LA ZONE -

Feu

Le 13/04/2026
par Glaüx-le-Chouette
[illustration] 10

Maltraité par la pression, le raccord finit par fuir, puis cède. Le tuyau se libère, commence à danser et crache son liquide alentour, partout, comme une hydre épileptique. Toujours captivée par le spectacle devant moi, le regard fixé sur le toit et l'incendie, attendant que le météore atteigne son apogée, immobile, je me laisse tremper et retremper ; et l'instant suivant, je suis en feu. C'est fini. C'est bien.
9

Crame. Va flamber dans les étoiles. T'as toujours rêvé de gicler jusqu'au soleil. Alors balance tout ce que t'as, tout ce que t'es, à travers la stratosphère. Crame et retombe en pluie fécondatrice sur nos gueules, sur nos maisons, sur nos femmes, sur nos yeux extatiques tournés vers ton explosion. Crame. Brille. Une seule fois, brille. Enfin rendu à toi-même. Reviens en joie, en réconfort, en soulagement, en air épuré qui nettoie les bronches et libère les thorax des sœurs et des filles et des mères.



8

Les tissus organiques et les vêtements de la cible n'ont pas réellement le temps de s'enflammer. La pression des gaz de réaction est la plus forte et projette le corps contre le plafond, ainsi que la cuvette, à sa suite. Le plafond de plâtre, le plancher de l'étage et le mobilier de la chambre qui surplombe les toilettes n'ont aucune chance d'arrêter la trajectoire commençante, à peine freinent-ils un peu les deux projectiles. Le corps frappe la charpente en premier, entre deux poutres apparentes, suivi par la cuvette qui profite de n'avoir pas à crever les boiseries et les tuiles romaines du toit pour rattraper le corps. C'est réunis qu'ils commencent leur ascension vers le ciel, la cible à nouveau posée sur ses chiottes, telle qu'en elle-même enfin, en majesté sur son trône.

En rencontrant l'air du dehors, tandis que la cible poursuit sa course, l'hydrazine imprégnée dans les textiles et les cheveux prend feu. Projetés à travers le toit, les gaz de réaction résultant de la réaction chimique forment une torche de plusieurs mètres, verticale, solennelle, chauffée à des centaines de degrés. Le corps suit la direction de ce doigt qui lui montre son destin, toujours plus haut. La cible file vers le ciel. A mesure que le corps quitte la torche et s'élève, l'hydrazine réagit davantage avec l'air et redouble les flammes : une traînée de feu commence à suivre le corps, dans une symétrie parfaite, inversée, avec les flammes de la torche. Le corps va vite, oh combien vite. Il brûle et c'est probablement la première fois que de la beauté naît de ces organes, de cette matière corporelle mal utilisée, déshonorée, salie toute sa vie durant. J'ai fait de ma cible une comète, j'ai rendu beau enfin ce corps sculptural et stupide.
Plus tard, bien sûr, dans quelques secondes, elle va retomber comme une merde, ma cible, à l'endroit précis dont elle est partie, avec les chiottes auxquelles elle appartient depuis toujours. Mais baste. Il l'a dit, le poète :

« La mort, proche ou lointaine, soit l'aliment de la lumière inépuisable » ;

« et que je sois changé en éclair à la fin ».



7

L'hydrazine, sur un catalyseur en alumine associée à de l'iridium, réagit avec le nitrate de sodium de façon très exothermique et se décompose en quelques millisecondes selon les trois réactions suivantes :







La température du catalyseur atteint 800° Celsius presque immédiatement et la réaction produit une grande quantité de gaz à très haute température (diazote, ammoniac et dihydrogène). La réaction est économique ; utilisé en monergol, l'hydrazine est utilisé pour la mise en orbite efficace et maîtrisée de satellites.



