LA ZONE -

DROGUISTAN - 1.6 - Interview sexclusive

Le 27/02/2026
par Nino St Félix, Laetitia Giudicelli
[illustration] DROGUISTAN - Partie 1 - chapitre 6/33

France, an de grâce 2034. L'impensable s'est produit. Personne (sauf sur BFM) ne l'aurait cru. Mais n'en disons pas plus. Voici l'histoire de Ridge et ses acolytes : rédigée comme du Balzac sous Tranxen, elle est publiée façon Eugène Sue épileptique. Merci encore à la Zone d'oser l'accueillir. Bienvenu au royaume du Dragon.
Thomas Sotto souffle un bon coup. Cela n’a pas été facile de se dépêtrer de cette espèce de petit troll puant, avec sa moustache de puceau et ses tics nerveux. En quarante ans de carrière, le journaliste en a croisé des cas sociaux. On ne fait pas sa carrière sans un minimum de « flexibilité ». Mais ce merdeux-là, c’est un champion toutes catégories, et Thomas a bien failli faire demi-tour, surtout quand M. Moustache a éternué sur le revers de son blaser. La trace de morve ne veut pas partir, comme un symbole. Ces types, se dit le grand journaliste, tandis qu’un des « Dragons » de Tahgui lui ouvre la porte, sont là pour durer. Ils vont s’incruster.

    — Et après tout, n’est-ce pas ce dont a besoin le pays, monsieur Sotto ? Sous le président de la République française - ou du moins de ce qu’il reste de cette institution - s’étend une femme sublime, qui le regarde sans broncher. Thomas, à sa grande surprise, sent quelque chose se réveiller dans son bas ventre.. Elle a des seins comme deux ballons de handball, un truc à se remettre au sport. Son ventre est plat comme l’autoroute du Soleil, à l’époque où l’État avait encore la capacité de mettre la pression aux sociétés privées qui exploitent le réseau. Un merveilleux fruit défendu, gorgé d’eau, de sperme et de lumière.
    — Et d’amour.
Il sursaute. Ridge, tout en pénétrant Imane Rimani, sa directrice de cabinet, le regarde avec attention. Prédateur, toujours, malgré le triomphe.
    — Les Français. Vous êtes avec moi, Sotto ? Ils ont besoin de deux choses. De stabilité et d’amour. Comme vous. Comme tout le monde. N’est-ce pas, Violette ?
La jeune femme en tailleur carmin passe une main dans sa frange aux reflets auburn, et soutient le regard de Ridge. Elle n’a pas l’air perturbée le moins du monde par la situation, comme si elle avait déjà assisté à cette scène. Mais Thomas, en vieux de la vieille, a bien perçu l’étincelle dans le regard d’Imane, qui, tout en se cabrant, ne perd pas une miette des échanges. D’ailleurs, elle résiste ; Ridge veut la prendre en position du tire-bouchon, elle lui impose le chien bas. Son visage se trouve au niveau des genoux de Violette.
    — Et vous, Monsieur le Président ? Vous n’avez pas besoin d’amour ? demande la journaliste, sans ciller.
Imane montre les dents, grogne, redouble de coups de bassin. Ridge attrape une serviette. Imane se retourne. C’est la mi-temps. Elle écarte sous le nez de Thomas une version formidable de mystères et d’espoirs de L’Origine du Monde. Il déglutit. Dans toute sa carrière, il n’a jamais vécu ça. Il y a bien eu des parties fines, sous De Villiers, mais la vulgarité veule des apparatchiks n’a rien à voir avec… ça. Cette maîtrise, cette démonstration. C’est d’ailleurs la première fois qu’il voit le sexe du premier personnage de l’État. Bien que massive et veinée, elle reste finalement, d’une longueur raisonnable. Une bite de bon père de famille, se dit-il, bizarrement rassuré.
    — Pas moi, confirme Ridge, qui attrape un tube de lubrifiant. Pas moi, Violette, et tu le sais. Je suis différent.
Il se tourne vers Thomas.
    — Êtes-vous familier avec la théorie du Léviathan ?
Sotto essaie de rediriger son flux sanguin vers le cerveau. Les cours de Science Po, ça remonte… Hobbes contre Rousseau. Le bon sauvage et les idiots… Il hoche la tête, sans pouvoir quitter des yeux l’entrejambe de mademoiselle Rimani. Il aurait dû insister pour amener un cameraman.
     — Moi, je n’y comprends rien. C’est Moustache, Kalach Moustache, qui s’occupe de la théorie.
Rimani le fait basculer sur le dos. Il se retrouve un instant immobilisé, puis reprend le dessus. Sotto ne trouve rien à répondre. D’ailleurs, il n’y a pas vraiment de question, si ? Mais sa voisine, elle, a gardé le fil.
     — Vous savez que pour beaucoup de Français, vous voir à l’Élysée est un cauchemar. Que répondez-vous aux critiques, et aux incrédules ?
Ridge sourit.
    — Pourquoi, Violette, ai-je l’impression que c’est à toi que je réponds, et pas à tes lecteurs ?
    — L’ivresse du pouvoir, je suppose.
Il éclate de rire. Imane se dégage, lui fait une clé de bras. Il réplique en enroulant sa jambe autour de son cou. Imane se retrouve face à Violette, juste au-dessus du sexe tendu de Ridge.
    — Le Président n’est pas là pour faire plaisir à tout le monde. Il n’a peur de rien, surtout pas des médias. Il est porté par la sixième colonne.
Elle bave sur son gland, y passe un petit coup de langue, sans quitter la journaliste des yeux. Violette reste impassible. Thomas lutte contre une furieuse envie de se masturber. Il sent que ça ne ferait pas partie du « nouveau protocole ».
    — C’est une menace, madame Rimani ?
    — Un conseil.
La directrice de cabinet se dégage de la prise du président, qui reprend :
    — Kalach dit que je suis le Léviathan des Français. Le produit des événements. J’ai été choisi par le peuple, mais aussi et surtout par l’Histoire. Regarde autour de toi.
Thomas, flatté, tourne la tête. Il se trouve dans le bureau du président, qu’il connaît par cœur, même si bien sûr le lit à baldaquin, les lumières tamisées, et l’odeur de sexe sont un peu inédits.
    — Non, Sotto. Je te parle de la France. Un monde sans repère, où règnent l’insécurité, l’égoïsme, le chacun pour soi, la pauvreté, la violence… En d’autres temps, l’homme providentiel aurait été un philosophe, un astronaute ou un judoka, quelqu’un d’exemplaire et de propre sur lui. Mais nous ne sommes pas en d’autres temps. Je suis ce que la société a produit pour se guérir elle-même. D’une certaine manière, toujours d’après Kalach : je suis un anticorps.
Thomas a du mal à croire que le pou humain qu’il a croisé plus bas lise Hegel et Machiavel. Il a plutôt l’air du genre à se branler devant le Juste Prix. Mais soit. Imane pousse un cri. Le même que lors de sa victoire par vertèbre fracturée à Oslo contre Inès Vendetta en 2032. Ridge se lève et se dirige vers son bureau en se grattant le bas du dos. Thomas comprend que l’interview est déjà - ou enfin, il ne sait pas trop - terminée.

