LA ZONE -

L'éternelle coupable

Le 22/04/2026
par Louise Guersan

= commentaires =

tomatefarcie

Pute : 17
    le 22/04/2026 à 14:56:47
Bon, j'ai pas pu aller au bout, je me suis arrêté à "je leur en étais gré". La présentation parle d'un écriture trop propre mais les trois quarts des phrases sont bancales, quand c'est pas la syntaxe qui merde, c'est la ponctuation. L'utilisation des phrases longues nécessite une maîtrise du français qu'on ne retrouve même pas sur les phrases plus courtes, donc c'est une entreprise vouée au dépôt de bilan.
Bilan déposé assez rapidement, me concernant, car en plus c'est bavard, on n'avance pas, je n'ai même pas pu me rattraper à la dramaturgie pour espérer poursuivre, quitte à serrer un peu les dents.
Lindsay S

Pute : 100
    le 22/04/2026 à 17:16:46
Excellente idée. Une narratrice qui massacre tout sur son passage tout en se vivant comme une pauvre victime incomprise, c’est le genre de dispositif qui peut donner quelque chose de fin, dérangeant, presque élégant dans sa perversité. Et pour ne rien gâcher, la langue suit : c’est propre, c’est tenu, parfois même franchement réussi. Le vocabulaire est là, la syntaxe ne s’effondre pas en rase campagne, bref, on sent quelqu’un qui sait écrire.

Et c’est précisément pour ça que c’est frustrant.

Parce que cette bonne idée, le texte la prend… et la passe au rouleau compresseur avec une délicatesse de pelleteuse. Au lieu de laisser le lecteur glisser doucement vers le malaise, on lui agite sous le nez un panneau lumineux clignotant : “ATTENTION : NARRATRICE DANGEREUSE”. Merci, on avait saisi au bout de trois paragraphes, pas besoin de repeindre les murs avec.

Le problème majeur, c’est que tout est expliqué, surligné, répété, revalidé, re-surligné au stabilo fluo triple épaisseur. La mauvaise foi de la narratrice, qui devrait être subtile, visqueuse, presque crédible par moments, devient ici une démonstration en PowerPoint : slide 1, elle est innocente ; slide 2, en fait non ; slide 3, regardez bien, elle est vraiment coupable ; slide 4, au cas où vous auriez un doute, on rajoute trois morts et un héritage.

Parce que oui, parlons-en de l’escalade. On part d’une enfant injustement accusée — intéressant. Puis on enchaîne tranquillement sur une série de morts opportunément rentables, un suicide bien placé, des accidents en cascade… À ce stade, ce n’est plus une narration, c’est une promo “un décès offert pour deux achetés”. Et malgré ça, le texte continue de faire comme si le lecteur hésitait encore. Non. Le lecteur n’hésite plus, il attend juste de voir jusqu’où ça va aller.

La narratrice elle-même en dit trop. Elle est censée être dans une mauvaise foi totale, mais elle finit par ressembler à quelqu’un qui plaide sa cause avec un mégaphone et un rétroprojecteur.

Le final arrive, avec son petit retournement au poison… et on n’est pas surpris. On est dans un état proche du “ah, évidemment”. Ce qui est probablement l’émotion la moins spectaculaire disponible sur le marché.
Dommage

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