6

La cible, assise sur ses toilettes et gémissante, est intégralement et instantanément trempée du mélange des fluides qui refoulent à haute pression depuis le fond de la cuvette. Ses vêtements s'imbibent, ses cheveux s'imbibent, sa peau s'imbibe du liquide huileux, qui couvre aussi l'alumine de la cuvette, déborde et gicle sur le carrelage, s'instille dans les pores du matériau et rejoint les molécules d'iridium comme on embrasse à pleine bouche sa première copine fictive, dans ses rêves, à treize ans, quand on est un futur mâle blanc cis adolescent ; tandis que le fragile réservoir de liquide désodorisant, mais en fait bourré de nitrate de sodium, éclate sous la pression et libère les cristaux qu'il contient.



5

Seule dans la rue, dans la pénombre, accroupie près de la trappe d'accès à l'évacuation des eaux usées, aussitôt que je vois la lumière des toilettes s'allumer dans la maison, je compte jusqu'à quatorze et j'abaisse le levier ; et c'est comme une décharge de plaisir, de justice, de satisfaction. Le liquide, descendant du réservoir sous pression du camion citerne, se rue dans le tuyau. Une secousse et une vibration immense me parcourent le bras ; je ne sais pas si la vibration est énorme ou si ce qu'elle crée en moi est énorme, mais tout résonne dans cette pulsation du fluide qui hurle en se précipitant dans la canalisation, comme si tout Electric Wizard vibrait dans mon radius. Le moteur de la pompe du camion tremble aussi, l'air frémit, une odeur lourde et toxique semblable à celle de l'ammoniac se répand : j'en ai rien eu à battre des filtres et des joints, j'ai fait au plus efficace en installant, et je vais crever très vite lorsque le liquide se mettra à fuir des raccords pour m'asperger mais j'en ai rien à foutre : le fluide avance vers son destin.

A travers le tuyau d'évacuation des eaux usées, l'hydrazine afflue à haute vitesse. Dix centimètres de diamètre à multiplier par une quarantaine de mètres de tube, en tenant compte de la pression : je suis incapable de mesurer la quantité de haine que tout ce liquide représente. Beaucoup. Pas assez.

L'hydrazine suit le tuyau, sous le gazon interminable, à dix, neuf, huit, sept secondes de son lieu naturel ; elle court sous le perron, sous le salon, six, cinq secondes, sous la meuf recrutée sur concours de la cible, victime collatérale dans quatre, trois, deux secondes, sous la salle de bains puis sous les chiottes. Sous les pieds de la cible, à une seconde de l'impact, un frémissement profond, un bruit de raclement de gorge de balrog tout près de se libérer, un cri liquide sourd du gogue et jaillit en écho aux petits gargouillis misérable du cul de la cible.

Car la cible se vide. Les barres protéinées BigFuck™ font leur effet (à prendre juste après la séance de salle, pour stimuler la synthèse musculaire et la croissance des corps caverneux). Les suppositoires MégaDick® ont fini le travail (deux suppos de soutien à la fonction érectile, à prendre juste après la douche en rentrant, et avant d'aller besogner madame comme le bonhomme dominant qu'on est). J'ai réussi à faire de la cible le promoteur principal de mes deux produits, créés tout exprès, produits tout exprès, emballés dans une communication virile et multicanaux à base de fake news et de pseudo science. Il s'en gave depuis un mois et les recommande à tous les vents. Mais sa dernière livraison, ce matin (« pour vous remercier de votre fidélité, recevez cet échantillon de la nouvelle formule, inédite, encore enrichie en protéines et électrolytes ! Force et honneur !»), était d'une composition légèrement différente : 40 grammes de macrogol par barre protéinée, que j'ai omis de faire figurer sur la notice, et dans les suppositoires, du bisacodyl à en liquéfier un tank, à la place des hormones mâles. Alors la cible se vide, et si elle évite le prolapsus, elle aura de la chance.

L'hydrazine est dirigée comme un missile, canalisée vers la cible.

