Demain, tu épouses un homme. Tu porteras une robe blanche, lui promettant de l’aimer pour toujours. Moi, je serai là, au fond de l’église, cette lettre cachée dans mon sac, comme un aveu interdit.
Je devrais sourire, te dire que tu es radieuse, que tu as trouvé ton bonheur. Mais quand j’imagine tes doigts glissant à son alliance, je revois Barcelone. Cette chambre d’hôtel où l’odeur de la mer se mêlait à celle de ta peau. Nos nuits sans sommeil, nos âmes suspendues à des mots murmurés. Tu avais dit : « Un jour, je veux une maison, des enfants, une vie normale. » J’avais souri, le cœur déjà lourd : « Moi, je ne veux que toi. »
L’amour était là, plus fort que nos peurs, plus tenace que nos silences.
Je t’ai aimée en secret, comme on protège un trésor trop précieux pour le monde. J’ai cru que nos étreintes volées, nos regards complices, nos rires étouffés suffiraient. J’ai espéré que tu choisirais, un jour, de vivre sans mensonges. Mais la peur a gagné. Celle qui t’a convaincue qu’une vie tracée valait mieux qu’un amour incertain. Je la comprends, cette peur. Elle a aussi grandi en moi, comme une seconde peau.
Demain, tu te maries. Tu entreras dans ce rôle que tu as tant désiré, même s’il te serre un peu. Je serai là, à me demander si tu penses parfois à ce que nous avons été. À ces possibles que nous avons laissés mourir sans un combat.
Je ne te demanderai pas de revenir. Je ne te supplierai pas de rompre tes vœux. Mais si, dans cinq ans, dans dix ans, un vide t’étreint, sache que je serai là. Pas comme une ombre, mais comme une lueur persistante - celle qui te rappellera que certaines vérités ne s’effacent pas. Qu’il existe des amours qui survivent, même enfouis.
Je t’aime. Je t’aimerai toujours. Et demain, quand tu diras « oui », je serai là, à t’aimer en silence, notre histoire logée en moi comme une braise qui attend son heure.
= ajouter un commentaire =
Les commentaires sont réservés aux utilisateurs connectés.
![[imprimer]](/images/print.png)






= commentaires =
Et si tu croiiiis un jour que tu m'aimes, cours, cours, jusqu'à perde haleine.
Sympa cette semaine thématique GD Lodace. Je me demande s'il a gagné un saucisson avec ce texte.