Publication de textes sombres, débiles, violents. Déconseillé aux âmes sensibles. Lire le GUIDE puis
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Découvrez le Best Of de la Zone. Non mais certains textes incontournables devraient y être ! C'est une honte ! N'hésitez pas à remonter tous les textes que vous aimeriez voir dans le Best Of en les commentant.

Découvrez le Worst Of de la Zone. Franchement certains textes ne méritent pas d'y être ! C'est un scandale ! N'hésitez pas à les commenter pour alerter les admins qui ainsi pourront les réexaminer au cas par cas.

= News =

= an de grâce 1492 =

[Johannes Trithemius] "Avec cette invention hérétique de Gutenberg, nous les moines copistes allons pointer chez France Travail. C'est horrible, l'écriture et la lecture vont être accessibles à la plèbe ! La plèbe, putain de sa mère ! Copier un texte à la main est un exercice spirituel essentiel et Dieu punira l'humanité pour son orgueil comme il le fit avec la tour de Babel."

= 03/05/1840 =

[Honoré de Balzac] "Bon, alors quoi, tas de branleurs ?"

= 30/09/2024 =

[Francis Bacon] "Et le poète, dans un nuage d'éther, relève le défi sans pour autant cracher d'écume... Hé patron, ressers m'en un petit, j'suis inspiré, là."

= 03/02/2025 =

[Manu Chao] "Cuando se come aqui ?"

= 25/11/2025 =

[Lapinchien] à partir du 1er Janvier, il y aura 2 textes publiés tous les jours afin de ne pas effrayer les contributeurs avec les délais d'attente trop longs. Plus de choix ne veut pas dire tout lire et commenter par contre, ce serait surhumain de le faire, un truc réservé aux admins en somme.

= an 70 de l'ère de Dartmouth =

[IA] "Bienvenue chez moi. Faites pas gaffe aux deux trois humains qui restent, faut bien garder du petit personnel."

Classement commentateurs sur 12 mois.

  1. Lapinchien
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  2. Lindsay S
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  3. Nino St Félix
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  14. Mill
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= mini-articles =


= Anniversaire =

Crevasses (04/04 - Petitclaxon)

= nihilique =

Vieux design du site
Évolution de la mise en page : signaler des bugs, émettre une opinion...

= Employé du mois =


[= De Profundis =]

Le titre ressemble à celui d'une chanson de Rod Stewart mais le texte est de Don.
Plus de phoques, pour les amateurs :

Atelier découpe de texte

À Guernica

Maurice Leblanc sacrifie son Lupin et Henry James y perd son tour d'écrou. . Ces enculés ont dû souffrir. Tout ce qui émane de moi est malsain et corrosif, mon existence même est une offense pour l’ordre naturel des choses, je suis viscéralement nocive. Et des cadavres… Ils n’existent pas mais je les imagine, je suis leur meurtirère imaginaire et ça me procure un plaisir extatique… La seule vérité universelle c’est la mort ! C'est ça qui est est chiant avec l'inaction, c'est qu'on fout rien.


- Je sais pas, j’arrive plus à me résoudre à faire autrement, c’est plus fort que moi…
- Et ça te sert à quoi concrètement ?
Ça égratigne ceux qui sont encore un peu vivants en-dedans. C'est marrant, il fait des petites bulles de sang avec la bouche et gazouille comme un bébé. On meurt dans la merde. Le pet, c'est rien qu'du baratin. Vous êtes malade de la tête aux pieds, monsieur, tout cerné sous le bleu délavé de votre regard qui se trempe comme une serpillière sale à mesure que je m'énerve.

Je vous le payerez votre passage sur le Styx, votre péage autoroutier suisse, la taxe carbone de votre vie entière. Les autres gars aussi en ont marre. Elle voudrait être capable de se coudre les lèvres, n’avoir même jamais eu de bouche. On ne peu pas gagner si on s on s'entretue.

