LA ZONE -

DROGUISTAN - 1.3 - Mère Teresa avance

Le 17/02/2026
par Nino St Félix, Laetitia Giudicelli
[illustration] DROGUISTAN - Partie 1 - chapitre 3/33

France, an de grâce 2034. L'impensable s'est produit. Personne (sauf sur BFM) ne l'aurait cru. Mais n'en disons pas plus. Voici l'histoire de Ridge et ses acolytes : rédigée comme du Balzac sous Tranxen, elle est publiée façon Eugène Sue épileptique. Merci encore à la Zone d'oser l'accueillir. Bienvenu au royaume du Dragon.
A cent mètres des locaux du quotidien La Zone, en traversant le terrain vague, Violette s’arrête. Elle observe un SDF en extase devant une affiche de campagne de Ridge Tahgui. Il a sur le visage cet air de confiance absolue qu’ont les petits enfants levant les yeux vers l’adulte grand comme Dieu. Et ça, ça lui fait mal, à Violette.
Il est maigre, ce type, maigre à faire peur. Il tient mal sur ses jambes et ce n’est l’effet ni de la drogue ni de l’alcool. Fut un temps, elle parvenait à distinguer les alcoolos des junkies. Quelque chose dans la démarche, dans le regard, dans les tics aux coins de la bouche, qui ne trompait pas. Inutile de se poser la question, désormais. Avec le Dragon, tout le monde s’enfile la même merde, dans le gosier, dans le sang, et ça suinte par tous les pores, ça transforme les consommateurs en batteries électriques - fiables, silencieuses, facile à recharger. L’alcool se vend encore mais il ne viendrait à l’idée de personne d’y chercher l’oubli. Les seuls à avoir réellement l’air de zombies, ce sont les crève-la-faim. Elle s’approche, lui dit quelques mots, l’appelle Monsieur. Il lâche l’affiche, regarde Violette sans comprendre. Elle sort de son sac ce qu’elle avait prévu pour son déjeuner et, comme il ne s’en saisit pas, le force délicatement à accepter :
    — Ça, Monsieur, ça vous nourrira.
Elle ajoute : « J’aimerais pouvoir faire plus », et s’éloigne.

En poussant la porte de l’immeuble, elle décide d’oublier ce miséreux. Comme dirait JP, ton empathie, ta commisération, personne en a rien à foutre. Et tu sais pourquoi ? Parce qu’elle est inutile. Soit tu chiales devant l’humanité souffrante, soit tu te bats pour elle, pour nous tous. Tes larmes de petite bourgeoise, c’est la négation de la politique. Tes motivations profondes, ta culpabilité d’être née du bon côté, on s’en carre. C’est ce que tu fais de toute cette merde que t’as dans la tête qui nous intéresse.
JP fait rarement dans la nuance. Mais s’il pratique le recadrage comme d’autres manient la pince-monseigneur, c’est parce qu’il sait ce qu’elle a besoin d’entendre, parce qu’il formule ce qui reste chez elle dans les limbes de la réflexion. JP : l’éminence qui met les mots sur les choses.
Alors elle fait son choix : en montant l’escalier, elle ravale sa pitié et ouvre en combattante la porte des bureaux. Un journaliste, aujourd’hui, c’est un reporter de guerre. Pas seulement pour documenter en laissant à ceux qui viendront après le soin d’écrire l’Histoire. L’Histoire, elle veut la changer. La neutralité, l’objectivité, non seulement ça n’a jamais existé mais, par les temps qui courent, ne serait-ce qu’essayer de s’y tenir serait criminel. Ce qu’elle cherche, c’est la vérité.

