des nez s’étouffent. Les klaxons se mêlent aux cris.
Je prends Amelie par le bras
- COURS !
Et on court comme des rats devant l’inondation. Mes chaussures glissent, mes poumons brûlent, le bruit du liquide derrière moi, comme une mer dégueulasse se rapproche à la vitesse d’un bus lancé à toute vitesse.
Autour de moi, c’est la panique, l’hystérie.
- A L’AIDE ! AU SECOURS !!
Je cours plus vite et ma femme tombe. Je la relève par les cheveux, je la tire, elle hurle, mais je la tire quand même. Je vois des corps qui tombent, disparaissent dans la marée blanche. Certains nagent, d’autres boivent la merde comme si c’était du lait maternel.
- BORDEL, MAIS QU’EST-CE QUE C’EST QUE ÇA ?!
Personne ne répond, l’humanité est réduit à un champ de ruine où chacun cherche à sauver sa peau. Nous sommes tous redevenus des mammifères fuyant sous l’impulsion de notre amygdale. Tout le monde hurle, tout le monde court.
Et au-dessus de nous, le ciel se met à trembler.
Mes chaussures s’enfoncent dans la boue blanchâtre, ça m’aspire presque. Derrière nous, des hommes et des femmes tombent, disparaissent, ne laissant que leurs jupes flotter à la surface comme des méduses ridicules. Certaines femmes crient, se débattent, certaines se mettent à ramper directement dans le liquide, comme si c’était leur élément naturel. Ça hurle de partout.
Amélie me crie dans l’oreille :
- À L’APPARTEMENT !
Comme si notre deux-pièces moisi pouvait résister à un tsunami de foutre cosmique. Mais je cours quand même, je cours avec elle, parce qu’il n’y a rien d’autre à faire. Les passants nous poussent, nous écrasent presque, tout le monde veut survivre, veut rentrer chez soi, comme si chez soi avait encore un sens.
On tourne à l’angle d’une rue. Le souffle court, je me retourne une seconde et je la vois.
Au loin, une silhouette, à côté de la tour Eiffel. Une femme, mais une femme gigantesque. Deux fois la taille de la tour, peut-être plus. Nue, titanesque, cheveux noirs flottant comme un drapeau de guerre. Son corps écrase le ciel, ses jambes plantées dans la Seine comme deux colonnes de marbre obscènes. Elle respire, et chaque souffle fait vibrer toute la ville.
Les passants s’arrêtent, certains s’agenouillent, d’autres prient, d’autres rient comme des fous. Amélie me tire par le bras :
- OLIVIER, DÉPÊCHE-TOI !
Je la suis, mais mes yeux restent rivés sur le monstre. Et alors je vois ses seins énormes, gonflés comme des citernes qui palpitent comme une bite au bord de l’orgasme et de ses tétons jaillit ce liquide blanchâtre, le même qui inonde déjà les rues. Des geysers de foutre lacté qui s’écrasent sur la ville comme une pluie visqueuse.
La Tour Eiffel paraît minuscule à côté d’elle, la ville entière est à genoux.
On arrive à notre immeuble, collants comme deux torchons oubliés dans une machine à laver. Je pousse la porte mais l’escalier est trempé, ça dégouline partout, ça pue la javel et la viande pourrie. On monte quatre à quatre, épuisé et arrivé dans l’appartement, je claque la porte et j’allume la télé. Écran noir puis Olivier, jupe trop serrée, sueur propre, voix qui bute sur chaque mot comme une mouche prise au piège.
- AMELIE, OLIVIER, L’HEURE EST GRAVE. LA VILLE FAIT FACE A UNE SITUATION EXCEPTIONNELLE…
Derrière lui, mosaïque de vidéos, un hélico qui survole la ville, des stories tournées par des téléphones qui hurlent OH PUTAIN comme si la peur avait enfin une matérialité. Et elle au centre, la gigantesque femme, nue comme une déesse improbable avec deux réservoirs à la place des seins d’où partent de lourds jets blancs sans aucune poésie qui envahissent les rues et repeignent les façades des immeubles haussmaniens.
Amélie se redresse d’un coup, effrayé
- MAIS C’EST UNE BLAGUE !! DIS-MOI QUE C’EST UN MONTAGE.
- C’EST PAS UN MONTAGE, C’EST JEAN-PIERRE PERNOT QUI NOUS PARLE !!