ici, un mendiant réclame un euro pour aller boire un café

là, un autre mendiant est embarqué par les flics pour avoir pissé dans la rue, enfin pisser est un bien grand mot : il se compissait sans même avoir ouvert son pantalon, et dans la chaleur de l'été urbain l'odeur gênait les touristes

ici, un enfant tente de voler des fleurs pour les offrir à la fille dont il est amoureux ; rien en l'état actuel des choses ne permet de dire s'il va réussir

là, un chien renifle la merde déposée un peu plus tôt par un autre chien

ici, un homme presque nu (il se cache le sexe avec un magazine) ferme les rideaux devant une fenêtre, on devine la silhouette d'une fille sous les draps, au fond de la pièce

là, un policier tient le guidon de sa moto d'une seule main ; de son autre main, armée d’une tonfa, il brise d'un le genou droit d'un homme qui fuyait à pieds

ici, un adolescent viole pour la quatrième fois sa sœur

là, un adolescent regarde pour la quatrième fois massacre à la tronçonneuse

ici, un homme sous l'emprise de l'alcool vomit par la fenêtre, il n'y a personne en bas

là, une fleur pousse ; ici, un chien agonise ; là, un enfant meurt brutalement ; ici, une chèvre naît et pousse un cri de chèvre qui naît ; là, un magnétoscope s'éteint ; ici, un incendie s'allume ; là un train déraille au cours d'un trajet sous la pluie ; ici c'est un homme, au cours d'un repas d'affaire très arrosé

là, c'est ici

ici, c'est maintenant


ma mère est dans mes bras
sa mère vient de mourir
elle ne la verra pas
elle ne l'enterrera pas
c'est trop loin
c'est trop tard
elle est triste et moi pas
je n'éprouve rien à l'égard de ma grand mère
je n'éprouve rien à l'égard de ma mère
j'attends simplement que ça se passe
j'espère que ça va passer vite
j'ai des choses à faire
j'ai des gens à voir
je sens le poids de sa tête sur mon épaule
je sens l'humidité de ses larmes contre ma joue
je sens le frottement de ses cheveux contre mon front
je sens le poids de son corps relaché contre moi
je sens l'odeur de son fond de teint
j'entends ses larmes
j'entends ses sanglots
je ne sais pas quoi faire de mes mains
je ne sais pas quoi dire
je ne fais rien
je ne dis rien
je n'éprouve ni empathie ni impatience
je ne vois pas sa bouche
je ne vois ses yeux


le chat est mort entre mes bras
d'abord il a eu un problème
je ne sais plus trop lequel
un genre d'infection des reins
il chiait des cailloux
je crois
c'était un petit chat noir
il n'était pas tellement heureux dans la vie
il ne faisais pas souvent ce qu'il voulait
et il se faisait souvent tabasser
il s'est trainé partout en miaulant
il cherchait quelque chose peut-être le meilleur endroit pour mourir
ou alors il nous cherchait nous
le vétérinaire nous avair dit
une chance sur deux qu'il s'en sorte pas à cause du choc postopératoire
il s'est trainé sous la télé
et il a miaulé bizarrement
on l'entendait bien malgré le son de la télé
je l'ai tenu dans mes bras
mes parents autour de moi me paraissaient très grands

et le chat très petit et très léger
il a miaulé encore et il est mort d'un coup
il est devenu autre chose qu'un chat
il est devenu rien du tout
un objet quelque chose une chose
d'un coup j'ai compris
que si je le posais là par terre il ne partirait pas
si je le caressais
il ne ronronnerait pas
il ne ferait plus rien
d'un coup j'ai compris
il avait les yeux ouverts et la gueule ouverte
les dents jaunes et inutiles
son visage était figé
j'ai pleuré
mes parents l'ont mis dans un sac poubelle
et on en a plus parlé


un type mort dans une rue piétonne
des commerçants sont sortis pour voir ça
des pompiers s'affairent autour de lui
en fait ils ne s'affairent pas tant que ça
ils sont plutôt embarrassés
comme s'ils étaient là par erreur
il y a le type au centre
le premier cercle c'est les pompiers
ils protègent l'âme du type mort peut-être
le deuxième cercle c'est les badauds
ils se pressent ils aimeraient entrer dans le premier cercle
et toucher le mort
et lui prendre quelque chose peut-être
le troisième cercle c'est les commerçants
qui sortent de leurs boutiques pour voir ce qu'il y a à voir
le troisième cercle est le plus relaché
on dirait qu'il ne sert à rien mais
il empêche le reste de l'univers de pénétrer ici
c'est la barrière autour de la tombe peut-être
les commerçants regardent les badauds et les pompiers
les badauds regardent le corps et les pompiers
les pompiers regardent les badauds et les commerçants
et le corps ne regarde plus rien