Depuis bientôt six mois, tout ce que le pays compte de penseurs et d’intellectuels glose sur l’effondrement, le retour en arrière de la France. De combien ? Les avis divergent. Cent ans ? Deux cents ans ? Qui dit mieux ? Avec la disparition progressive de l’État de droit, le retour à l’état de nature ? Vue de l’esprit, pense-t-elle. Est-ce que les structures fondamentales ont changé ? Ne distingue-t-on pas, encore et toujours, une classe dominante, et une majorité d’exploités ? Bien sûr, l’élite, si l’on peut dire, après le « propre sur lui » Baroin et le « Roisident » de Villiers, s’apprête à changer de visage : avec l’élection imminente de Ridge Tahgui, elle aura celui du prosaïsme assumé. Ni idéologie, ni morale. Il veut la fin, il se donne les moyens. Ceux qui prétendaient diriger le pays, avant, n’étaient ni plus ni moins corrompus que le trafiquant de drogue ex-taulard. Mais ils s’en défendaient. Ils intentaient des procès en diffamation. Et, si on avait vu jadis un ancien président porter un bracelet électronique puis faire, dura lex sed lex, vingt jours de prison, il faut croire que c’est parce qu’il avait été plus con que les autres, ou parce qu’il fallait bien en faire tomber un, de temps en temps, pour que le bon peuple croie encore en la justice. Aujourd’hui, on ne nie pas avoir enfreint la loi : on exhibe son viol, au contraire, comme une manifestation de puissance et de volonté. De toutes façons, Ridge n’a jamais reculé devant rien…

Dans son bureau encombré de papiers de toutes sortes, elle met du temps à s’asseoir. Elle regarde sur les étagères la quantité de documents qu’elle a amassée sur lui depuis bientôt quatorze ans. Son premier article sur Ridge, alors qu’ils n’étaient presque que des gosses ; c’était dans la banlieue lyonnaise, juste après sa sortie de prison. Reconverti en travailleur social, il écumait les quartiers pour porter à la jeunesse, disait-il, un message d’espoir. Pourquoi, parmi tant d’autres du même acabit, l’avait-elle distingué, à l’époque ? Elle sentait déjà qu’il avait des ambitions politiques et qu’il travaillait le terrain comme une drague racle le fond d’un canal, en se servant du tissu associatif. Dans le même temps, il reprenait en main, peu à peu, le contrôle des trafics. Parfois, avec stupéfaction, elle se dit qu’à force d’écrire qu’il fallait se méfier de lui, elle a contribué à faire de Ridge Tahgui ce qu’il est devenu. Elle le présentait comme l’incarnation de l’esprit du temps, qui valorise le charisme, la force brute, l’autorité naturelle, le succès, peu importe dans quel domaine du moment qu’il manifeste une supériorité quelconque sur le commun des mortels. Elle l’avait vu patiemment construire ses réseaux avec la protection des élus locaux qui croyaient tirer les ficelles. Putain, qu’il était bon...Il n’avait pas innové dans son domaine mais il avait toutes les audaces : à l’évidence, même son séjour de six mois en prison faisait partie de son plan de carrière. A sa manière, il était un ascète. Il n’avait pas confondu vitesse et précipitation, argent facile et investissement. Travailleur social le jour, mafioso la nuit, il avait doublé tous les autres prétendants au titre de roi du deal. Et elle les avait vus, un à un, s’aplatir devant lui. Subjugués, comme elle.
Ridge Tahgui... Elle regarde une photo d’elle et lui, cinq ans en arrière. A vrai dire, elle le trouve mieux maintenant. Quelque chose de plus dur dans le regard, mais aussi de plus voilé. Trop intelligent pour être dupe de lui-même. Elle ne peut s’empêcher de penser que, dans d’autres circonstances, dans un autre milieu, à une autre époque, il aurait été un homme bien.