La caméra de l’hélicoptère zoome sur le titan, grain de peau et souffle énorme. Les jets retombent sur un pont, les voitures deviennent des canards sur un étang de lait, les gens tentent le crawl urbain, j’en vois même un qui nage sur le dos, on entend les sirènes, des cris, le présentateur continue :
- NOUS OBSERVONS UN FLUIDE DONT LA VISCOSITÉ RAPPELLE ETRANGEMENT LE SPERME ET NON LE LAIT.
Il avale sa salive.
- BREF. VOUS AVEZ COMPRIS.
- MERCI JEAN-PIERRE !
Puis Olivier, le présentateur au plateau colle deux doigts à son oreillette, avale sa salive, et semble d’un coup aussi blanc que le tsunami.
- NOUS AVONS… HUM… LA CONFIRMATION… D’UNE DEUXIÈME APPARITION.
Amélie tourne la tête vers moi, yeux grands ouverts.
- QUOI ENCORE ?
Cut, nouvelle source vidéo. Une ombre sur un immeuble puis la caméra fait un 180 degré et on voit une énorme bouche, mais sans dents avec des poils de la taille d’un sapin autour, une ouverture vivante qui palpite et qui porte une sorte de nez rouge gigantesque en haut de la cavité, le tout gluant d’où s’écoule une sorte de vaseline blanchâtre. Plan large, et là évidence, c’est un autre géant avec une bouche que tu veux éviter de nommer quand tu portes une cravate à l’antenne.
Le présentateur tente d’expliquer sans se casser la nuque :
- APPARITION D’UN TITAN MASCULIN… DOTÉ D’UNE CAVITÉ BUCCALE DE MORPHOLOGIE… ATYPIQUE.
ATYPIQUE MON CUL, IL A UNE MOULE AU MILIEU DU VISAGE !
Le truc avance entre deux tours de la défense comme une grue de chantier lancée à pleine vitesse. A chacun de ses souffles, il laisse couler une grosse flaque de bave qui s’écrase au sol comme un huître de la taille d’un bus scolaire. Dans notre appartement, le sol gronde, des tremblements traversent les murs et me font vibrer la mâchoire. La lampe du salon hésite, cligne des yeux, CLIC. Noir. Comme si quelqu’un avait trouvé l’interrupteur général de la capitale et décidé que le spectacle était meilleur sans lumière.
Toute la ville est dans le noir. La télé s’est arrêtée et on entend au loin la marche des deux géants qui semble se rapprocher de nous. Un immeuble s’effondre, quelques sirènes, des avions de chasse nous survolent. On reste planté là, main dans la main, je n’ose même pas aller à la fenêtre et puis un long râle comme un son de tuyauterie géante suivi d’un choc plus sec vient nous secouer avec l’impression désagréable que l’immeuble entier va s'effondrer.
Je ne sais pas combien de temps on est restés dans le noir. Peut-être dix minutes ou dix ans, j’ai perdu la notion du temps. Et puis d’un coup, les lampadaires se rallument. Pas d’applaudissements, pas de musique héroïque, juste la lumière crue qui retombe sur les trottoirs pleins de merde blanche et les façades repeintes. Mais la lumière révèle un détail qu’on n’avait pas vu venir : la ville n’existe plus. Enfin, si, elle existe, mais dans une mer laiteuse, un truc qui colle, qui ondule comme une soupe géante. Je pense à de la mousse ou à de la peinture, mais non : c’est bien ce que je vois : du sperme, des hectolitres de sperme, un véritable océan dans les rues, une marée blanche qui a avalé la ville comme une cuillère renverse un pot de yaourt.
Je prends Amelie par la main et je l'entraîne dehors. Elle râle mais il faut que j’aille voir. Je me retrouve avec ma femme à nager. Pas le choix, on bat des jambes comme des mômes à la piscine municipale, sauf qu’au lieu du chlore, ça sent le foutre tiède et la mort des titans. Parce que la vraie nouvelle on l’entendait dans les hauts parleurs de la ville, façon promotion de tampax au supermarché :
- LE COMBAT DES TITANS EST TERMINÉ, LE COMBAT EST TERMINÉ, L’HOMME MOULE A ÉTÉ VAINCU.
Epilogue.