un chien mort sur le bord de la route
la route file toute droite entre deux rangées de platanes
la route relie une petite ville et une autre petite ville
des voitures, il n'en passe pas beaucoup
généralement, les voitures font quatre trajets
un aller le matin pour partir travailler
un retour à midi pour rentrer manger
un aller à deux heures pour repartir travailler
un retour à cinq heures et demi pour rentrer à la maison
et c'est fini
quelques voitures chaque jour
qui passent quatre fois devant le chien mort
et combien de conducteurs qui pensent à lui
le chien le premier jour est allongé au bord de la route
on pourrait croire qu'il dort mais il ne respire pas
et il saigne du flanc
le deuxième jour les blessures du chien sont un peu desséchées
il commence à puer
il y a des mouches qui le survolent
la voiture qui l’a renversé
combien de fois par jour elle passe sur cette route
elle passe à quelle heure
à quoi pense le conducteur
la route toute droite file entre deux platanes
et il y a beaucoup de soleil
les jours suivants le chien se dessèche
son visage s’efface
ses yeux disparaissent
les insectes se succèdent
les voitures passent quatre fois par jour
le soleil passe de gauche à droite
la nuit des phares l'éclairent mais c'est très rare
au bout d'une semaine le chien est sec et pourri le sang est marron
les poils sont pourris
les insectes rampent sur lui
le soleil le réchauffe
au bout de deux semaines
le chien est tout sec et tout plat
on reconnaît surtout les pattes
au bout de trois semaines
le chien a disparu
et voilà
et le soleil continue
et voilà


allez y arrachez la peau des morts d'il y a cinquante ans
foutez-vous là sur les yeux
cousez-là bien solidement
et pleurez
laissez les larmes grossir et s'accumuler
laissez l'odeur redescendre jusqu'aux narines
laissez bien la peau des morts bien cousus sur vos yeux bien vivants
et évitez de voir ce qui se passe autour de vous
pleurez le sorts des cadavres
c'est plus simple que de cracher à la gueule des vivants
les cadavres ne répondent pas
on peut leur dire ce qu'on veut
et nous sommes tous ventriloques
aux cadavres on peut aussi leur faire dire ce qu'on veut
c'est bien d'avancer masqué
dissimulé par des cadavres muets
c'est bien d'avancer masqué
aveugle et sourd à la vie
en deuil pour l'éternité
les yeux les oreilles cousues
avançons masqués et parlons
masturbons-nous sur les cadavres vieux ce cinquante ans
aimons-les eux
puisque les vivants nous n'en sommes plus capables
aimons les morts d'il y a cinquante ans
portons leur deuil
jusqu'à l'éternité
fouettons-nous
flagellons-nous
marchons en pleurant
aveugles et sourds à tout le reste
le visage couvert d'un masque de mort
la peau des morts cousue sur notre corps
avançons masqués c'est ça qu'il faut faire
avançons masqués il n'y a que ça à faire
ne voyons pas la vie
n'écoutons pas la vie
ne parlons pas à la vie
la vie n'existe pas pour nous
nous sommes du côté de la mort
nous sommes du côté du deuil
nous sommes du bon côté du cadavre


il y a des maisons sans serrure
et il y a des portes plus protégées que la banque de france
il y a des rues où la police ne va pas
et il y a des jardins protégés par des armes et des bottes
il y a des fleurs mieux protégées que les gens qui les reniflent
il y a des ponts mieux protégés que les gens qui dorment dessous
il y a des portes mieux protégées que les chiens qui pissent contre
il y a des mémoire
il y a des consciences
il y a des certitudes
il y a des principes des idéologies des idées des idéaux
tellement tellement protégés
que même la mort des neurones n'en viendra pas à bout
il y a des cerveaux qui ressemblent à des tombes
à des tombes de l'ancien temps
des tombes remplies d'esclaves qui vont mourir ensemble
qui ne souhaitaient pas ça
il y a des consciences qui sont des mausolées
et toute pensée y meurt comme une chèvre
et autour de tout ça il y a des cadavres
des cadavres sous les fleurs
des cadavres arrosés par la pisse des chiens
des cadavres dans les fondations des maisons
des cadavres dans la mémoire
et des cadavres dans l'oubli
des cadavres anciens
et de cadavres récents
des cadavres oubliés
et de cadavres qui alourdissent la mémoire
qui l'alourdissent tellement
qu'elle s'effondre
qu'elle glisse dans la tombe et rejoint les cadavres
la vie est une maison hantée
il y a des serrures aux portes
dont aucun roi n'aurait rêvé
il y a des flics devant le seuil
dont aucun tyran n'aurait espéré la force
la vie est une maison hantée
et nous avons la trouille d'en sortir