Elle entend à nouveau la voix de JP. Ça va, mère Teresa ? Prête à ramener au bercail la brebis égarée ? T’en as pas marre, de ta sociologie de comptoir ? Ce pauvre Ridge… L’enfance qu’il a eue… le déterminisme social… c’est facile d’être honnête quand on n’a jamais manqué de rien… Ridge, ce n’est pas ce qu’il aurait pu être qui nous intéresse, Violette. C’est ce qu’il est devenu, et ce en quoi il va se transformer. Ce qu’on veut, c’est savoir comment on va arrêter son ascension. On en est réduit à miser sur l’intelligence du peuple souverain, putain, c’est te dire si on est mal barrés. Un peu comme si je comptais sur toi pour voir Tahgui tel qu’il est, une bonne fois pour toutes.
JP, songe Violette, même dans ma tête tu n’es pas capable de la boucler. Ta grossièreté me contamine. Mère Teresa avance, JP. Mon dossier est en béton. Tu as tort de douter : si quelqu’un doit le faire tomber un jour, ce sera moi. Mais pour empêcher son élection, il est trop tard.

= commentaires =

René de Cessandre

Pute : -240
    le 16/02/2026 à 19:05:09
Toujours très bien écrit. Avec un mélange corrosif de dystopie et de critique de la société actuelle.
Les problèmes moraux et éthiques y sont abordés de façon complexe, et sans complaisance pour qui que ce soit.
Il y a d'un côté les corrompus qui semblent dominer, et les "purs" qui subissent.
Mais la dynamique sociale de cette machine n'est pas si simple.
On sent que la barrière entre les deux "mondes" est fragile (tous touchent à la drogue, par exemple), et chacun semble appartenir à un clan ou à l'autre plus par un certain déterminisme que par choix.
Il sera intéressant de voir par la suite si la corruption peut d'étendre, et comment, dans quelles conditions, ou s'il reste vraiment des purs.
On peut se poser la question, car jusque-là le récit semble plus promis au pessimisme qu'à l'optimisme.
(P.S. : petit détail : j'ai eu du mal avec la coquille "le peuple croie").
René de Cessandre

Pute : -240
    le 16/02/2026 à 19:06:22
* s'étendre...
    le 16/02/2026 à 19:09:40
Mouif.

Mais moi j'aimerais bien que ça commence à bouger. Le texte me vend beaucoup d'action et de chamboulements, et je reste coincé dans l'imaginaire et la langue de Violette, qui me semble un tout petit peu chiante.

Pourquoi vous aimez pas les narrateurs extérieurs à l'histoire et les points de vue omniscients ? Quand on parle Histoire et Sociologie, ça marche quand même pas mal.

J'aime bien cependant la différenciation de JP (dont le prénom manque RADICALEMENT de crédibilité en 2034, je crois pas que l'INSEE recense beaucoup de Jean-Pierre nés entre 2000 et 2010), par son langage. Je sais pas si je le trouve vraiment violent, ni juste, il me semble trop violent pour un compagnon, et pas assez pour un mec vraiment violent, mais au moins il a une parlure, et c'est une bonne idée selon moi. Je capte pas tout ce qu'il dit à la première lecture, y a trop d'allusions et de références, mais ça me va quand il parle.


Pour m'auto-combattre quand je dis qu'un point de vue omniscient et un style plus froid et analytique m'aurait bien davantage plu (ce qui reste vrai), je me dis cependant que j'ai plutôt aimé Fabrication de la guerre civile, de Charles Robinson. Il y parle la langue d'un ancien zonard, qui a quitté le milieu natal pour aller faire des études, et revient, au milieu de phénomènes comme votre Ridge, mais plus vraisemblables, car plus vrais, en fait, au départ. Il y parle donc la langue d'un mec pas naïf du tout, mais l'étant un peu devenu, assagi, amolli, et perçu comme tel par ses anciens potes. Ca fonctionnait assez bien, dans ce cas, le point de vue interne du narrateur-personnage.
Mais voilà, faut une putain de street cred dans le style, les références et les PR2NOMS BORDEL? AUSSI LES PR2NOMS, sinon ça flambise à mon goût.
Je n'irai pas jusqu'à accuser ce texte de socialisme stylistique. Je n'ai pas cette méchanceté.
    le 16/02/2026 à 19:12:01
"Pour que" est une locution suivie du subjonctif. D'où le "e"
Mais est-il besoin que je m'étende ? Le Bescherelle et moi, nous avons tort.
    le 16/02/2026 à 19:13:23
Mais ce n'est pas une raison pour ne pas te remercier de ton commentaire. Que veux-tu, je perds mes bonnes manières quand il s'agit de conjugaison.
René de Cessandre