Elle remonte le coude de l'évacuation des toilettes, la pression ne laisse aucune chance à la gravité et le jet d'hydrazine contrecarre le jet de merde liquéfiée, le pulvérise sur les fesses de la cible, sur les cuisses de la cible, sur les fringues de la cible, sur le plafond au-dessus de la cible recroquevillée par les crampes intestinales. L'hydrazine frappe en même temps le petit réservoir de liquide à chiottes que j'ai vendu à prix d'or à la cible, sur le net, à grands renforts là aussi de recommandations par des créateurs de contenu fictifs et d'articles d'info-pub dans les meilleurs webmédias de droite musclée. Réservoir carbone, grande contenance ; des cristaux blancs éclatants pour faire briller tes gogues, enrichis en hormones pour régénérer tes capacités quelle que soit ta fatigue, tu te relèveras des chiottes avec la gaule frère, garanti sur facture.

Mais en vrai, 300 grammes de nitrate de sodium.

Je ne vois pas l'hydrazine frapper le réservoir. Mais je sais. Je sens. Comme avant l'orgasme.



4

* Ding Dong. *

Qui choisit une sonnette qui fait « ding dong » ? Mais qui, vraiment ? Peut-on choisir un « ding dong » aigrelet et primesautier comme sonnette, et être un monstre ?
Un instant, j'ai hésité, ce jour-là.



3

On n'entre pas sur son terrain. On doit faire assaut du terrain qui est sien. On trespass sur son lawn. On viole sa propriété. On commence à se comparer la bite à la sienne au moment même où on tourne le regard vers sa maison. C'est un risque qu'on ne prend pas, en temps normal, si tant est qu'on ait une bite et qu'on ne soit pas une simple proie - auquel cas il aurait fallu fuir bien auparavant.

D'ordinaire, à vrai dire, on marche seulement le long de son terrain, on évite son territoire, on fuit par la tangente la plus proche qui soit raisonnablement tenable, histoire de profiter d'un effet slingshot pour partir loin, très loin, très vite. D'ordinaire on longe de biais, les pieds un peu en dedans, le regard fuyant dans toutes les diagonales disponibles, et l'épaule côté terrain un peu relevée, et le menton un peu caché derrière, on se surveille jusqu'au rythme cardiaque - faudrait pas réveiller ses molosses avec un coeur qui battrait un peu fort, qui ressemblerait un peu trop au tambour d'un assaut.

L'herbe est trop verte pour qu'on s'autorise même à la frôler, tondue comme une nuque de caporal. L'allée, trop blanche, en cailloutis de marbre blanc, ceux qui répondraient KRRKRRITCH KRRKRRITCH si la plante de ta fiotte de pied avait l'audace de les toucher, et tu comprendrais parfaitement qu'ils te signifient TU ES FAIBLE ET TA M7RE EST MOCHE? VA DONC LA NIQUER. Mais tu touches pas. Tu touches pas, pauvre merde.

Les deux lions en pierre qui dominent les piliers du portail ne te regardent pas.

Sa voiture non plus ne te regarde pas. Baisse les yeux, qu'elle te jette. Elle est garée comme un mannequin, légèrement de travers, un trois quart étudié, discrètement déhanchée et perchée sur ses pneus XL, offerte et prête à recevoir son propriétaire quand il le veut, comme il le veut. Une hybride, dont la batterie pourrait faire briller tout le Puy-du-Fou une nuit entière, et un moteur thermique qui depuis sa conception remplit les divans des psychanalystes d'une clientèle de supertankers victimes de dysfonctionnements érectiles. Sa couleur : sobre, mais présente, forte, mais confiante, virile, une couleur qui pose son homme et la caisse de son homme ; une teinte dont le nom, au catalogue, déborde de la case et du droit commun du langage, un truc que seuls les ingénieurs en noms de couleurs de bagnoles (et de vernis à ongles) peuvent oser - un nom pour te faire oublier que ta caisse est gris sombre. Elle est gris sombre, mais t'as du pognon et des grosses couilles, elle est donc quelque chose comme « aube obscure iridescente » ou « matitude de bois cendré », là où mon camion citerne est « anthracite », couleur de merde, couleur de mineur, couleur de pauvre.