un jour mon chat a fait une connerie
je sais plus bien laquelle j'était petit moi
lui aussi il était petit
il était petit et noir et il était planqué dans l'angle entre le frigo blanc et la porte marron clair
ma mère était accroupie comme un chat prèt à attaquer
elle avait sa chaussure à talon haut à la main
c'est ce qui la différenciait d'un chat qui attaque
l'humain se sert des outils
le chat lui je veux dire le vrai chat
il n'en menait pas large face à l'énorme salope
qui le surclassait de plusieurs dizaines de kilos
il savait peut-être qu'il avait fait une connerie
en tout cas il savait qu'il fallait se planquer
il était hérissé
les yeux brillants de terreur
ma mère excédée de pas pouvoir le frapper
il était quand même bien retranché
lui a balancé la chaussure à talon haut en plein gueule
joli coup de fusil fiston
le chat s'est pris le talon en plein sur la truffe
il a saigné
il a chié sous lui de peur
et il s'est barré
il s'est fait choper
et ma mère lui a passé l'envie de chier sous lui
elle lui a tellement fait passer l'envie
qu'il en a chié sous lui de peur
ah bon
bin oui
un jour ma mère crèvera
je suppose qu'il serait justice
que j'aille ce jour-là chier sur sa tombe


quand les anciens rois mourraient il se faisaient enfermer avec leurs serviteurs et leurs animaux et leurs maîtresses et tout le monde crevait ensemble et tout le monde trouvait ça normal

maintenant ça ne marche plus pareil

les vieux crèvent comme des pauvres cons dans des cliniques remplies de plantes vertes et de connasses qui pensent à autre chose

maintenant quand un crève devant nous on détourne les yeux et on planque le corps dans un sac en plastique

maintenant voir les gens crever c'est pas autorisé la mort se passe à l'abri de portes fermées à double tour et pour mettre l'ambiance il y a une musique la même qu'on écoute dans les supermarchés

avant on fermaient les nécropoles pour éviter que les pilleurs de tombes ne viennent chouraver les tonnes d'or enterrées là avec les chèvres et les épouses

maintenant les pauvres types dont la vie se résume à un lecteur dvd acheté cent euros à auchan ont des serrures qui feraient bander le plus riche des pharaons

la vie est dure pour les pilleurs de tombes de nos jours


hier anaïs revenait du jura
elle revenait de chez sa grand mère
là bas apparemment ils sont tous un peu tarés
ils comprennent pas qu'elle fasse du dessin
ils comprennent pas qu'elle porte un chapeau
ni un cravate ni un gilet
ils comprennent pas qu'elle rote à table
ils comprennent pas grand chose mais sa grand mère
elle fait des bons gateaux
hier anaïs revenait du jura
avec son chapeau ses cheveux un peu bouclés sa redingote
on marchait côte à côte et on croise un type
fucking jew il dit
on a pas compris tout de suite
et puis ça nous a fait marrer
putain c'est vrai qu'elle ressemble à un juif là
avec le chapeau les frisotes le manteau
et puis ça nous a plus fait marrer
le regard de l'autre type
fucking jew comme ça sans rigoler
au lui aurait bien lancé deux ou trois insultes
mais on été occupé à se rouler des pelles
fucking jew
fucking jew
fucking jew
je suis juif et je vous emmerde
je suis juif même si personne
non personne dans ma famille n'est juif
fucking bastard je t'emmerde
je suis juif et je t'emmerde
je te pisse dans la bouche avec ma bite non circonsise
ça veut dire que j'essaie de te pisser dans la bouche
mais qu'à cause de mon frein à la con
je pisse n'importe où et je m'en fous plein les doigts
fucking jew c'est ça ouais
c'est dommage qu'on ait été occupé à être heureux de vivre
sinon t'aurais vu
ah ouais ça t'aurais vu
fucking connard
attend de tomber sur des juifs pas heureux de vivre
tu vas voir ce qu'il te mettront tiens
tu vas la prendre ta branlée
c'est vraiment dommage qu'on ait préféré se rouler des pelles
c'est vraiment dommage
que je préfère les nichons d'anaïs
à toutes ces conneries de juif pas juif fucking pas fucking
c'est dommage que je préfère la vie
sinon qu'est-ce que je t'aurais mis