Trois semaines étaient passées, la vie avait repris son cours, lentement. La guerre des dieux, version marvel psychiatrique était terminée et cela ne semblait choquer personne. Résultat : La femme géante avait disparu et l’autre, entrailles éclatées, boyaux ouverts s’était transformé en une sorte de fontaine monstrueuse place de la concorde. De sa masse sortait un jet continu et ininterrompu d’un orgasme cosmique qui ne s’arrêtait plus. Et c’est ça qu’on avait sous les yeux : le foutre éternel d’un mollusque géant qui noyait WOKE CITY et transformait la capitale en bukkake patrimonial.
Les voisins nageaient à côté de nous. Le petit couple du quatrième faisait des longueurs comme si de rien n’était, crawl parfait, lunettes de piscine vissées sur le nez. Un type que je voyais d’habitude promener son chien faisait du dos crawlé, sourire béat, comme si la catastrophe lui avait enfin donné un but. On se croisait tous là-dedans, et personne ne disait rien. Ça gigotait, ça avançait, ça buvait la tasse, ça crachait un peu. On n’était plus des citoyens, ni des voisins mais on était des spermatozoïdes grandeur nature, projetés dans l’utérus flasque de la ville.
Je me suis surpris à accélérer, battre des bras et prendre de la vitesse comme si je voulais être le premier à atteindre la mairie dans l’idée d’un concours ridicule. Ma femme me regardait, l’air livide, ses cheveux collés en mèches dégueulasses sur son front. Elle s'accrochait parfois à moi mais je la repoussais.
- NAGE, BORDEL !
Elle gémissait qu’elle avait froid, que ça glissait trop, que ça sentait trop fort. Moi je ne pensais qu’à une chose : être le premier à la nouvelle maire, Amelie, nous faire cette annonce qu’on supposait tous depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux.
On s’arrêtait près des lampadaires pour souffler, accrochés comme des noyés. Les lampes clignotaient au-dessus de nos têtes, et le blanc épais en bas collait nos jambes comme une glue. Certains rigolaient, un vieux hurlait que ça lui rappelait la guerre, une autre levait les bras en l’air et parlait de miracle. J’avais envie de leur gueuler que c’était juste du foutre géant, pas de quoi en faire une tartine de miel dans les conversations.
J’arrivais devant la mairie, enfin, ce qu’il en restait, c’est à dire bâtiment officiel qui flottait au milieu d’un lac blanc, un radeau administratif posé sur des pilotis de pierre. Les drapeaux pendaient, trempés, dégoulinants, comme des capotes usagées. Devant, la foule barbotait, se poussait, se tordait dans le liquide. Ça puait la mort et la sueur mélangée au foutre géant, mais tout le monde faisait semblant de penser que c’était normal, que c’était juste un nouveau décor de carte postale.
Avec Amelie, nous nous étions faufilés entre deux vieux en slip de bain improvisé et j’entrai dans la mairie. Les sols glissaient, ça collait, j’avais l’impression de marcher dans une salle de traite industrielle. Nous avions atteint l’escalier en marbre transformé en toboggan gluant. Des traces de pas blanchâtres marquaient chaque marche, comme si la République elle-même s’était branlée dans ses couloirs.
Et elle était là, pas une silhouette anonyme, non, Amélie, mon Amélie (il faut suivre, j’avais changé de femme entre temps). Elle se tenait derrière un pupitre, droite, sèche, les cheveux collés par le sperme ambiant, mais toujours cette autorité froide dans la voix qui me laissait penser qu’elle avait pas dû baiser depuis plusieurs jours. Elle parlait dans un micro qui grésillait :
- IL EST IMPOSSIBLE D’ÉVACUER TOUT CE LIQUIDE, LES SCIENTIFIQUES SONT FORMELS, LE FLUX NE S’ARRËTERA JAMAIS.
Silence dans la salle. On entendait juste des gens tousser, cracher un peu de liquide qu’ils avaient avalé en montant les marches.
Elle continua, implacable :
- PAR CONSÉQUENT, NOUS ALLIONS REBAPTISER LA CAPITALE.
Des murmures éclataient partout. Certains ricanaient, d’autres protestaient doucement, mais elle était silencieuse, elle attendait le moment propice pour le lâcher.
- LA VILLE S’APPELLERA SPERMIS !
