Résumé : Deux inconnus commencent à s’écrire. Au départ, c’est élégant, presque trop. Des lettres longues, raffinées, pleines de sous-entendus et de phrases qui prennent leur temps pour tourner autour du désir sans jamais le toucher franchement. Puis quelque chose se fissure. Une femme prétend être retenue sur Mars par des extraterrestres. Un homme croit la croiser malgré tout dans des bars, des rues, des supermarchés. Les lettres deviennent de plus en plus absurdes, les doubles se multiplient, les explications empirent à chaque page… mais tout le monde continue à écrire avec le sérieux dramatique de gens persuadés de vivre une immense histoire d’amour alors qu’ils sont déjà en train de sombrer dans une farce cosmique. Entre séduction littéraire, paranoïa romantique et chaos interplanétaire, le texte avance comme un duel épistolaire qui aurait très mal tourné quelque part entre Laclos, X-Files et une rupture nerveuse dans un Monoprix.
= commentaires =
Un peu trop bien écrit, même si c'est l'idée, faire de la parodie de Choderlos et consorts. J'ai trouvé la première partie un peu longue et artificielle, ça faisait un peu "démonstration" de maitrise (même si c'est le jeu et l'idée, j'ai bien compris).
Ensuite, quand ça part dans le délire, c'était nettement mieux, j'aime beaucoup l'idée de cette femme folle, touchante dans son délire. C'est ce q'Olivier G.Moglia arrive le mieux à faire je trouve. Ses personnages féminins ont l'air complètement tarés, caricaturaux, mais en fait je les trouve plus vivants et touchants que plein de personnages dans d'autres textes. Je sais pas pourquoi, sans doute parceque j'ai une conception totalement erronnée de l'humanité. Mais je précise bien que ce n'est pas leur réalisme qui m'intéresse, c'est leur "vitalité", ici, cette Amélie, elle a ses désirs, son délire, peut être qu'ils sont liés, peut être qu'elle n'est pas "comme les autres", ou peut être qu'elle se moque juste. Mais elle a une fêlure, un pet' au casque comme on dit, et c'est ça qui m'intéresse.
Et le personnage masculin ne sert que d'homme de paille, avec son désir boursouflé de littérature, mais ça me va aussi, c'est lui le couillon de l'histoire, mais c'est un brave couillon, a la limite de la déconstruction, il serait presque sympathique.
J'aime pas chercher du sens ou de la signification, politique ou genrée, ou autre. Je me borne (je le précise car on a eu un débat a ce sujet ailleurs) a dire ce que moi, ce texte me fait ressentir. En gros, il m'a amusé, mais plus à la fin qu'au début (un peu lourd) et plus pour le personnage d'Amélie que pour le type ou même la situation.
Ouffe. Je me demandais quand, merdalors, ces deux andouilles allaient conclure.
Ils auraient gagné un temps précieux avec une messagerie et une adresse mail intersidérale comme ur@nus.con, par exemple.
Parce que perso, j'ai trouvé le temps long. Gros avantage : un texte finement ourlé comme une dentelle (nan, pas de Montmirail) anglaise.