Pute : -240
    le 16/02/2026 à 19:28:15
Oui Laetitia : je suis passé trop vite sur le "pour que". J'ai lu "le peuple croie" (ce qui m'a déclenché un réflexe intempestif).
Tu as en effet raison.
René de Cessandre

Pute : -240
    le 16/02/2026 à 19:39:03
Et merci d'avoir malgré tout pris en compte mon commentaire !
    le 16/02/2026 à 20:03:00
Glaüx-le-Chouette, je suis la spécialiste des scènes où il ne se passe rien. Pour l'action, il faut voir avec Nino. Tu ne seras pas déçu.

Le point de vue interne, c'est un choix assumé. Et puis oui, elle est chiante, Violette. En plus, elle n'est pas si pure que ça, tu t'en doutes. C'est pour ça qu'il y a JP, le contrepoint, que j'imagine plus vieux qu'elle, une figure paternelle.
Lapinchien

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Pute : 348
à mort
    le 16/02/2026 à 20:07:42
Comme Netflix va fatalement adapter Droguistan pour sa plateforme, voici les prix que la série va recevoir :

Emmy Awards :
- meilleur pamphlet de politique fiction
- meilleure drogue pour le Dragon condamnant RedBull à la faillite
- meilleur cameo pour le nom Zone du journal
- meilleure voix dans la tête de Violette pour JP
- meilleur acteur interprétant un personnage conscient d'être dans une fiction, brisant le 4eme mur et les burnes pour JP
- meilleur scénario qui hésite entre la grande littérature et le divertissement
- meilleure anticipation sur l'évolution inéxorable des politiciens vers des escrocs qui ne cachent plus leurs crimes mais les exhibent comme une preuve de puissance
- meilleurs enjeux lancés comme des cocktails molotov
- meilleure espoir féminin à la conscience de gauchiasse pour Violette
- meilleur espoir masculin à la conscience de droitardé pour JP
- meilleur stéréotype du banlieusard lambda pour Ridge
- meilleure évocation de 2024 pour parler de 2034
- meilleure parodie d'un Hunger Games des quartiers Nord
- meilleur fils de pute pour l'ensemble de son oeuvre pour Philippe de Villiers


Razzie Awards :
- pire dystopie la plus improbable
- pire potentiel d'accident industriel
- pire médicament homéopatique
- pire raisonnement philosophique sur la vérité
- pire subtilité au marteau-piqueur sur le journalisme de guerre
- pire motif pour les spectateurs de demander un remboursement dès le 3ème épisode pour le nom Ridge qu'il va falloir se colletiner toute la série durant
- pire imitation de Sonia Mabrouk pour Violette
- pire espoir masculin comme meilleur cliché éculé pour le sandwich donné au clochard
- pire critique cinématographique pour lapinchien
- pire fils de pute pour l'ensemble de son oeuvre pour Philippe de Villiers

Hot d'or :
- meilleur cul pour René
    le 16/02/2026 à 20:08:10
(@Laeticia) Ooooohla ça sent le film de boules ça.