Elle leva les bras comme une prophétesse gluante, la foule hurla, certains applaudirent, d’autres pleurèrent. Moi, je restai planté là, les jambes collées au sol par une couche de foutre séché. SPERMIS, voilà la grande décision. La ville des lumières transformée en ville des lueurs blanches. Je pensais que c’était peut-être logique, la ville avait déjà été une mare d’illusions, de touristes et de rats mais maintenant c’était officiel, on avait enfin trouvé notre vrai visage, on était une éjaculation monumentale et Amélie était la nouvelle maire de ce foutoir.
Je levais les yeux vers elle, elle me fixa une seconde et un sourire presque imperceptible passa sur ses lèvres. Comme si elle savait que j’étais là depuis le début, que j’attendais ce moment. Et elle répéta, plus fort, comme un coup de marteau, qui semblait plus s’adresser à moi qu’à la foule :
- TOUT EST SPERMIS !
Et tout le monde répéta derrière elle, en chœur, des centaines d’Olivier et des centaines d’Amelie unis comme les fidèles d’une religion grotesque dont les dieux principaux sont la brasse coulée et le crawl :
- TOUT EST SPERMIS !
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Ça m'a fait penser à une recette de cake sans moule.
Ce texte est une tentative PUANTE de satire sociale qui empeste le PUANT ressentiment réactionnaire le plus crasseux. Sous une PUANTE couche de surréalisme gras, il impose une vision PUANTE d’un « wokisme » imaginaire, pur produit d’une cervelle PUANTE gavée aux diatribes de Pascal Praud et des pantins de Bolloré. Chaque adjectif utilisé ici est une PUANTE insulte à l’intelligence, servant une PUANTE obsession pour des normes de genre qu’il juge de façon PUANTE immuables. Cette PUANTE narration s’efforce de peindre une société PUANTE où l’inversion des codes vestimentaires serait la norme, alors que ce n’est qu’un fantasme PUANT de l’extrême droite médiatique. C’est une PUANTE supercherie qui utilise une PUANTE simili-coolitude pour masquer la PUANTE vacuité d’un propos totalement PUANT. L’auteur se vautre dans une PUANTE complaisance scatologique pour déguiser sa PUANTE peur de la différence en une PUANTE fable moderne. Au final, cette prose PUANTE n’est qu’un PUANT écho des plateaux de CNews, une PUANTE production qui ne mérite que l’oubli le plus PUANT.
Ce ramassis de clichés pathétiques — l’homme en jupe comme signe de déchéance virile, la femme en pantalon comme usurpatrice agressive, l'effacement de l'individu par l'uniformisation des prénoms et la sexualisation outrancière de l'espace public — ne résiste pas une seconde à l'analyse sociologique. Contrairement aux délires de l'auteur sur une prétendue « mascarade sociale », les travaux de Judith Butler sur la performativité du genre démontrent que l'expression vestimentaire est une construction fluide et non le présage d'une « décomposition » civilisationnelle. L'idée que les rapports hommes-femmes seraient une « guerre » depuis #MeToo est contredite par les enquêtes de sociologues comme Danièle Kergoat, qui prouvent que les dynamiques actuelles sont des luttes concrètes contre des inégalités structurelles (salaires, violences) et non une dérive libidineuse pour « ramper dans la merde ».
De plus, la science politique, via le concept de « panique morale » théorisé par Stanley Cohen, confirme que le « wokisme » est un épouvantail sémantique utilisé pour discréditer des mouvements de justice sociale pourtant essentiels. Non, nos contemporains ne voient pas le monde à travers le prisme de leur seul entrejambe ; ils tentent de réparer des injustices séculaires ignorées par des esprits étriqués qui, faute de comprendre la complexité du monde, préfèrent s'inventer des zoos humains. L'auteur peut donc se carrer ses théories moisies et son « Spermis » imaginaire bien profondément là où le soleil ne brille pas, car la réalité de l'engagement social est infiniment plus noble que son surréalisme de comptoir.
Vraiment très ennuyeux. Poussif.
Une idée, une seule, posée comme suffisante parce que mettant en œuvre des éléments gros, grossiers et sexuels.
Texte d'ado attardé, mais qui oublie un truc : normalement, les ados sont drôles.
Grosse bouse, littérairement.
Pitoyable, sociologiquement.
Une farce qui n'en est pas une, juste une satyre de notre société avec une fin annoncée qui fait un peu penser à une hybridation du Bibendum Shamallow de Ghostbuster et du Projet Blue Beam.
Sous le foutre, l'apocalypse.