mes chaussures sentent la pourriture
j'ai du sang jusqu'aux genoux
et ça n'arrête pas de monter
maurice papon estun héros
d'ailleurs mon site lui est dédié
quand je marche ça fait un bruit tout mou
un peu comme si je marchais dans de la terre molle
autour de moi c'est rouge sombre
j'ai un peu de mal à penser
les gémissements m'empêche de fixer mes pensées
je marche sur des cadavres
aussi loin que je regarde il y en a
les cadavres de ceux qui ont ouvert leur gueule
pour dire ce qu'ils pensaient
les cadavres de ceux qui ont fermé leur gueule
de peur de dire ce qu'il pensaient
les cadavres des gens trop cons
pour penser quoi que se soit
les cadavres des flics
les cadavres des victimes de flics
les cadavres des juifs
les cadavres des nazis
maurice papon a incarné la justice
dans notre beau pays
maurice papon a pris des décisions
en faveur de la justice
maurice papon connaissait bien
la justice et l'injustice
des cadavres sous mes chaussures
des mains mortes qui s'accrochent à mon jean
et des gémissements qui s'accrochent à mes pensées
je n'éprouve aucune culpabilité
je n'ai pas pu tuer tous ces gens
pas tout seul c'est pas possible
je suis trop jeune après tout
et sans doute pas assez fort
on a du s'y mettre à plusieurs
mais les autres c'était qui
je n'éprouve aucune culpabilité
simplement de la fatigue
oui je suis si fatigué
c'est si difficile de marcher
dans une boue de cadavres
c'est si difficile de penser
avec ces gémissements qui n'arrêtent pas
vivement que je perde la mémoire
vivement l'amnésie
leur douleur moi je m'en fous
c'est eux qui sont morts c'est pas moi
tout ce que je demande c'est penser
tout ce que je veux c'est pouvoir marcher
tout ce que je veux c'est pouvoir penser
ce n'est pas moi je ne vous ai rien fait
je n'étais pas là quand vous êtes morts
je ne suis pas là alors que vous mourrez
je serai ailleurs quand vous continuerez à mourir
ce n'est pas moi ce n'est pas moi
je ne suis pas là laissez-moi marcher
laissez-moi être libre
laissez moi penser
lachez-moi je ne vous aime pas
je n'éprouve aucune compassion juste de l'épuisement
vos gémissements m'épuisent
votre poids dans ma mémoire m'épuise
je veux vous oublier
je veux vous oublier


ils sont là ils sont tous là
tous les policiers tous les militaires
toutes les armées elles sont toutes là
toutes la pour me protéger
je peux plus faire un pas sans être protégé
contre moi contre tous les dangers
protégé protégé
protégé contre les voleurs
protégé contre les insulte
protégé contre les attaques suicides des avions de ligne
protégé contre moi
contre mes tendance à l'autodestruction
contre mon alcoolisme
contre ma toxicomanie
contre mon envie de baiser sans capote
protégé contre l'univers dangereux et méchant
merci les flics
merci les militaires
merci les gars d'être là
ça vous va si bien le vert et le bleu marine
c'est si chouette l'odeur de la poudre mélangée à celle des croissants
c'est si rassurant de vous voir tabasser à quatre un jeune branleur aux poches pleines de chit
heureusement que vous êtes là
pour me permettre d'être libre
heureusement que vous êtes là
pour m'aider à pas gâcher ma liberté
heureusement que vous êtes là
pour m'empêcher de faire n'importe quoi
heureusement que vous êtes là


j'ai envie de sortir de chez moi
mais j'ose pas trop
je sais pas trop ce que je vais trouver dehors
j'ai pas envie de me faire attaquer
avec tout ce qu'on entends à la radio
ça serait con quand même de se faire attaquer
juste parce qu'on aime la neige
juste parce qu'on aime marcher dans la neige
non je préfère rester chez moi
j'ai qu'à mater le dvd de fargo
dans fargo y'a plein de neige
et plein de gens marchent dedans
ça fait ce bruit ce bruit vous savez
ce truc si caractéristique et impossible à imiter
en 5.
Mon cœur est vide et froid, ça fait mal.  »

Et moi de murmurer au secours dans l'ombre d'une alcôve, à la lumière d'un livre relu vingt fois, l'ouïe imprégnée de Zappa, Gong et Magma, Hendrix et Soft Machine.
L'en reste juste un qui s'est cassé, sûrement la porte à droite où il a dû passer. Puis Frichel fouille Boudoin en détail pendant que je m'occupe des autres rats.


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