LA ZONE -

La poésie est une brochette braquée sur un mangeur de verre qui le lit dès l'aube jusqu'à la couenne

Le 27/04/2016
par Mill, Zone Inc.
[illustration] On l'aura bien cherchée et on l'aura bien méritée notre condition humaine définitive. On a baisé sans la viande compliquée des suppositions, un coup de barre à mine, en disant : « N'aie pas peur... C'est la lutte finale... » Et oui, arrive un moment où, à force de descendre des pintes, on avale rapidement en chemin nos rations de médocs pour pas contracter la Maladie de Creutzfeldt-Jakob. La voix de ma petite soeur en boucle dans ma tête devant le portail rouillé :
« Laisse-moi partir et je te donne du fric. Beaucoup, beaucoup, beaucoup de fric. Tu trouveras plutôt marrant de bazarder quelques affaires : Garcia Marquez, Fuentes, Cortazar, Bioy Casares et Borges, nom de Dieu, Borges ! Tu le sais bien ça, débuggeur, que nos temps sont troubles même si tu ne me l'avoueras jamais. »

Ripley voyait ces observations d'un regard davantage décalé. L'innocence même, et moi, le colon-touriste, gorgé de tous mes ismes : humanisme, cynisme, Mary Popisme.

« Le rythme change selon ta consommation de cette merde dont tu apprécies tant le goût et les effluves, cette chiasse impure, trafficotée jusque dans sa structure atomique sous la haute vigilance de savants sous-diplômés grouillant telle la vermine dans les méandres noires d'un laboratoire secret planqué sous une vaste chaîne de supermarchés estampillés post-nuke, où l'on propose à brûle-pourpoint de risibles promotions sur la cervelle et les asticots, où l'on vend à la criée des souvenirs formatés à de pâles orang-outans qui croient régner sur le monde parce qu'ils maîtrisent Google. »

Quand elle enleva son masque, une poitrine lourde et prometteuse, qui devrait pouvoir nourrir une longue lignée, métissée ou pure race, vint caresser ses joues. Un buisson ardent, la cyprine comme ultime carburant. Son sang ne fit qu’un tour. C’était une situation inextricable.

Les scientifiques qui avaient élaboré le premier robot écrivain, avaient produit une suite délirante de robots : d'abord, des robots pour tous les corps de métier, ensuite des robots pour la prostitution. Marc-Antoine était particulièrement friand des selfies en maillot de bain ou en tenue de fitness, un mini short sur des collants, ça ne suffit plus.

« Soigne un peu ton langage fils de pute. Ce que j'exècre le plus chez toi, ce n'est pas ta suffisance de petit-bourgeois peigne-cul. Allez, vas-y, je t'écoute. Raconte-moi ta vie minable de pauvre humain dérisoire. Je suis l'arbre et la forêt. »

Je nous ai servi du coca-cola. Faut quand même pas déconner, quand même.

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Mill


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    le 03/05/2016 à 13:45:50
En "composant" ce texte comme on compose à base de samples, je me suis revu, gamin, aux prises avec les vieux BLED, ceux où chaque phrase des exercices était en fait une citation d'une oeuvre connue. Dans mon cerveau d'enfant, j'imaginais qu'on pourrait écrire un long texte - voire un roman - en piochant uniquement dans ces citations. Merci à Lapinchien d'avoir concrétisé cette vieille pensée de façon totalement extravagante et infiniment zonarde.

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