Une allusion également à "Rhrrrrrrrrr" : l'âge de Pierre au début des temps qui finissent par l'âge d'Olivier... de la Pierre à l'Olivier, choix subtil en outre de deux symboles majeurs.
Une fausse déconnade, et un message subliminal qui renvoie à la chute de l'empire Romain.
Et ceux qui ne le voit pas, ont du sperme dans les yeux.
Ce texte est bien plus sérieux qu'il n'y paraît, presque trop pour La Zone, tout en restant exemplairement Zonard.
Ce qui montre et démontre que sur La Zone... tout est spermis.
Et comme prévu, le commentaire de vieux gland frustré qui n'ose toujours pas dire tout haut ce qu'il hait tout bas.
Bonjour Renééé.
Allez René, dis-le franchement : "j'aime pas les femmelettes, les pédés et les hommes en jupe", "je suis pour un retour de l'ordre moral", "j'aime beaucoup les uniformes et le chant du coucou dans le matin bavarois".
Ou bien ferme ta gueule, ce sera bien aussi.
L'un ou l'autre. Assume un peu soit ton immondice, soit ta faiblesse infinie.
Assumez votre aveuglement, surtout !
Depuis un peu avant 2000 nous sommes entrés dans une inversion des valeurs. "L'égalité" est une instrumentalisation que d'aucuns reprennent en bêlant "Egalitéééé ! Egalliéééé"
!
Jamais notre Monde n'a été aussi inégalitaire où que l'on regarde : traitement des "actifs" et des retraités, accès aux postes "importants"... et inversions partout : élite corrompue (violeurs, pédophiles, magouilleurs): pas bien, honte de la société, condamnés ; peuple qui travaille toute sa vie pour juste survivre : bien, glorieux, encensés.
Quand égalité il y a, c'est par le nivellement par le bas.
Mais soyez les thuriféraires de ce modèle : tous égaux comme à l'époque des serfs et des seigneurs. il faut croire que vous aussi vous pensez que "c'était mieux avant", puisque c'est ce à quoi vous aspirez.
D’un côté, tu traites ceux qui réclament l’égalité de moutons, et de l’autre, tu nous chies une crise d'urticaire parce que le monde est inégalitaire entre actifs et retraités. Il faudrait choisir ton camp, René : soit l’égalité est un leurre pour les sots, soit c’est un idéal que tu t'es carré DTC. On ne peut pas mépriser le concept tout en pleurant sa disparition avec toutes les larmes de ton cul ; c'est ce qu'on appelle pédaler dans la semoule idéologique avec le cul de René entre deux chaises.
Ta rhétorique sur la chute de l’Empire romain et l'inversion des valeurs, tu peux te la mettre DTC. C’est le symptôme clinique de ce que l'historiographie moderne appelle le mythe décadentiste : une grille de lecture aussi dilatée que tes fantasmes moraux et ton cul. En invoquant Rome, tu recycles un cliché du 19e siècle invalidé par la recherche contemporaine, laquelle démontre que les civilisations ne s'effondrent pas par relâchement des mœurs , mais sous la pression de facteurs climatiques et systémiques et des sphincters de ton cul qui te passent à des kilomètres au-dessus de ton cul.
Ton opposition binaire entre élite corrompue et peuple de serfs, c’est l’essence même du populisme, une simplification manichéenne qui pue le renfermé DTC. On voit bien que ton obsession pour le Spermis ou la déchéance virile n'est qu'une stratégie de diversion psychologique pour masquer ton vide intellectuel. Faute de pouvoir analyser les mécanismes réels de la précarité, tu préfères te rassurer en désignant des boucs émissaires sociétaux. Ce que tu appelles inversion des valeurs n'est, en philosophie hégélienne, que le mouvement nécessaire de l'Esprit vers la reconnaissance de l'altérité. Ce n'est pas la civilisation qui s'effondre, René, c'est simplement ton cadre de pensée rigide qui se brise, incapable de métaboliser une réalité qui refuse désormais de se plier au cul de René.
Utiliser de grands mots comme thuriféraires , tu peux te les carrer DTC, ça ne transformera jamais ta fixette obsessionnelle sur les hommes en jupe en une analyse sociologique sérieuse. Ce que tu appelles inversion , c’est juste le monde qui avance sans demander la permission à ton cul.