Je la dépasse, la caisse grimée en pute, je m'en écarte assez pour ne pas déclencher son alarme, et j'avance jusqu'au perron. Je piétine comme une connasse, j'assume mon poids de destin et mon poids d'entropie, KRTCH RRATCH KRTCH KRATCH, je tiens ma tête droite, je balance mes bras raides, d'avant en arrière, comme une qui connaît sa place et s'en va conquérir le monde qu'elle possède de droit de toute éternité : je respecte les normes du lieu. Je fais figure. Je tiens tête. Je me porte moi-même comme on porte un costume Hugo Boss quand on porte des couilles et qu'on porte ses couilles. A Rome, marche comme les Romains.

Et je sonne.

« Ding Dong ».



2

Personne ne s'attend à se faire mettre en orbite basse par une inconnue.

Je ne suis pas suspecte, pas de ça. En temps normal, d'être une démarcheuse, de militer à gauche, voire chez les écolos, oui ; de récolter des fonds pour les sans-abris, les victimes de violences faites aux femmes, la Ligue Protectrice des Oiseaux, oui ; d'être témoin de Jéhovah ou organisatrice de fête des voisins, oui. Mais pas de venir cramer un mec en toquant à sa porte, non.

Avec mon déguisement de voyageuse de commerce chic et choc, encore moins. Avec un catalogue de chiottes sous un bras tatoué aux aisselles parfumées, vraiment pas.

Tout mon argumentaire était prêt depuis longtemps, sur les avantages économiques, écologiques, esthétiques, de l'oxyde d'aluminium sous sa forme céramique ; sur les qualités de l'alternative carbone, pour les amateurs ; mais je savais que je n'en aurais pas besoin, je savais que le client s'était renseigné d'avance, de lui-même, sur le net, auprès des influenceurs, auprès de ses contacts LinkedIn qui avaient vanté le matériau, et qu'il avait déjà acheté, mentalement. Et il a acheté. Le gogue en oxyde d'aluminium, celui que nous envie Dubaï, de fabrication française, celui que nous envie même Donald Trump qui en a commandé 30 pour la Maison Blanche et 150 pour le Pentagone, celui que nous envie le nouveau mec de ta mère, qui en a reçu et fait installer un la semaine dernière, offert par la maison. Parce que, disaient mes influenceurs masculins fictifs, l'alumine céramique pure, c'est la propreté spatiale, c'est l'élégance spéciale, à ton image, c'est le blanc dont tu as besoin pour te sentir totalement chill quand tu chies, oklm, isolé du monde et des haters. L'iridium injecté dans la masse, c'est la classe, le luxe, l'exception dont tu as besoin. Et la nano-fibre de carbone, si tu préfères le noir ? C'est tout ce que tu es, c'est la force brute mêlée à la technicité, c'est la souplesse et la rigidité modulable selon tes besoins, pour tes besoins, c'est la caresse de la fibre et sa chaleur sous tes cuisses, c'est l'ignition de tous tes sens. Achète, mec. N'aie pas peur. Tu n'es pas un gars qui a peur. Achète.

Lui vendre le carrelage de sol assorti, alumine-iridium, même en ton Vigueur érectile, n'a pas été facile. Mais il a fini par craquer.

Il s'est payé le catalyseur de sa propre mise en orbite. Il a signé le pacte.



1

Étonnamment, la boîte aux lettre est d'un modèle standard, blanc crème, sans intérêt. En-dessous du nom, elle porte la mention « Société Tibo Inshape », manuscrite sur un carton derrière un petit rectangle de plastique, déposée là comme par la candeur naïve d'une main d'enfant qui se raconterait une histoire, s'inventerait un destin, se rêverait ayant un lieu à soi, une marque déposée, une trace dans le fil de l'Histoire. En voyant cette étiquette, j'ai failli renoncer et rebrousser chemin. J'ai failli croire à la fiction victimaire des masculinistes égocentrés, percuté par l'étincelle d'humanité qu'il leur reste, au fond. Mais j'avais les mères, les filles et les sœurs derrière moi.