Je lance d'emblée la bande son disco assourdie et je tamise la lumière. Vas-y, envoie le texte.
Édition par le commentateur : 2026-02-16 20:08:35
Nino St Félix

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Pute : 183
    le 16/02/2026 à 20:11:56
Les scènes de cul c'est plutôt Laetitia qui les a écrites. Moi j'ai fait les scènes de baston.
Nino St Félix

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Pute : 183
    le 16/02/2026 à 20:12:31
pour le hot d'or j'ajouterai : meilleure sodomie active quotidienne pour Lapinchien
Lapinchien

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Pute : 348
à mort
    le 16/02/2026 à 20:27:28
C'est quoi ce dualisme scène soit de cul soit de baston ? On peut très bien imaginer les deux en même temps : ça m'évoque vaguement un truc dans "Total Recall" mais je confonds peut être avec "Total Rectal" le biopic sur René.

Sinon je serai assez curieux de savoir si pour se documenter pour Droguistan, Laetitia en plus de fréquenter les saunas libertins a testé les backrooms de certains clubs échangistes. On m'a raconté que dans ces endroits, le cul de René est considéré comme un Livre d'Or et que chacun y laisse sa petite trace.
René de Cessandre

Pute : -240
    le 16/02/2026 à 20:39:32
Je ne savais pas que j'étais déjà aussi célèbre.
Mais le tropisme de LpC m'inquiète quand même un peu.
Ses visions relèvent du phantasme.
Nino St Félix

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Pute : 183
    le 16/02/2026 à 20:42:35
Non je dirais surtout que c'est du fente-asthme (si l'un des deux est vite essouflé)
Pour le dualisme @lapinchien il est juste naturel, j'ai lu je sais plus où qu'il faut écrire sur ce qu'on connait le mieux.
D'ailleurs donc on attend ton texte sur le cul de René
    le 16/02/2026 à 20:44:34
Alors Lapinchien, je ne comprends pas bien ta distinction entre les saunas libertins et les clubs échangistes. Il y a des backrooms dans les saunas, tu sais. J'évite d'y traîner, ceci étant.
    le 16/02/2026 à 20:47:15
Et, à Lapinchien toujours, merci pour ta remise d'awards. J'ai bien conscience que nous ne faisons pas toujours dans la subtilité, avec Droguistan. En même temps, depuis quand la subtilité est-elle dans le cahier des charges de LA ZONE ?
    le 16/02/2026 à 20:51:32
Vous me faites beaucoup de peine, j'avais préparé le film de l'édition 1993 du Mondial de pétanque de Millau en super8 mais je vois que nos intérêts divergent.
Nino St Félix

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Pute : 183
    le 16/02/2026 à 21:03:31
Et comme dirait l'autre, c'est déjà beaucoup.
    le 16/02/2026 à 21:06:29
Il disait que c'était "énorme", ce qui me préparait un CMB opportun, mais voilà, ce soir, l'univers entier a décidé de me faire de la peine et ça marche pas avec "beaucoup". A moins d'une mutation.
Nino St Félix

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Pute : 183
    le 16/02/2026 à 21:11:24
Ah mince
Cmb
    le 16/02/2026 à 21:15:12
Anti-jeu, pas de passe décisive à soi-même.
Lapinchien

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Pute : 348
à mort
    le 16/02/2026 à 21:19:39
@Laetitia : Je sais bien que fondamentalement les saunas libertins et les clubs échangistes c'est la même chose. Mais c'est aussi fondamentalement la même chose que les douches d'une prison haute sécurité, fondamentalement la même chose qu'un magasin Sephora pendant les soldes, fondamentalement la même chose qu'une classe de maternelle dans une école catholique. Si on fait tomber une savonnette et qu'on se baisse pour la ramasser, on se fait sodomiser par 4 mecs et on est laissé pour mort à même le sol. Mais j'imagine aussi que chacun de ces endroits à ses petites subtilités qui les distinguent des autres. C'est juste que ne fréquentant pas ces lieux, je ne les connais pas. Je demandais juste pour me renseigner car je suis curieux.
A.B

Pute : 85
    le 16/02/2026 à 21:33:35
J'aime bien ce feuilleton
Bravo

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