Alors, garde tes prophéties d'apocalypse sous le foutre pour ton prochain banquet de l'amicale des nostalgiques. On a compris : dès que tu ne comprends plus les codes, tu appelles ça la fin du monde. C’est confortable, mais c’est surtout une immense paresse intellectuelle logée bien profond DTC,s.
Merci pour la peine que tu t'es donnée à me répondre LpC !
Mais tu peux agiter tes théories tant que tu veux, elles ne changeront rien à ce qui est en train d'arriver, surtout quand on refuse de voir.
J'ai bien aussi aimé la chute de Rome due au réchauffement climatique !
On comprend mieux.
On peut voir jusqu'à quel état d'abêtissement notre société est arrivée, et je m'en réjouis, car vous le subirez en vous en réjouissant, mais pas pour les mêmes raisons que moi.
Va voter RN dans le cul de ta mère et reviens pas ici, René.
Je ne vois pas pourquoi tu dis ça ?
Il y à là seulement un texte à commenter.
Et pour le moment peu de commentateurs... oui...
René, ton inculture est un gouffre sans fond DTC. Écoute bien, René, parce que ton arrogance n'a d'égale que ta confusion mentale, et les deux semblent logées bien profond DTC.
Apprends à lire, c’est gratuit. Quand je parle de facteurs climatiques dans la chute de Rome, je ne parle pas de Greta Thunberg ou de taxes sur le diesel en l'an 400, arrête d'êtrre plus con que ton cul. Je parle de science historique que tu as manifestement choisi d'ignorer pour mieux laisser passer l'air DTC. La chute de Rome ? Ce n'est pas du réchauffement, c'est une instabilité systémique : des sécheresses et des hivers précoces qui ont ruiné les récoltes, poussé les peuples migrateurs vers les frontières et favorisé des pandémies comme la peste de Justinien. Mais bon, pour comprendre que le climat impacte la survie d'un empire agraire, il faudrait que ton cerveau soit plus actif que ton cul un dimanche à la messe. Tu confonds tout, et c'est ce mélange d'ignorance et de certitude qui est le vrai signe d'abêtissement, logé bien profond DTC.
Regarde-toi le cul au fond des yeux dans un miroir. Tu te réjouis d'un prétendu abêtissement de la société ? C'est l'hôpital qui se fout de la charité, surtout quand la charité est garée DTC. Tu es l'exemple type de la régression intellectuelle : tu ne réponds pas aux arguments, tu sens des choses, tu vois des apocalypses de comptoir là où il n'y a que de la sociologie. Ta jubilation face à notre souffrance future, c'est le dernier refuge de l'égaré qui espère que le monde entier brûlera pour justifier sa propre aigreur logée DTC. Tu prétends voir ce qui arrive ? Ce que tu vois, c'est juste le reflet de ta propre obsolescence. La société ne s'effondre pas parce qu'un homme met une jupe ou parce qu'on demande l'égalité ; elle change de paradigme. Ton refus de comprendre la complexité, que ce soit celle de la performativité du genre ou celle des cycles climatiques historiques, prouve que le seul truc qui est en train de tomber, c'est ton niveau de pertinence et ton duodénum dans ton cul.
Garde tes prophéties de Cassandre de supermarché. Entre ta confusion entre climatologie historique et météo moderne, et ton obsession pour une virilité en play doh, on a fait le tour du propriétaire : y'a personne au balcon, et tout est descendu à la cave, c'est-à-dire DTC. Alors oui, René, on comprend mieux, on comprend que tu es le parfait thuriféraire de ta propre bêtise, celle qui consiste à ricaner devant des faits qu'on est trop limité pour appréhender. Assume ta faiblesse intellectuelle ou fais-toi une raison : le monde avance, et il s'essuie les pieds sur tes certitudes avant de les ranger DTC,s.
Ah, c'est toi qui m'a appris à mépriser les arguments, les exemples et les faits !
Tu bats donc ta propre coulpe.
Ce que je vois surtout, c'est une paupérisation des commentateurs, un, retrait des auteurs vis-à-vis de leurs textes, et un quasi monologue auto-satisfait là où il devrait y avoir débats et analyse de textes.
Sans doute à l'image du Monde que tu défends ?
Mais pour remettre les choses à plat, souvenons-nous de la parole de Desproges : "L'homme, quand il est enfant, il croit au Père Noël ; devenu adulte, il vote".
On peut avoir l'illusion de changer les élus, mais le Système ne changera pas.