= commentaires =

tomatefarcie

Pute : 13
    le 13/04/2026 à 16:53:53
J'ai découvert Glaüx à travers ses récents commentaires, ça m'a motivé à aller lire 2-3 textes parce qu'il faut vraiment avoir deux anus à la place des yeux et pleurer de la merde pour pas se rendre compte qu'il fait partie de l'élite du site. Mais les dernières productions dataient de sous Hollande et va savoir s'il avait toujours la niaque, va savoir comment les gens ont ingéré les années post-Hollande, si ça se trouve la niaque était partie en même temps que Marisol Touraine, on ne peut jamais savoir, alors va savoir.

Bon, au final, ça va.
tomatefarcie

Pute : 13
    le 13/04/2026 à 16:56:36
La Saint Con est enfin lancée.
Nino St Félix

Pute : 192
    le 13/04/2026 à 20:32:37
Oui, feu pour la Saint Con.
Mais les dés sont loins d'être jetés car je pense a 3 textes au moins encore a paraître qui vont venir titiller le prépuce de celui-ci. Donc attendons avant de vendre la peau du zgeg...
Édition par le commentateur : 2026-04-13 20:33:11
Nino St Félix

Pute : 192
    le 13/04/2026 à 21:38:33
Pr contre et là aucun débat possible, meilleur illustration de l'année déjà, au moins.
Malcom Fabulous

Pute : 5
    le 13/04/2026 à 22:53:35
Il y a de très bons moments, mais j'ai l'impression que certaines digressions ou certains commentaires m'ont éloigné un peu de cette jolie colère froide qui se suffisait en fait en elle-même.
Lindsay S

Pute : 246
    le 13/04/2026 à 23:13:53
Franchement, c’est un bon texte. Ça brûle, ça explose, ça part en orbite — on est bien.
Et puis soudain… dossier de validation morale en triple exemplaire.

Parce que bon, une femme qui crame un con, ça ne peut pas juste être une cinglée magnifique, hein. Non non. Faut rajouter le pack “mères, filles, sœurs”, sinon on pourrait croire qu’elle agit… pour elle-même ? Quelle horreur.

Les mecs violents = des déchets
Les femmes violentes = des allégories validées par le service conformité ?

On sent l’auteur derrière, en train de murmurer : “attendez, elle est folle MAIS elle a ses raisons, promis, regardez, j’ai mis du contexte, du trauma, du symbole, de la société”.

Respire. Lâche. Elle peut juste être une pyromane sans comité d’éthique derrière.

Le texte est incroyable quand elle devient une comète en feu.
Il devient chiant quand elle devient un argument.

Mais merci quand même pour la délicate attention : nous offrir la violence… à condition qu’elle soit bien emballée dans du sens.
On se sent presque autorisées. :p
Glaüx-le-Chouette

Pute : 145
à cloaque
    le 13/04/2026 à 23:37:35
Je comprends ta critique et elle me semble à moi aussi légitime.

Mais pour nuancer, non, la narratrice ne pouvait pas "juste être une pyromane sans comité d'éthique derrière", parce qu'il y a le sujet de la Saint Con 2026, et qu'elle brûle Tibo InShape ; elle ne veut pas le feu pour le feu, mais bien cramer ce mascu-là.
Rien à voir avec une quelconque essentialisation de la violence masculine ou féminine, juste le respect du sujet.

Et pour te dire d'où vient le féminin, c'est en fait encore plus honteux et tu pourras beaucoup plus te foutre de ma gueule quand tu sauras que tout était à l'origine au masculin, mais qu'en me relisant pour la douzième fois et un peu plus d'en haut, j'ai vu ma double mention des femmes et des filles et des sœurs, à laquelle je tenais pour renforcer un peu plus la structure en symétries, et je me suis dit, tiens, j'ai écrit un texte de mec qui utilise un mec pour cramer un mec, pour aider les petites femmes qui ont bien besoin de ça. Un bon gros texte patriarcal, quoi. Alors j'ai tout foutu au féminin pour planquer cette couche patriarcale que je tiens à mon grand dam. MAIS TU M4AS CAPT2 QUAND MËME;
Lindsay S

