Résumé : Un couple désuni se rend à Capri, île du luxe et de la pénurie. Double ironie et formidable idée de départ pour cette satire de la société capitaliste et de l'hyperconsommation frustrante, dans le splendide décor où jadis l'empereur Tibère se livra tout entier à ses vices. Une version hyperconnectée de "La Grande Bouffe" de Marco Ferreri, à ceci près que la nourriture y est pré-digérée ; une fable sur la fin d'un monde qui rappelle aussi, plus près de nous, "Sans filtre" de Ruben Östlund. Le récit est bien construit, le narrateur et sa femme, aussi pitoyables l'un que l'autre, entraînant le lecteur avec eux dans la déchéance collective. Quelques formules sont des trouvailles, comme "Capri de nuit, c’est comme Capri de jour mais plus brillant et encore plus indécent." Le motif du vomi répété jusqu'à plus soif sert le propos et installe dès le début un malaise qui ira crescendo. Ce qui est en revanche réellement indigeste, ce sont les commentaires lourdement explicatifs du narrateur. Pour dire les choses autrement : dans un texte qui donne la gerbe au lecteur, inutile de lui sauter en plus sur l'estomac.
= commentaires =
L'idée de départ est excellente et suffisamment barrée pour donner envie de suivre le voyage : des sacs à vomi qui deviennent progressivement une monnaie parallèle, un couple en décomposition sentimentale et un Capri qui finit par ressembler à une boucle infernale pour touristes fortunés. Il y a de vraies fulgurances et plusieurs phrases qui font mouche.
Le principal problème, c'est que l'auteur semble avoir appliqué la politique du « aucune blague ne sera abandonnée sur le bord de la route ». Chaque idée est exploitée jusqu'à l'os, puis encore un peu après, juste pour être sûr qu'elle soit bien morte. On finit avec l'impression d'assister à un spectacle d'humoriste de trois heures qui refuse de quitter la scène.
Ce texte aurait probablement gagné à perdre un bon tiers de sa longueur. C'est excessif, indigeste par moments, aussi subtil qu'un Vésuve en éruption, mais il y a une vraie personnalité derrière ce délire.
Le lagomorpho-canidé est de retour, yeah !
Je me suis bien poiré la fente, comme souvent avec cet auteur, qui splotch pile dans la grande flaque de merde, et en rigolant comme un trombonne. Ouais, ça déborde de partout, mais l'idée de base suffit à m'enjoyer, l'économie du vomi et marivaux retourné. C'est trop long CMB, je suis pas allé jusqu'au bout, mais pour une fois, c'est pas mauvais signe.
d'ou le "trop" (mais il manquait aussi un DTC)