Mais comme on a toujours réussi à le faire croire à l'Homme : après, ce sera mieux. Et tant que les Hommes le croiront, le système continuera, imperturbable.
Totalement d’accord avec Lapinchien.
Pour moi, le style est tout juste potable, et sur le fond, cette satire m’est très superficielle et manichéiste.
D’un point de vue narratif, je trouve qu’on passe du coq à l’âne : les personnages, les mises en tension et les idées ne sont pas vraiment développés. L’outrance devient mécanique, l’accumulation finit par écraser toute subtilité, le grotesque ne se renouvelle pas et devient juste ennuyeux.
Sous couvert d’un humour plutôt foireux, on a juste un message bas de gamme moralisateur sur les « dangers du wokisme » (terme souvent réapproprié pour critiquer tout et n’importe quoi qui serait considéré comme progressiste).
En fait, en voulant peindre une société soi-disant corrompue par le « wokisme », on a plutôt un texte qui semble offrir le portrait d’un auteur et de ses opinions conservatrices. Au moins, l'auteur est doué pour créer et faire ressentir du malaise.
René : J'étais sérieux quand je te disais de fermer définitivement ta gueule ici.
Fais-le comme un homme libre, tel que tu prétends l'être. Me force pas à le faire pour toi.
On n'a pas besoin de fachos sur la Zone, on a toujours su quoi faire avec.
Toi t'es facho, mais en plus t'es bouffé par un complexe d'infériorité-supériorité débilitant, et en plus ton style pue le vieux moisi retraité.
Donc au revoir.
A la première lecture j'avais pris ce texte pour ce qu'il semble être en définitive (si je m'en remets à la conjonction des commentaires majoritaires) : un délire néo-réac maladroit (a supposer qu'il puisse y en avoir des adroits).
Pour ma part, j'ai trouvé la lecture tout à fait supportable, et les idées, surtout dans la première partie, ne m'ont pas perturbé plus que ça. Car soit c'est de la grosse satire au 36 eme degré (manifestement non) soit c'est une position assumée, et à partir de là, soit je continue la lecture en essayant de suivre le délire idéologique, soit je stoppe ma lecture. Et comme je suis un peu sadique j'ai suivi, et même a des moments j'ai sourri. Peut être parceque c'est vulgaire, violent, méchant, stupide, hideux, maladroit (donc), provocateur, merdique, mais au moins, assumé.
Et pour avoir eu à supporter du "crypto-réactionnisme" dans d'autres textes ces derniers mois (textes que j'ai eu le plus grand mal a finir), je préfère encore un ennemi à visage découvert qu'un faux-ami prêt à m'enculer les neurones à sec.
Aprés, ce qui me gène au final, c'est de ne pas savoir si l'auteur déconne pour la provoque, ou maquille ses convictions de déconnade. Peut être qu'il pourrait venir nous le dire. Ou peut être que c'est tellement évident que ça se passe de commentaire. Ou peut être qu'on ne devrait jamais s'expliquer, car qui s'excuse...
Peut-être que le "trente-sixième degré" s'appelle de la lâcheté, partout où il apparaît.
Peut-être qu'il disqualifie d'emblée un propos, surtout littéraire.
Peut-être que l'époque n'est plus à laisser les fachos jouer avec leur trente-sixième degré.
Certes. Mais on peut aussi se demander, si on réduit trop la fameuse fenêtre de bildulton, les idées fâcheuses vont revenir par la chatière. Et donc ce sera des petites allusions, qui n'échapperont pas a la sagacité des plus avertis ici, mais pourront venir polluer l'esprit d'autres plus innocents. Au moins là sur la femme bite, tout est limpide depuis le titre (quelle que soit l'intention de l'auteur).
Donc sur le plan "politique" c'est un texte puant mais qui ne se planque pas, a mon sens de lecteur lambda peu diplômé et relativement fainéant. Après sur le plan littéraire, si c'est entretenirnle flou sur les intentions malgré la clarté sur la forme, j'imagine qu'en effet de facto ça fausse le contrat Darty avec le lecteur
Rien à foutre.
Je viens pas sur la Zone pour lire des jus d'idées de fachos. J'y viens pas non plus pour me tourner le petit doigt dans le nombril en me demandant si c'est vraiment facho ou à moitié ou alors oui mais du coup ça sensibilise ou alors un peu trop et alors ouhlala c'est vraiment trop pas assez tiède.
Rien à foutre.
Je viens pas pour ça.