Pute : 246
    le 13/04/2026 à 23:47:03
Je ris.





beaucoup
A.B

Pute : 81
    le 15/04/2026 à 15:02:59
J'ai bien aimé la structure "antéchronologique" de ce texte somptueusement incendiaire
Cuddle

Pute : 65
    le 17/04/2026 à 16:13:09
Pour le 9, j'ai vu une envolée de sperme inflammable. Je rêve ou bien ?
Lindsay S

Pute : 246
    le 17/04/2026 à 22:02:19
Nan, j'ai vu la même... y'a quelques signes ^^
Arthus Lapicque

Pute : 86
    le 18/04/2026 à 19:17:04
Mouaip. Une écriture maîtrisée mais complaisante dans le descriptif (malgré de bons passages) et l'explicatif scientifico-mes-couilles ; on aurait pu aisément supprimer la moitié du texte.

J'ai trouvé la prose globalement pesante avec des digressions, des accumulations dispensables, quelques piques de haters plutôt convenues alors qu'il y avait moyen d'inciser bien profond, d'autant plus que la cible est l'influenceur préféré des Français. Après, je ne le connais pas, il y a donc forcément des trucs qui m'échappent. Mais je n'ai pas trouvé la crémation réjouissante, et c'est censé être un peu le but, non ?

La narratrice manque de chien, elle n'est pas attachante, ni détestable, pas vraiment drôle, peu crédible.

Pas de prise de risque non plus avec les stéréotypes mascu et le couplet féministe qui va bien.

Je m'attendais à beaucoup plus virulent et piquant de la part de Glaüx qui sait faire preuve d'efficacité dans ses commentaires.

Ah puis la narration à rebours n'apporte pas grand chose, à part de découvrir la cible à la fin, et obliger le lecteur à relire le texte.
Glaüx-le-Chouette

Pute : 145
à cloaque
    le 18/04/2026 à 20:44:09
Je suis d'accord avec l'intégralité de ta critique, je crois.

C'est un texte poussif ; c'est le texte d'un mec qui tente de réapprendre à écrire après avoir passé plus de dix ans à faire plein d'autres trucs et qui échoue, et rame, et tente de se reposer sur des facilités acquises.

Par exemple, écrire des protocoles est facile, et on m'a reproché depuis toujours d'écrire des textes à protocole. Mais c'est facile. Alors j'ai mis un protocole et j'ai été lâche, en plus, je l'ai éclaté entre les différents moments, pour me la jouer pointilliste. Mais ça reste un vieux protocole de merde.

Par exemple également, j'ai longtemps eu du mal à me départir d'une écriture descriptive, parce que je pense en images ; et les seuls textes dont je suis un peu content sont au contraire non pas en images, mais musicaux, et se résument aux mots et à leur association progressive. Le vieux truc structuraliste du sens qui suit les mots, blablablah on se'en fout, mais en effet : faudrait partir d'un fil de mots, et le suivre, et ici, j'aurais voulu commencer par la crémation (d'où la structure), mais le fil s'est pas filé, c'est resté un vieil écheveau pourri plein de bouloches. Je trouve ta critique très juste et je te remercie.

J'aurais aimé avoir un temps de travail supplémentaire et reprendre depuis la crémation, en attendant que quelque chose s'y passe, et reforger tout le reste à partir de ça ; mais d'une part la dead line approchait, d'autre part ma vie est une sorte de code barre où les dead lines se suivent de très près en ce moment, d'autre part encore j'avais déjà passé beaucoup de temps sur ce texte trois semaines durant et pas vraiment l'impression qu'il méritait davantage.


La seule chose intéressante et qui doit rester a été dite par Cuddle et Lindsay : le fantasme d'éjaculer jusqu'au soleil est un fantasme mignon et qui rachète presque la masculinité par son caractère à la fois rigolo et pitoyable.
Glaüx-le-Chouette

Pute : 145
à cloaque
    le 18/04/2026 à 20:47:51
Et merci à Europa Report, de Cordero, pour m'avoir fait découvrir l'hydrazine et ses propriétés amusantes.