Il gagne le rez-de-chaussée en compagnie de Violette.
    — Vous le connaissez depuis longtemps ?
    — Depuis le début, opine la jeune femme en allumant une cigarette.
    — Moi, je ne vous connais pas, constate Sotto. Vous travaillez pour…
    — La Zone.
Elle lui tend sa carte. Il ne parvient pas à masquer une grimace de mépris.
    — La presse « indépendante » hein ? Ça existe encore ? Pourquoi il vous a à la bonne ?
Elle lui adresse un clin d’œil et souffle sa fumée.
    — Peut-être parce que je suis la seule qui ne suis pas ici pour lui lécher les couilles ?

= commentaires =

    le 26/02/2026 à 20:56:39
Je suis outrée !!!

Depuis quand La Zone est-elle un espace de censure ? L'illustration ne correspond en RIEN à ce que raconte le texte.
C'est tout bonnement scandaleux.

Ou alors, il fallait écrire, comme sur les paquets de cornflakes : Photo non contractuelle.
Cuddle

Pute : 17
    le 26/02/2026 à 21:02:25
Alors on ne peut pas générer l'image d'une journaliste entrain de lécher le bout du gland du monsieur. Peut-être sur Grok remarque, mais pas sur GPT. Faudra se contenter de ça. Les réclamations sont attendues au bureau 7.b
Cuddle

Pute : 17
    le 26/02/2026 à 21:05:22
https://www.lazone.org/forum/index.php?topic=4675.0
Nino St Félix

Pute : 100
    le 27/02/2026 à 19:34:49
Cette scène a été écrite sur un téléphone portable pendant une crise d'hystérie maniaque psycho-ridgide de belle-mère au... Cap d'Agde (true story : c'est là qu'est né Droguistan).

Il faudrait sans doute consulter, d'ailleurs.
Cuddle

Pute : 17
    le 28/02/2026 à 09:47:49
Oui j'ai testé Grok dernièrement et il n'a aucune limite.
Cuddle

Pute : 17
    le 28/02/2026 à 11:35:30
Ah oui quand même... ton historique devrait être le sujet d'un prochain texte LC, en mode TO DO LIST.
LePouilleux

Pute : 72
    le 28/02/2026 à 13:27:11
Toujours aussi plaisant à lire, mais il y a quand même un truc qui m'a titillé sur la première réplique.
Je suis incapable de dire si c'est Ridge qui parle ou si c'est le fil narratif qui suit son cours. Il m'a fallut relire plusieurs fois et aller plus loin dans le texte avant de différencier la partie discursive de la partie narrative. Peut-être que cette confusion est faites exprès pour renforcer l'idée que le corps d'Imane est une métaphore de celui de la République mais ça m'a un peu empêtré les pieds d'entrée de texte dans ma lecture.

La scène de cul avec Thomas Sotto en voyeur patenté, bravo, fallait oser.
    le 28/02/2026 à 15:10:25
@Le Pouilleux : si tu parles bien de cette réplique-là "— Et après tout, n’est-ce pas ce dont a besoin le pays, monsieur Sotto ?", elle est prononcée par Ridge, qui répond à la question que se posait intérieurement Sotto en entrant dans la pièce.

Et pout oser, tu peux compter sur Nino !
    le 28/02/2026 à 15:11:43
@Lapichien, l'illustration est aussi osée que le texte !

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