LA ZONE -

Pas nous (Edito)

Le 21/06/2026
par Nino St Félix
[illustration] Juin. Chaleurs, transpiration, pulsions, de mort ou d’affection, parfois les deux, parfois en même temps. Beaucoup de rien, aussi.
Dans l’ombre des maisons de retraite, des vieux vont achever de se dessécher, en silence, pendant que leurs soignants scrolleront sur Tik-Tok et que leurs petits-enfants joueront à touche-pipi dans les châteaux de sable.
Mais pas nous.
Quoique. « Jouer à touche-pipi dans des châteaux de sable » est une manière de présenter l’activité de la Zone, après tout.
Non, nous, on ne les oublie pas. D’ailleurs, T’en as marre des cahiers de vacances, marre de te déboiter l’épaule pour te tartiner de crème solaire, marre de te secouer la nouille devant le ventilateur en attendant qu’il se passe quelque chose ?
Et pourquoi pas un AATZ (Appel A Textes Zonards) solidaire pour s'occuper en août ?

Crever.

C’est le mot de l’été, c’est le mot de 2026. Car la Zone a failli elle aussi y passer. Avant les grandes chaleurs, dans les flammes d’une Saint Con qui n’en finissait pas, les égos surchauffés, les volontés asphyxiées. Il a fallu une mobilisation sans précédent (13 votants, 6 pour sa survie, majorité relative macronesque) pour que la bête ne rende pas son dernier souffle.

Pas nous.

Laisser bruler dans l’incendie, 25 ans de connerie et d’esbroufe, de mauvais gout, d’écrivaillon.nes venu nous cracher à la gueule leur fiel, leur mal être et leur ressentiment, avant le plus souvent de disparaitre sans laisser d'adresse. Coups d'un texte.
Laisser cramer, puis balayer les cendres et s’en aller. On y était presque. Pas plus tard que la semaine dernière, encore une réplique, encore une secousse, ambiance de la brousse. Et pourtant...
Pas nous.

« Nous » ?

D’abord, une pensée pour ceux qu’on a laissés frire dans leur huile puante, au cœur du brasier qu'ils avaient allumé. Sans regret, parfois exprès. Eux, les artistes de l’enfumage, les trolls pyromanes, qui confondent comme ça les arrangent le droit et la morale, l’éthique et la responsabilité. Hurlent au feu dès qu’on ose bafouer leurs « liberté de pensée », le molotov à la main. Tautologues du dimanche prêts à nous démontrer par A+B que ne pas tolérer l’intolérable est une forme supérieure de fascisme.

Une pensée aussi pour ceux qui tentent, chacun à leur façon, de faire barrage. Combattre le feu par le feu, ou tenter de l’étouffer. Ils tombent, l’un.e après l’autre. Mais, après quelques temps, se relèvent le visage recouvert de suie, dans le tourbillon de chaleur, crachent un peu de sang mélangé de charbon, et reviennent prendre la place de celui qui est tombé, et qui, aprés quelques temps...

Nous… N’existe peut-être pas. Ou juste, par sa négation, précisément.

Une pensée, enfin, pour un type que j'ai pas connu, et qui avait tout compris, avant Xavier Niel. Ses potes en parleraient bien mieux, alors je me contenterais de dire que, dans quelques jours, le 26 juin, cela fera vingt ans que disparaissait Nounourz, l'un des Zonards fondateurs ; une bonne occasion, aussi, de revenir aux sources.

Il est vrai que du « pas nous » au « malgré nous » il n’y a qu’un pas. Mais justement : l’anti-nazisme est devenu, au gré du vent, le sous-thème de la St Con 2026. Et putain, on en a eu, des textes ; plus de 50, que tu peux lire GRATOS. Pour voter, par contre, c’est trop tard - fallait te réveiller avant.

Gloire soit rendue au vainqueur de cette année : LE POUILLEUX, pour son « Ta gueule Jordan », qui capture l’Esprit du Temps avec une acuité balzacienne. On ne peut qu’imaginer les heures de lavage de cerveau que l’auteur a dû s'infliger, pour aller au bout de cette nuit-là. Reste une question : est-ce que ça en valait la peine ? Il remporte une X-Box en bois en papier (visuel non contractuel).
Voir aussi : la liste des votes, et des votants, pour savoir qui lapider notamment.

Voilà, la Saint-Con a failli nous terminer. Elle achève de s'éteindre.

La Zone, elle, se tortille et gémit encore. En mode Crans Montana. Couverte de nouvelles cicatrices, de plaques de peau brulée. Est-ce qu’elle passera l’été ?
Les points putes désormais plafonnés, ses textes, un peu plus sélectionnés. Espacés, à partir de bientôt. Les présentations, et même certaines illustrations, ré-humanisés. Les réseaux sociaux, en stase. Sous respirateur, pronostic vital encore engagé.

Les vieux, la terre. Les sites, les réseaux sociaux. Les trolls, les auteurs, les lecteurs. Les textes binaires. Vianney. L'écriture assistée par IA. Les gouvernements et les statues de cire.
Tout finit éventuellement par s’assécher, s’enflammer ; fondre, crever.

Pas nous.

= commentaires =

Korbua

Pute : 2
    le 21/06/2026 à 11:19:27
yep.. respect Nino.. ça sent l'Appel du 18 juin.. avec 3 jours de retard.. certes.. mais c pas grave.. ce qui compte c l'espoir..
Nino St Félix

Pute : 100
    le 21/06/2026 à 12:17:16
C'était déja suffisement pompeux pour pas y rajouter De Gaulle, même si ça m'a traversé l'esprit en effet.

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