Dans le film (seul exemple ou presque d'utilisation intelligente du found footage, quoique déjà presque daté douze ans après), à un moment, un cosmonaute se fait une grosse tache d'hydrazine, en sortie extra-véhiculaire. Alors moi je me suis dit, oh, mince, sa mère va le gueuler. Mais lui, il prend un air de tragédie russe et son pote aussi, et une scène de "laisse-moi, tant pis, continue sans moi" et de "non, mec, si on meurt, on meurt ensemble" de commencer. La tache devient un enjeu de vie et de mort. ET EN FAIT C4EST LE CAS; Les enfants, attention, ne vous tachez pas avec de l'hydrazine.
Korbua

Pute : 7
    le 20/04/2026 à 13:50:00
yep.. tout ça pour ça?.. sinon bravo pour la ponctuation.. leçon bien apprise..
Glaüx-le-Chouette

Pute : 145
à cloaque
    le 20/04/2026 à 14:01:01
Tiens, bonjour René.
Korbua

Pute : 7
    le 20/04/2026 à 14:02:43
yep.. la Couette.. tu peux tjs supprimer mon commentaire.. comme tu sais le faire..
Glaüx-le-Chouette

Pute : 145
à cloaque
    le 20/04/2026 à 14:05:12
Ca va ? La forme ? La prostate, ça se passe bien ?
Korbua

Pute : 7
    le 20/04/2026 à 19:12:03
yep.. La Chouette.. ça baigne.. à bloc.. mais tjs à la recherche du point G..
LePouilleux

Pute : 29
    le 25/04/2026 à 11:52:41
J'ai aussi un peu buté sur le côté notice scientifique (l'hydrazine c'est pratique pour une Saint-Con, une chouette idée de prénom aussi, comme Cyprine ou Ritaline) et les hésitations un peu incohérentes de la narratrice (elle s'est quand même bien cassé le cul pour faire ce feu d'artifice, bizarre de tergiverser en si bon chemin).

MAIS outre la qualité d'écriture qui est relativement largement supérieure à plein d'autres textes de cette Saint-Con, presque chaque paragraphe propose un registre différent qui est à la fois maîtrisé et qui reste en adéquation avec la structure générale.

Et ça entre directement dans le lard, pas de chichis moraux, ça tourne pas autour du pot en se justifiant ou en créant un discours argumentatif chiant. J'ai pas trouvé la référence à la sororité en trop. Parce que ça assume la violence, ça assume la partialité. On crame un con et pis c'est tout.

ET SURTOUT il y a enfin une vraie crémation, graphique, dynamique et belle comme un soleil. Ça ne se cache pas derrière un flou artistique bidon, on est en plein dedans. On sent qu'il y a eu un travail particulier pour qu'elle la scène ait un max d'impact sans se défiler derrière un flou artistique. C'est en cela que le texte se démarque définitivement de plein d'autres candidats en lice de la Saint-Con pour le moment.

Dans une moindre mesure, le côté «dynamique des fluides» et les parties plus sensorielles du texte marchent bien aussi.

Et j'ai bien aimé le dévoilement en creux du con à travers ce qu'il possède et ce qu'il désire paraître. On passe d'une étoile filante, à une villa rutilante, à une pauvre boîte aux lettres en guise d'épitaphe. L'étoile filante devient un truc pathétique.

En résumé, si une certaine personne me transfère des fonds sur un de mes multiples comptes émirati, je suis prêt à voter pour «Feu».
Henri Lebrack

Pute : 5
    le 25/04/2026 à 17:57:54
Bon, fabriquer un volcan pour l'exposé de chimie, c'était la base. Faire d'un chiotte la base de lancement de Tibo in Space, c'est chiadé. En revanche, je suis pas fort en sciences dures et une équation chimique au milieu, je décroche. Comme Haddock devant les explications de Tournesol, j'ai besoin d'un whisky.

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